‹ Précis d'archéologie du moyen âgeChapitre 96 sur 135 · LES PROCÉDÉS DE REPRODUCTION PIIOTOCHIMIQUES · texte numérisé non relu

LES PROCÉDÉS DE REPRODUCTION PIIOTOCHIMIQUES

incomparables, mettait dans ses architectures de la couleur, de la chaleur et de la vie.

Il reste entendu qu’il faut avant tout être exact, ne pas marquer deux assises ou quatre là où il y en a trois et s’abstenir de publier, ce qui est un comble, du même édifice deux élévations qui ne se ressemblent pas.

Les procédés de reproduction photochimiques. — Quant aux procédés à utiliser pour reproduire l'illustration par l'impression, c’est avant tout une q'ueslion d’ordre budgétaire. Avec l’héliogravure, telle qu’on la pratique dans certaines maisons bien connues, les planches sont très belles. On lui reproche de se prêter aux retouches et de n’avoir pas la même sincérité, la même valeur documentaire que la phototypie. Il est exact que les clichés d'héliogravure, qui sont en cuivre, supportent les retouches beaucoup mieux que les clichés de phototypie, qui sont en gélatine; toutefois, il 11e faut pas oublier que l’un et l’autre procédé reproduisent la photographie et que ce document initial peut être falsifié. En somme, le défaut capital de l’héliogravure, c’est son prix, qui est élevé.

La phototypie, de tons moins vigoureux, d’aspect moins artistique, peut cependant donner, avec un bon cliché photographique, plutôt un peu doux, un excellent résultat. Le coût de la phototypie est sensiblement inférieur à celui de l’héliogravure ; la différence résulte surtout du prix de revient du cliché; elle s’atténue si le chiffre du tirage est élevé, d’autant plus que les planches de phototypie sont usées et doivent être remplacées après un tirage à quatre cents ou cinq cents exemplaires.

Héliogravure et phototypie nécessitent un tirage spécial et servent généralement pour les planches hors texte. Certains livres cependant ont des illustrations en photogravure dans le texte. Ces livres font l’objet d’un double tirage : d’abord, le photograveur imprime l’illustration ; puis, il livre les feuilles au typographe, lequel imprime le texte. Pour que l’illustration et le texte marchent à peu près ensemble, il faut que l’auteur, rajustant celui-ci à celle-là, le raccourcisse ou l’allonge.

QUELQUES conseils pratiques.

Pour la zincogravure, le graveur fournit seulement les clichés, que l’imprimeur intercale dans la composition et tire typographiquement en même temps que le texte. Ces clichés sont ordinairement en zinc; s'ils doivent servir pour un tirage à un grand nombre d'exemplaires, on les fait en cuivre, qui est plus résistant. Il est, d’ailleurs, possible de les reproduire par la galvanoplastie.

La zincogravure au trait ne saisit pas les demi-teintes : elle esl très pratique pour les dessins au trait. Il faut que le trait soit plein et net, à l'encre de Chine très noire, sur papier blanc et à grain fin, préférablement du bristol. Le cliché colite habituellement o fr. 11 centimes le centimètre carré.

La zincogravure au pointillé ou similigravure reproduit mal le trait et bien les demi-teintes. On la distingue de la phototypie en ce qu’on y perçoit, à la loupe, une trame en pointillé. Quand le cliché photographique est d'intensité très variée, avec des oppositions franches de clair et d’obscur, la similigravure peut être fort jolie et présenter des blancs éclatants, des noirs profonds et un ensemble brillant, mais qui garde du procédé un peu de sécheresse métallique. Avec les clichés, le graveur livre des épreuves ou fumés, qu’il est utile de remettre à l’imprimeur pour lui servir de modèle. Ces fumés sont sur du papier couché, lequel est enduit de craie pulvérisée, de kaolin, de plâtre ou d’une autre substance adhésive, qui reçoit mieux l’impression. L’emploi de ce papier ou d’un papier fortement satiné est l’une des deux conditions de la réussite; l’autre condition est le soin dans la mise en train; limprimeur doit disposer derrière la feuille des épaisseurs de papier, pour que chaque partie du cliché appuie plus ou moins à l’impression. L’auteur doit veiller à ce que cette opération, qui est très délicate, soil bien conduite. Le prix courant du cliché de similigravure esl de o fr. a3 centimes le centimètre carré. Pour la simili comme pour le trait, les photograveurs ont un prix minimum, qu’il faut payer, quelque petit que soit le cliché.

GLOSSAIRE ARCHÉOLOGIQUE

Les ouvrages auxquels renvoient les articles de ce Glossaire et qui ne sont pas men lionnes ci-dessus dans les Indications bibliographiques sont notamment :

Daviler, Cours d'architecture, qui comprend les ordres de Vignole, etc. (i tome in-4” en 2 vol.; Paris, 1710). Le second volume est intitulé : Explication des termes d'architecture. Delorme (Philibert), Œuvres (in-fol ; Paris, 1O26).

Félibien, Des principes de l'architecture, de la sculpture, etc. (in-4“ ; Paris, 1O87).

Frézier, La théorie et la pratique de la coupe des pierres et des bois (3 in-4°; Strasbourg, 1737-1739).

Perronet, Description des ponts de .Xeuilly . de Mantes, etc. (in-fol. plan ; Paris, 1781). llôland Le Virloys, Dictionnaire d'architecture civile , militaire et navale (3in-8°; Paris, 1770-1771).

Rondelet, Traité de l’art de bâtir (5 in-4° ; Paris, 1827-1832).

Abaque, s. m. — Les auteurs font des deux mots Abaque et Tailloir deux synonymes. Il faut remarquer cependant que nous avons, d'une part, deux termes bien distincts et.

d'autre part, deux idées différentes à exprimer. Abaque est un vocable savant ; tailloir est un vieux substantif français. Voilà pour les mots.

Quant aux choses, la partie supérieure du chapiteau classique, surtout du corinthien, est médiocrement épaisse et tient à la corbeille; le chapiteau du Moyen Age est surmonté d’une tablette plus épaisse et généralement séparée de la cor beillc. bien des chapiteaux romans ont un abaque copié sur le modèle de l’abaque corinthien et, par-dessus, un tailloir II est donc rationnel de réserver abaque aux ordres antiques et tailloir à l'architecture du Moyen Age.

Absidal, adj. — Qui a rapporta l’abside. « O11 dit : chapelles absidales, c'est-à-dire chapelles ceignant l’ab-

side principale1. » — Ne pas écrire absidial. Noter que absidal indique un emplacement et non une forme ; donc ne pas dire chapelle absidalc pour exprimer l'idée qu’une chapelle a la forme d’une abside, quelle que soit, d’ailleurs, la place occupée par cette chapelle.

Abside, s. f. — Suivant M. Monceaux-, chez les Latins, l’idée de courbe semble toujours impliquée dans le mot absis ou apsis. L’abside est la tète do l'église, l'extrémité du côté de l’autel, lorsque celte extrémité est de plan arrondi ou polygonal.— Ne pas parler d 'abside carrée.

Adossé, adj. Voy. Colonne.

Allège, s. f. — Ce nom, qui implique une idée de légèreté, désigne les murs d’appui au-dessous des fenêtres, îles créneaux, lorsque ces murs sont plus minces que les

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