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CONSOMMATIONS IMPRODUCTIVES

/ Pcrtf'S industrielles, résiuUant d'opérations agricoles, indus- . ^ , \ ti-ielles ou commerciales que des circonstances défavo-

INVOLONTAIRE. . < yablcfl OU uno mauvaisB gestion font échouer.

( Pertes acâdentelles.

{ D'entretien.

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La mesure du luxe que chacun peut se permettre est déterniinée par son revenu. — Chacun doit faire de ce revenu deux parts : la première, nécessaire, pour les dépenses d'entretien et de prévoyance; la seconde, facultative, pour les dépenses de luxe.

L'accroissement des consommations de luxe est légitime dans une société qui s'enrichit.

Il est inexact de dire que le luxe fasse aller le commerce ; car, dans ce cas, la nature de la chose consommée n'exerce pas d'influence favorable sur la somme du travail commandé.

L'assurance est une consommation préservative. — Elle a pour objet de garantir, en cas de perte accidentelle, le remboursement du capital assuré.

L'assurance a pour but d'éliminer le hasard, pour moyens la division des risques et l'association foi^dée sur le calcul des probabilités.

Une compagnie d'assurances bien organisée ne fait pas d'opérations aléatoires ; elle rempKt le rôle de gérant d'une association de sécurité.

Les principales formes de l'assurance sont : d'une part, l'assurance maritime, l'assurance contre Tincmdie» Tassurance agricole, qui garantissent des capiéxidB ; d'autre part, l'assurance sur la vie et "" ttBPB mutuels.

Les indigents sont les gens qui se trouvent dans l'impossibilité de. subvenir aux besoins nécessaires de l'existence. — On comprend sous cette dénomination ceux qui tombent accidentellement dans l'indigence, ceux qui sont à l'état permanent dans une demi-indigence, ceux qui ne travaillent pas par incapacité phy^ sique, ceux qui ne travaillent pas par vice.

La consommation charitable soulage l'indigence. — L'indigence n'a pas un droit à l'assistance ; cependant la charité faite avec intelligence est, dans les sociétés humaines, un mode légitime et utile de distribution de la richesse. .

L'assistance est donnée par les particuliers, par les associations charitables et, sous forme d'assistance publique, par les services publics. — Si l'assisté ne peut se prévaloir d'aucun droit à l'assistance, l'État, chargé de veiller à l'intérêt public, remplit un devoir social en assistant certaines infortunes, dans la mesure où ses ressources lui permettent de le faire.

L'assistance, est donnée sous forme d'ateliers de charité, de secours en argent ou en nature, de crèches, hôpitaux ou hospices, de patronage.

Sommaire. — 130. La population, la production et la consommation. — 131. Les naissances et les décès. — 132. Les mariages. — 133. La répartition par âges et par état civil de la population active. — 134. Les causes de la densité. — 135. La loi de.Malthus et l'équilibre de la population et de la richesse. — 136. L'accroissement des populations. — 137. L'émigration et la colonisation.

i 30. La popalation, la production et la eonsommation.

— La question de la population intéresse toutes les parties (le réconomie politique parce que rhomme est véritablement

Tunique agent de tout le mouvement économique : c'est lui qui produit et c'est lui qui consomme. Là où il y a beaucoup d'hommes actifs fournissant beaucoup de travail, il est créé beaucoup de richesse; mais beaucoup d'habitants dans un pays consomment beaucoup de richesse pour vivre. Entre les trois termes^ population, production^ consommation, il y a nécessairement un rapport.

Si ce rapport était constant, c'est-à-dire si chaque homme produisait et consommait toujours dans le même temps une même quantité, il n'y aurait pas de question de population ; l'équilibre demeurerait toujours le même et la condition de l'humanité serait uniforme et immuable.

Nous savons qu'il n'en est pas ainsi. Les hommes, dans chaque société, produisent plus ou moins suivant leurs qualités personnelles, suivant la somme des capitaux et Yétat de la science.

Parmi les produits qui leur sont utiles pour vivre, les aliments sont au premier rang et ils proviennent de la terre, laquelle est en quantité limitée. La terre est donc un quatrième terme dont il faut tenir compte.

Nous savons aussi que tous les hommes dans une même société ne consomment pas la même quantité de richesse; l'état de fortune met entre eux de grandes inégalités a cet égard. Or, s'il n'y a que 400 unités de richesse dans un pays, si l'on ne peut s'en procurer davantage par le commerce et si, d'autre part, 10 habitants en consomment à eux seuls improductivement 50, il est évident que ce pays ne pourra pas faire vivre autant d'habitants ou qu'il les fera vivre dans une condition plus misérable que si chacun n'avait consommé qu'une unité; dans ce dernier cas, 100 unités auraient entretenu 100 habitants. Dans le premier cas, en supposant qu'une unité soit un minimum nécessaire, le pays n'en entretiendra que 60 (10 + 50). La répartition de la richesse est donc un cinquième terme qui influe sur la population.

Il y a donc une question de la population. Elle est même une des plus graves que l'économie politique ait à traiter parce que, la richesse étant faite pour sustenter la vie des hommes et pour leur procurer du bien-être, l'état de la po-

pulatîon peut être considéré comme la pierre de touche de Torganisation économique d'une société. C'est aussi une des plus difficiles. Elle est devenue l'objet d'une science particulière, la Démographie, qui emprunte presque toutes ses données a la statistique.

Avant d'indiquer les résultats principaux de cette science qui intéressent l'économie politique, nous pouvons déjà indiquer les lois les plus générales d'équilibre de la population et de la richesse.

Quand la production et les capitaux s'accroissent dans une société, la population tend à s'accroître.

Quand la moyenne de la consommation individuelle dans une société s'accroît, la population tend à s^ accroître plus lentement ou à devenir stationnaire.

Quand toute la terre est occupée et que Vaugmenta^ tion des produits agricoles ne peut être obtenue que par une culture plus intensive, F accroissement de la population devient plus difficile.

Quand les inégalités factices dans la répartition de la richesse diminuent, l'accroissement de la population devient plus facile.

Ces lois, dont plusieurs ont été mises en lumière par M. Courcelle-Seneuil, ont, comme toutes les lois économiques, leurs exceptions parce que des causes secondaires en modifient souvent les effets.

f 3f . Les naissances et les décès. — La multiplication des hommes, comme celle des autres espèces d'êtres animés, est soumise à des lois physiologiques. Ces lois, quelles qu'elles soient, sont modifiées dans une certaine mesure par l'état social et, comme il ne peut y avoir de statistique que dans des sociétés civilisées, on ne connaît les résultats numériques de la démographie que pour l'état social.

Les relevés des naissances constatent que h natalité, c'est^ à-dire le rapport du nombre annuel des naissances à la population qui fournit ces naissances, varie de 50 (Russie) à 20 (Rhode Island) par 1 000 habitants. La moyenne est d'envi-ron 35 naissances par i 000 habitants, ou 1 naissance par 29 habitants. Il y a des Ëtats qui s'élèvent beaucoup au-

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dessus de cette moyetine, par exemple la Serbie, qui atteint 42 et la Russie qui paraît atteindre 49. Il y en a d'autres qui restent bien au-dessous : la France n'a que 25 à 26 naissances par i 000 habitants, à peu près comme l'Irlande, et, aux Etats-Unis, le Connecticut et le Rhode-Island sont à un niveau encore inférieur.

Dans rintérieur d'un État, la natalité est rarement la même pour les populations urbaines et pour les populations rurales, et elle présente de grandes différences d'une province à une autre : elle est quelque peu inférieure à 20 en Normandie, tandis qu'elle dépasse 33 en Alsace. Elle n'est pas non plus la même dans tous les temps. En général, elle diminue brusquement dans les temps de crise, de famine et de guerre et se relève bientôt après. Mais, en temps ordinaire, chaque État ou chaque région conserve à peu près le taux de natalité qui lui est propre.

Cependant lorsqu'on considère le mouvement d'une population pendant une longue période, on s'aperçoit que des changements lents se produisent d'une manière continue dans le rapport des naissances à la population sans cependant dépasser certaines limites : en France, par exemple^ la natalité qui était d'environ 30 1/2 sous la Restauration, est descendue à 25 1/2 dans la période décennale 1871-1880.

On peut dire en donnant une conclusion anticipée pour les autres manières d'être du mouvement de la population : le mouvement de la population est soumis à des lois que déterminent des causes physiologiques, climatériques, morales et sociales; ces lois marquent une certaine régula- Hté de la natalité, de la nuptialité et de la mortalité dans le monde; elles montrent quHl existe un taux moyen différent suivant les groupes de population et qu il se produit des changements accidentels ou continus en plus ou en moins dans un même groupe, le tout renfermé entre certaines limites extrêmes de variation,

La mortalité, c'est-à-dire le rapport du nombre annuel des décès à la population, est généralement inférieure à la natalité chez les peuples civilisés. Quand une exception se produit par suite d'une épidémie, d'une famine

OU d*une guerre, le taux de la mortalité peut s'élever très haut : il a été de 79 sur 1 000 habitants en Finlande Tan 1865. Dans le cas d'une calamité de ce genre, la population est d'ordinaire douhlement atteinte à la fois par une natalité moindre et par une mortahté plus grande : c'est ainsi qu'en 1871, en France, la natalité a été inférieure à 23 et la mortalité supérieure à 34 par 1 000 habitants.

La mortalité moyenne des peuples civilisés est aujourd'hui d'environ 26 décès par iOOO habitants. Les pays slaves, Serbie, Russie, Croatie, et la Hongrie ont un taux élevé, de 32 à 42, tandis que celui des Ëtats Scandinaves varie entre 19 et 17 et que les relevés de quelques États de la Nouvelle-Angleterre (États-Unis) accusent 19 à 16. La France compte 23 à 24 décès par i 000 habitants,

La mort ne frappe pas également tous les âges. La première enfance est l'âge le plus exposé. On peut dire d'une manière générale que près du quart des enfants qui naissent meurent dans l'année; cette mortalité enfantine varie d'ailleurs beaucoup d'un pays à un autre puisqu'elle n'est guère que de 10 décès par 100 naissances en Norvège, tandis qu'elle atteint 30 dans l'Allemagne du sud et, dans un même pays, elle varie beaucoup suivant la condition sociale des parents ; les familles riches éprouvent des pertes beaucoup moindres que les pauvres parce qu'elles peuvent donner plus de soins et de bien-être à leurs nouveau-nés, et les enfants illégitimes meurent en beaucoup plus grand nombre que les enfants légitimes.

Le nombre des garçons 'qui naissent est tous les ans de S pour 100 environ plus fort que celui des filles : l'excédent des naissances masculines serait même beaucoup plus grand si l'on y comprenait les mort-nés. Mais, dans la première enfance, il meurt plus de garçons que de filles, de sorte que l'équilibre s'établit à peu près dans la maturité de la vie.

A l'âge de cinq ans, il ne reste guère, suivant les pays, que 60 à 80 pour 100 de la génération qui était venue au monde cinq ans auparavant. La' vie s'affermit à cette époque : de 10 à 30 ans, la mort enlève par année moins de 1 pour 100 des survivants; de 30 à 70 ans, elle fait des progrès, lents en*

core, qui cependant vers la fin de la période emportent, par année, plus de 5 pour 100 des survivants. A partir de 70 ans, elle frappe à coups réitérés et, vers 88 ans, elle enlève par année, comme dans Tenfance, le quart des survivants dont les derniers passent très rarement la centaine.

Voici, à peu près et en nombres ronds, comment se soutient dans la vie une génération et ce qu'on pourrait appeler la durée moyenne ou survie moyenne (Tune génération. Soit 1 000 ;naissances; à la fin de la première année, il y a environ 800 survivants ; à la fin de la cinquième année, 700 ; à 20 ans, 650; à 50 ans, 450; à 75 ans, 220; à 100 ans, il n'y a plus,. sinon comme une rare exception, de survivants.

Dans la carrière de la vie il y a deux parties que chaque génération jonche de ses morts, l'entrée où tombent, entre la naissance et la cinquième année, ceux qui ne sont pas assez bien constitués pour vivre, et l'extrémité où s'arrêtent, entre 70 et 80 ans, les forces vitales épuisées; dans l'intervalle, les morts sont semés en petit nombre sur la route, de sorte que l'on peut dire que la chance de vivre des individus bien constitués est d'environ 75 ans.

Comme il naît chaque année une nouvelle génération, il y a environ 100 générations qui coexistent ensemble et qui constituent la population d'un pays, les plus anciennes n'ayant plus qu'un petit nombre de représentants, la génération qui vient de naître étant seule à peu près au complet. Si l'on suppose que chaque génération soit de 1 000 individus à la naissance, celle qui a un an comptera 800 individus ; celle de deux ans, 750, celle de trois ans, 740; celle de quatre ans, 710; celle de cinq ans, 700, et ainsi de suite; V ensemble des survivants de toutes les générations qui forment à un moment donné une population est composé à peu près comme le sont les états successifs d'une même génération^ en supposant que le nombre des naissances ne change pas.

Cette loi marque la tendance; mais elle ne se vérifie nulle part d'une manière absolue dans la pratique, parce que toutes les générations à la naissance sont rarement égales en nombre et parce que toutes ne sont pas atteintes chaque année dans les mêmes proportions par la mort. De plus, le taux de survie

n'est pas le même pour chaque pays ; si Ton compare en Europe les deux Étals qui représentent à peu près les extrêmes pour la période enfantine qui est la plus expose'e à la mort, on trouve que la Norvège, à l'âge de cinq ans, conserve 820 survivants, tandis que la Russie paraît n'en avoir que 578.

C'est par ce mouvement continuel d'entrée dans la vie et de sortie que les populations se perpétuent en se renouvelant, avec une disposition marquée à s'accroître. En effet, de la moyenne actuelle des naissances qui est 35 et de la moyenne des décès qui est de 26 par 1 000 habitants en Europe, il résulte un excédent et un accroissement moyen annuel de 9 par iOOO.

Cet accroissement est loin d'être égal dans tous les pays. Ainsi, d'après les constatations des recensements successifs, pendant qu'il s'élève à 10 et à 12 par 4 000 en Allemagne et en Angleterre, il est bien inférieur en Hongrie (5 p. 1000) et surtout en France où il n'est guère que de 4,2 en moyenne depuis le commencement du siècle et où depuis vingt ans il est descendu à 2,4 environ. La France est, au xix® siècle , le pays d" Europe dont la population augmente le moins vite par Vexcédénl des naissances sur les décès,

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