LE PROFIT DE L’ENTREPRENEUR
jluilenon par un patron, mais par un directeur, les émoluments de ce directeur, quelque considérables qu’ils soient, comptent dans les frais généraux et sont considérés non comme des profits, mais comme des dépenses de l’entreprise; le direcleur peut avoir, en outre, part aux profils, s’il est intéressé dans l’affaire.
L’entrepreneur d’industrie ne peut donc savoir s’il a un profil qu’après l’achèvement comple.t de l’opération. Lorsque l’opération est simple, comme l’entreprise des terrassements d‘une voie ferrée, il se rend compte de sa situation au terme de son unique entreprise. Lorsqu’elle est complexe, comme celle d’un agriculteur ou d’un manufacturier qui conlinuellemenl achète, produit et vend de grandes quantités d’objets, il s’en rend compte en faisant, à la fin de l’année, son inventaire, et en calculant si, toutes dépenses payées, son avoir est supérieur à celui de l’inventaire précédent. 11 peut se trouver dans un des trois cas suivants :
1» Il fait des profits^ c’est-à-dire que, tous frais comptés sans omission et prélevés, il a un actif supérieur à celui de l’année précédente; cet actif peut consister en espèces, en marchandises ou en matériel.
11 ne fait pas de pi^ofits, c’est-à-dire que son actif est égal à celui de l’année précédente. L’industriel a vécu pendant ce temps et se félicitera peut-être d’avoir traversé une crise sans sombrer, mais il ne s’est pas enrichi.
3° Il subit une perte^ c’est-à-dire que son actif est moindre que l’année précédente.
L’inventaire est nécessaire R tout négociant pour la connahsance de ses propres affaires : c’est par là qu'il apprend si la voie qu’il suit est bonne et conduit vers la fortune, but de ses efforts, ou si elle est mauvaise et aboutit à la faillite, s’il doit poursuivre ou rectifier sa marche, changer de route ou s’arrêter.
Car il ne suffit pas qu'il affiche à 20 francs un objet dans lequel il entre 5 francs de matière première et qui coûte 5 francs de salaire pour qu’il ail le droit de dire : « Je fais un profit. » Il faut savoir s’il trouvera un acheteur à 20 francs, et, en admettant qu’il le trouve pour un article, si les prix
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ne Laisseront pas le mois prochain, si même une par- 1
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d’ahord la quote-part .alîéren te à chaque unité de produit i
n ont pas été exce>sifs. Donc, comme nous le disions, le pro- i
fit est essentiellement éventuel et variable. Il peut être ’
très considérable dans une entreprise et à une certaine époque, comme il peut être nul dans une autre entreprise ou à une autre époque; il peut même arriver que le capital
qu’emploie l’entreprise et dont elle est responsable soit détruit en partie ou en totalité.
Quand on songe au grand nombre des entreprises, petites ou ■ grandes, qui échouent parmi les entreprises innombrables qui l
se forment incessamment dans une société active, à la quantité J de capitaux qui sont compromis, ébréchés ou entièrement ! anéantis dans le mouvement économique, on comprend de i quel poids est celte responsabilité. Les gros profils sont la compensation des très petits prolits et des ruines. j
Si la situation de l’entrepreneur a de plus brillantes pers- ]
pectives que celle du salarié, elle'est entourée de plus de pé- i
rils. En général, ce n est pas par un coup de dé — et il n’est ■
pas bon, au point de vue de la morale, comme de l’économie !
politique, qu’on puisse espérer s’enrichir par un coup de dé, — ^
mais par un long et persévérant travail, soutenu de l’esprit l
d’économie, que les industriels arrivent à amasser de quoi vivre dans le loisir durant leur vieillesse; car la concurrence agit sur les profits comme sur l’intérêt des capitaux. Si les profits sont très élevés dans une certaine industrie, les entrepreneurs s’y portent bientôt en grand nombre, se disputent la clientèle et ne l’obtiennent qu’en abaissant leur prix de vente
jusqu’à la limite du moindre profit sur chaque unité de marcbandise.
Quelle que soit la moyenne — impossible à fixer — des profils, il est légitime qu’elle soit supérieure à la moyenne des salaires, pour deux raisons, parce qu’elle est la récompense d une responsabilité très lourde en cas d’insuccès et parce qu’elle est la rémunération d’un travail intellectuel qui exerce une action prépondérante sur le résultat de la production.
LE PROFIT DE l’ENTREPRENEUR
Les profits sont d’ailleurs soumis dans leurs variations aux mêmes lois générales que les salaires et les capitaux. Dans les indu>lries où la concurrence est grande, les profits sont médiocres, parce que les entrepreneurs sont obliges de vendre à bon maiché dans les industries où ils jouissent tout à fait ou pre-que d’un monopole, les profits ont chance d'être élevés; dans les industries qui opèrent avec un ti'ès fort capital, le total des profits peut être considérable, quoique la quotité du profit sur chaque unité soit faible.
Ajoutons que le profit total dépend aussi beaucoup des qualités personnelles de l'entrepreneur : tel s’enrichit dans une industrie où, à côté de lui, d’autres végètent.
5«. Le divicicnde. — Dans la société arionv me, il n’y a que des capitaux associés : ce sont eux qui sont les enlreftreneurs; ,, tous les agenis sont des salariés. C'est aux capitaux qu appartient le p7'ofit.\\% le reçoivent sous forme de dividende.
Le dividende, étant un profit, est donc éventuel et \ariable; il est élevé quand le bénéfice est grand, nul quand il n’y a pas de bénéfice. Car, en s’associant, les capitaux renoncent au bénéfice du salariat, c’est-à-dire de l'intérêt fixe; pour eux intérêt et profit se confondent dans le dividende. Que certaines compagnies payent le dividende en deux coupons dont Lun, censé fixe, est désigné sous le nom d’intérêt, ce mode de comptabtliié ne ehaime rien à la nature des chiises.
Il résulte de cette condition que si l’entreprise, au lieu de faire des bénéfices, a fait des pertes au moment où elle est liquidée, c’est le capital des actions ou capital associé qui sup[iorle ces pertes, tandis que le capital des obligations, lequel se compose des capitaux prêtés ou capitaux salariés recevant un intérêt déterminé, est préalablement remboursé, parce qu’il est un capital créancier.
Une part seulement des profils peut être attribuée au dividende, l’autre à la réserve. Le mode de répartition ne change pas non plus la nature des choses. La réserve reste, comme faisant partie du prolit, la propriété des actions.
Dans la société en comniandile, le capital commanditaire est un associé; mais il n’a dans le profit (jue la fraction qui lui est attribuée par l’acte d’association.
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