‹ Précis d'économie politique [microform]Chapitre 32 sur 47 · y de satisfait ‘e ses besoins. Or le · texte numérisé non relu

y de satisfait ‘e ses besoins. Or le

besoin est, comme nous l’avons expliqué, la cause déterminante de 1 effort économique, et la consommation en satisfaisant le besoin est la récompense de l’effort.

Il s en faut cependant que toute richesse produite soit immédiatement consommée. Une partie en est conservée par 1 épargne pour servir à des consommations ultérieures et particulièrement pour former des capitaux (voii- § 21 et 22).

Il s en faut de beaucoup aussi que toutes les consommations aient pour résultat ou pour but immédiat une satisfaction

personnelle, ni même que toute richesse consommée aboutisse à une satisfaction.

iNous savons que 1 homme, ne créant ni matière ni force physique, ne peut anéantir ni la matière ni la force physique et que, créant seulement de l’ulililé, cest de l'uliUté quHl détiuit en consommant la richesse (voir § 7 et 11).

On peut d abord diviser l’ensemble des consommations en deux glandes catégories : consommations reproductives et

LA CO.NSÜMMATION DE lA RTCnESSE

consommations improductives, t.a première catégorie comprend toutes les consommations qui sont faites en vue de la production ou, plus exactement, en vue de la création ou de la conservation d’une utilité quelconque, produit, service, force productive. T. a seconde comprend les autres consommations, c’est-à-dire toutes celles qui n’ont pas un but industriel, qu’elles aient iiour objet la satisfaction d’un besoin personnel ou qu’elles aient pour cause une perte accidentelle.

On peut aussi, d’ajircs la durée du service et le temps qui s’écoule entre le commencement de l’usage et de la destruction complète de 1 utilité d’un objet, distinguer les cousonimations rapides et consommations lentes.

Les services personnels sont de la première catégorie.

Les denrées alimentaires, les combustibles lui appartiennent aussi. Ce n’est pas que ces richesses soient nécessairement toutes consommées aussitôt que créées. Elles peuvent

être consentes et elles sont susceptibles d’accumulation. Mais

on en consomme en une fois ou en peu de temps toute l’ulililé; quand on a mangé un pain, le pain n’est plus; quand on a joui pendant quelques jours de la vue et du parfum d’un bouquet, les Heurs fanées n’ont plus de valeur.

A la seconde catégorie appartiennent les monuments et les maisons qui peuvent servir au même usage pendant de longues années et môme durant des siècles, les vêtements qui rendent le môme service tant qu’ils ne sont pas usés et même les parures qu’on porte tant qu’elles ne sont pas défraîchies, les machines et outils qui concourent pendant un temps plus ou moins long à la production, les livres qu’on garde dans sa bibliothèque même quand on ne les lit pas. Celte distinction est importante, particulièrement dans la consommation industrielle, où chaque produit doit renfermer la valeur totale des consommations rapides employées à sa fabrication, tandis qu’il ne renferme que l’amortissement des consommations lentes.

On peut distinguer les consommations de revenu et les consommation de capital. Ces dernières sont ou du moins doivent être le plus souvent des consommations reproductives.

LA CONSOMMATION DE LA RICHESSE

Rapides ou lentes, les consommations sont toujours une destruction d’utilité; toute richesse, excepté les fonds de terre, se consomme et a une fin. Les monuments les plus solidement construits de l’antiquité sont aujourd’hui des ruines et ceux du moyen âge qui servent encore ne doivent d’avoir conservé leur utilité qu’à de coûteuses dépenses d’entretien.

On peut distinguer aussi, d’après la ([ualité des consommateurs, les consommations privées et les consommations publiques, les premières comprenant tout ce que consomment les particuliers et les groupes de particuliers, les secondes comprenant tout ce qui est consommé pour les services publics, c’est-à-dire les dépenses de la communauté politique.

La consommation, dans le sens économique, est souvent beaucoup plus prochaine que le sens ordinaire du mot le ferait supposer. Voici un pain et un fromage; tout le monde sait que la consommation ne tardera pas à absorber ces produits alimentaires, que, ce soir probablement, le pain ne sera plus et que, dans quelques jours, le fromage aura cessé d’être.

Mais voici des planches chez un menuisier. Gomment et quand seront-elles consommées? Quand elles auront cessé d’être planches pour devenir tablettes, caisses ou panneaux. Voici du coton chez un manufacturier. Sera-t-il consommé lorsque l’étoffe qu’on en fera aura été portée et usée? Il le sera bien avant; car il cessera d’être coton lorsque 'le filateur l’aura converti en fil, comme le fil cessera d’être fil lorsque le tisserand l’aura converti en tissu, et le tissu cessera d’être tissu lorsque la lingère l’aura coupé et converti en objets d’habillement. La plupart des produits, excepté la terre, sont continuellement détruits ou usés ou transfôrmés par une consommation incessante.

104. i.a eonsomniatiou reproductive. — Quand un Cultivateur met du blé en terre, il le consomme. Il consomme de plus le travail des semailles, les façons données au sol, l’intérêt de son capital pendant neuf mois et il consommera ensuite le travail des moissonneurs : toutes ces consommations ne sont que des avances faites à la production. S’il a bien opéré, le 'cultivateur retrouvera intégralement le total

dans le produit de la récolte. Semences et travail auront été, non pas anéantis, mais transformés en grain et en paille.

Quand un industriel installe à grands frais des ateliers et entreprend de se faire constructeur de macbines, il consomme une quantité considérable de capitaux qu’il ne retrouvera assurément pas dans la première chaudière sortie de son usine; car c’est là, comme nous l’avons dit, du capital immobilisé. Dans le prix de celte chaudière, il recouvrera la totalité de la valeur du fer, du travail, du combustible consommés pour cette fabrication et il recouvrera, en outre, une petite partie du capital fixe de son établissement. Ainsi ferat-il de chaque pièce qu’il confectionnera et, dans une dizaine d’années, peut-être, s’il a bien opéré, il aura, par voie d’amortissement, recouvré le tout. C’est encore là wx\t simple transformation, une collection d’utilités qui ont changé de forme et qui ordinairement aboutissent à la création d’une valeur supérieure. Ces transformations sont appelées consommations reproductives, parce qu’en eflét on ne détruit certaines utilités que pour produire directement une somjne d'utilités au moins équivalente. Ce sont en réalité des avances faites à la production (voir g 23).

Dans le nombre des consommations de ce genre nécessaires à une industrie agricole ou manufacturière, il y en a de rapides et il y en a de lentes; les premières sont généralement du capital circulant et les secondes du capital fixe. Lorsqu’on essaye de dresser un état des diverses consommations industrielles, on compose un tableau qui reproduit l’analyse des éléments du capital fixe et du capital circulant que nous avons faite plus haut (voir | 27 et 31) :

Consommations

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