RECETTES DÉPENSES
(en millions do francs)
» crédita suppl 1.239 6.589,4
1915 crédits provis. .. 4.113,4 22.804,5
1918 serr. civils 6.987 7.961,3 + 54.537
f Budg. ordin. \ ( 21. 761, n
1920 j B. extraord. S 17.500 j 5.020,35=47.932,4 ( Dép. recouv. ) ( 20.751 ;
V Budg. ordin. J j 23.263 i
1921 } B. axtraord. S 23.300» | 3. 236,2(= 41.816,2 / Dép. recouv. ) ( 15.317 J
(1) Estimai, budgétaires.
Nous avons exposé, aussi clairement et succinctement que nous l'avons pu, les principaux phénomènes économiques et les règles qui découlent de leur observation.
Le corps social a ses organes, ses fonctions, ses pro-i cédés de nutrition, de distribution et de circulation, qui sont aussi nécessaires, aussi inséparables de la na^ ture humaine et de la nature des cHoses, que les organes, les fonctions, les procédés de nutrition, de distribution et de circulation dans le corps humain.
Vouloir, suivant les conceptions sentimentales de Tun, mathématiques de l'autre, substituer à cette organisation naturelle une autre organisation artificielle et arbitraire, c'est s'ingénier à préparer des maux et des souffrances aux sociétés.
Tel que nous l'avons décrit, le corps social possède, d'ailleurs, une merveillleuse facilité d'adaptation à tous les milieux et à tontes les circonstances : il a en lui le germe de développements successifs, pourvu qu'on ne
veuille pas le soustraire aux lois naturelles qui président à son évolution.
Deuxgrands principes, la liberté et la responsabilité, le régissent.c'est par la liberté individuelle et la responsabilité personnelle que se sont effectués lesgrands progrèséconomiquesetqueles sociétés sont peu à peu
arrivées de la pauvreté primitive à l'aisance dont elles jouissent en général aujourd'hui.
Laisser le capital naître, s'associer, remplir son rôle bienfaisant de père nourricier du progrès ; ne pas s'ingérex dans le travail pour l'immobiliser dans des cadres étroits et fantaisistes, le laisser se répartir suivant les besoins sociaux ; respecter et protéger contre toute atteinte la propriété et l'héritage; permettre aux divers intérêts de discuter et de contracter librement entre eux, ne pas s'ingénier à soustraire les individus aux conséquences de leurs actes, voilà ce qu'enseigne l'économie politique.
A tout prendre, les améliorations effectuées dans la destinée matérielle et intellectuelle de l'ensemble des hommes, non seulement depuis les temps historiques, mais simplement depuis le commencement du XIX^ siècle, valent mieux que les simples promesses des socialistes, qui à Tordre social naturel veulent substituer les combinaisons de leur cerveau.
Sans doute il y a des misères dans ce monde et il y en aura toujours; c'est à la charité à les adoucir avecintelligence, de façon à ne les pas perpétuer en amollisant les courages. Mais ces misères ne sont rien ai) près de celles des anciens temps et de certames civi' sations qui existent encore arjourd'hui à côté de dol j en Afrique et en Asie.
Les lois qui président au capital, au salaire, à la rf partition des richesses sont aussi bonnes qu'inélucta blés. Elles amènent l'élévation graduelle du niveau humain.
On a l'habitude de parler toujours de la question sociale, qui n'est que l'aspiration intense chez le travailleur contemporain vers une situation meilleure, pluR assurée, plus respectée. Si l'on dégage cette aspiration
versndéa'/ de tout senllmentde basse jalousie, on peut dire que les lois économiques n'ont rien de contraire à sa réalisation graduelle.
Elles ont déjà beaucoup contribué à l'amélioration du sort de tous ; mieux observées encore, elles y contribueront davantage.
Dans la dissémination des capitaux, dans les modes variés de l'entreprise et du salaire, dans les combinaisons infinies de l'association et de l'assurance libre et spontanée, elles offrent à l'bumanité des ressources qui dépassent de beaucoup celles dont pourrait user, en puisant dans les coffres publics et en opprimant la nation, le socialisme d'État.
L'étude de ces lois conduit à la conclusion, qui ne saurait être sujette à critique au point de vue moral, que tout progrès doit être acquis et mérité par de longs eflorts personnels. La science économique n'ôte donc nullement l'espoir à l'homme; elle cherche, en plus^ ce qui n'est pas un crime, à lui inspirer le coura^je el U p'irsévérance.