L. B. — .-.coN. PoL
La monnaie a été souvent comparée aux grandes rou tes et aux voies de transport: on ne l'a créée que pout aider au transfert des produits. Elle coopère, d'ailleurs, à la production en facilitant les échanges, épar^ gnantdu temps, des calculs, des déplacements.
Toutes ces conditions la qualifient absolument poui' être un capital. Seulement, elle n'est qu'une petite par^ tie du capital d'un pays; et, comme tous les capitaux qui servent aux transports ou aux échanges, elle ne doit pas être en quantité exubérante pour les besoins de la production. Un peuple doit économiser la monnaie, de même qu'il économise les wagons (I).
Les capitaux incorporels : le talent, Téduca tion. -^ La question de savoir s'il y a des capitaux incorporels a été souvent controversée. Elle doit, selon nous, se résoudre affirmativement.
On dit avec raison du talent d*an homme que c'est lin capital. En réalité, il y a une analogie frappante entre l'éducation ou l'apprentissage et la formation des capitaux matériels. On y retrouve: 1® la même pensée de prévoyance qui suscite des efforts en vue d'un résultat éloigné ; 2° les mômes sacrifices du présent à l'avenir, a renonciation par exemple à la possibilité d'obtenir des gains actuels modestes pour la chance de gains futurs plus considérables, 3° la nécessité de vivre sur des réserves antérieures pendant la période de l'apprentissage ou de l'éducation ; A"" le même objet, qui est de faciliter et d'augmenter la productivité du travail ultérieur; 5** la même nécessité, pour que tous ces efforts ne soient pas perdus, que, après l'expiration de la durée de l'apprentissage ou de l'éducation, l'excédent de productivité du travail compense tous les efforts faits, toutes
(1) Voir plus loin le chapitre »"i.' J» l/onnat#.