‹ Précis d'économie politiqueChapitre 28 sur 113 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

tes outils et les machines. — Préjugés populaires contre les ma chines. — Exemples de ces préjugés. — Avantages des machines. Conditions nécessaires à leur emploi. — Critiques qui leur soat adressées. — Effets protecteurs des machines.

Les outils et les machines. — La division du travail n'est poussée très loin que dans les industries qui emploient les machines.

L'homme, dès les premiers tâtonnements de la civilisation, a cherché à accroître la force de ses membres par certains instruments rudimentaires, l'arc et la flèche, le filet de pêche, puis le levier, etc. Plus tard ces auxiliaires de la main de l'homme se sont singulièrement multipliés et diversiûés. On les distingue encore aujourd'hui en deux catégories : les outils et les machines proprement dites.

. Dans les premiers la force motrice vient directement lie l'homme; l'outil n'est qu'une augmentation de la lorce humaine, une sorte de multiplicateur de cette îorce : le marteau répond au poing fermé, la bêche à la main plate, la cuillère à la main creuse, la scie aux jents, la tenaille aux doigts, le soufflet aux poumons. On a fait à ce sujet toutes sortes de comparaisons ingénieuses.

Dans les machines proprement dites la force motrice

LES MACHINES. Si

est fournie, non plus par l'homme directement, mais par la nature : ainsi par un animal, par l'eau, le vent, la vapeur, le gaz, l'électricité, l'air comprimé, etc. Telle est l'évolution des secours que pour accroître sa force l'homme a cherchés dans la nature extérieure.

Au point de vue économique les animaux sont de simples machines.

Préjugés populaires contre les machines. — Les machines ont de tout temps rendu d'énormes î^ervices à la production ; et toutes, sans exception, int été, au moment où on les inventa, l'objet de d'animadversion populaire; il subsiste encore bien des préjugés à leur sujet.

Rien de plus instructif que le déchaînement successif oes colères et des haines soulevées par chacune d'elles. Si l'on eût cédé à l'opposition contre tous ces mécanismes ingénieux, l'humanité serait demeurée privée de ses plus belles conquêtes industrielles et restée plongée dans l'engourdissement.

Voici, en s'en tenant aux quatre derniers siècles, quelques exemples de ces luttes.

On affirme que les copistes voulaient faire excommunier les premiers imprimeurs.

Au XVI* siècle la ville de Dantzig interdit l'introduction des premiers métiers à rubans {Bandmûlhen); l'inventeur est noyé par le peuple. En Angleterre, en Hollande, n Flandre, en Suisse, en Allemagne au xvn^ siècle on ')rohibe la même invention ; le sénat de Hambourg fait 3rûlerces métiers.

'En 1589 la reine Elisabeth s'oppose à l'introduction des machines à bas ; en France le roi Henri IV protège l'inventeur de ce progrès; mais, après la mort de ce souverain, oa le persécute.

Dans le Uarz (pays minier d'Allemagne) il faut que

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