LK SAL\TRE
ce §ont les (rois circonstances suivant^" : i** si IVntrepreneur avait le moyen de s'attribuer, sans rétribution, une partie du travail de l'ouvrier, tous les entrepreneurs, sauf ceux d'une exceptionnelle incapacité ou d'une extraordinaire inconduite, devraient faire de belles affaires : l'expérience prouve, au contraire, que beaucoup des chefs de la grande et de la petite industrie, même appliqués, économes et intelligents, ou bien font faillite, ou tombent en déconfiture ou du moins n'augmentent guère leur avoir, et qu'il n'y en a qu'un très petit nombre, un sur huit ou dix, qui arrivent a une véritable fortune; 2" si l'ouvrier ne recevait pas dans son salaire la rémunération complète de son travail, toutes les associations coopératives de production, c'est-à-dire toutes les associations d'ouvriers qui se fondent pour exploiter un établissement industriel, sans aucun patron individuel, devraient avoir un plein et prompt succès : l'expérience prouve, au contraire, que rien n'est plus malaisé que de faire prospérer une association coopérative de production, même quand des secours soit de l'État, comme en France en 1848, soit des villes, comme à Paris depuis le legs d'un philanthrope nommé Rampai, soit de particuliers bienveillants, mettent le capital à la disposition de ces associations gratuitement ou à des taux d'intérêt modiques; 3"ce qui prouve encore que l'ouvrier reçoit dans le salaire la rémunération exacte du produit de son travail, c'est que les petits entrepreneurs individuels, comme les savetiers, les petits horlogers, les petits voituriers, les ouvriers à façon, les petits propriétaires, ne font pas, en dehors de l'intérêt du capital engagé, des gains plus considérables, d'ordinaire, que ceux des ouvriers salariés.
Le système de la participation aux bénéfices. — Depuis une cinquantaine d'années, quelques indus*