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LES CRISES COMMERCIALES

travaille le coton se sont trouvés plongés dans une noire détresse. Gomme c'était des États-Unis que l'on lirait alors la presque totalité des approvisionnomonts de coton de l'Europe et que les ravages de la guerre» ainsi que le blocus des côtes américaines, avaient soil dévasté les plantations, soit suspendu les arrivages, les fabricants de cotonnades en France, en Angleterre, en Allemagne, durent diminuer leur fabrication, plusieurs même l'arrôter complètement et renvoyer leurs ouvriers. Les fabriques de laine et de toile virent, au contraire, leur production se développer.

On pourrait citer d'autres cas de crises commerciale*, ou agricoles partielles ou localisées : celui du phylloxéra dans le midi de la France est un des plus frappants. A partir de 1867, mais surtout de 4872 ou 1873, les vignobles français furent ravagés et détruits avec une rapidité foudroyante par un insecte, jusque-là inconnu, venu d'Amérique et que Ton a appelé le phylloxéra. Comme, par la sécheresse du sol, les terres de ces départements ne pouvaient guère avoir d'autre production très rémunératrice que la vigne, la destruction des vignobles méridionaux plongea dans une gêne prolongée des populations qui auparavant vivaient dans la plus large aisance. La propriété perdit la moitié, parfois les trois quarts ou même davantage de sa valeur, les salaires tombèrent aussi d'un tiers ou de moitié, et beaucoup de vignerons durent émigrer, soit dans les départements voisins, soit en Algérie.

Ces crises partielles et locales sont comme un fléau naturel qui vient fondre sur une contrée. Il n'est aucun moyen de les prévenir. La division territoriale du travail (voir page 74), qui est poussée si loin dans les sociétés modernes, en accroît la gravité : c'es.* la rançon des bienfaits de la division du travail.

Outre ces crises partielles et locales, il y a des crises ÎDdustrielIes ou commerciales qui frappent à la fois presque toutes les industries ou mêmele monde entier. De 1882 à 1886, puis de 1889 à 1891, les contrées civilisées ont traversé une épreuve de ce genre très étendue et prolongée, et une plus douce de 1907 à 1909.

Les causes des crises commerciales ou agricoles générales. — Le public attribue généralement ces crises à ce qu'il appelle un excès de production, ou une surproduction. D'après lui, on produirait trop de toutes choses: trop de blé, trop de . viande, trop de fer, trop de vêtements, trop de chaussures, trop de maisons, etc.

Cette explication, quoique spécieuse, est erronée. L'humanité, étant données l'extensibilité des besoins humains et la situation encore gênée d'une grande partie des hommes, ne peut avoir en général trop de produits à sa disposition. Elle ne peut se plaindre d'une surabondance de blé, de viande, de vêtements, de chaussures, de maisons, quand tant de gens encore, dans l'ensemble du monde et môme dans les pays les plus fortunés, ne peuvent manger ni pain blanc, ni viande, sont mal vêtus, vont pieds nus et ne trouvent à se loger que dans des conditions très défectueuses.

L'humanité est très loin d'être arrivée au point, si elle y parvient jamais, où elle sera embarrassée de la quantité de produits mis à sa disposition. Il ne peut donc être question d'un excès général de production.

H peut, toutefois, y avoir quelque exagération dans certaines productions particulières, et surtout il peut y avoir une disproportion entre la quantité offerte de certains objets et les habitudes actuelles de la population ; enfin certains articles que l'humanité consommerai volontiers en quantités plus importantes peuvent lui

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