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VII. — Éducation de la physionomie et du geste

On dit communément que le visage est le miroir de l’âme. C’est vrai quelquefois et dans une certaine mesure. Il ne s'agit plus ici d’un sens à éduquer, mais d’une série d’expressions qui répercutent et réfléchissent en quelque sorte les sensations et impressions que nous tenons de nos sens.

Il n’est pas question, bien entendu, d’apprendre aux enfants à se composer un visage, à dissimuler les mouvements de leur âme sous un masque immuable : ce serait leur enseigner l’hypocrisie. On ne peut non plus songer à leur enseigner l’art de se faire une tète. Certains personnages illustres ont réussi à se faire naturellement ou artificiellement une physionomie : tels César, Richelieu, Voltaire, etc. Cela faisait partie de leur originalité et était en quelque sorte l’expression de leur personnalité physique et morale. Or, l’enfant n’a pas encore fait les acquisitions qui doivent constituer cette personnalité : il ne peut donc savoir et on ne peut lui apprendre à régler sa physionomie et ses attitudes en vue de cette originalité de la personnalité que l’éducation ignore et qui s’ignore elle-même. Mais on peut lui apprendre à exécuter avec grâce et sans embarras certains gestes : marcher, s’asseoir, se tenir debout, saluer, donner la main. On le débarrassera de ces attitudes niaises que prennent nombre d’enfants, de se balancer d’une façon disgracieuse quand ils se tiennent debout, de parler les yeux baissés à terre en tournant leur coiffure dans leurs mains. On leur donnera ainsi de l’assurance, de la confiance en euxmêmes ; on les débarrassera de la timidité. J’ai vu des gens conserver ce ridicule toute leur

vie ; aussitôt qu’ils sortent de leur milieu habituel, ils sont tout décontenancés ; les mots leur sortent avec peine de la bouche ; quelques-uns rougissent. Si, dès leur enfance, on avait lutté contre ces tendances, si on leur avait appris à devenir maîtres d’eux-mêmes, à ne pas se laisser influencer par leur entourage, on en eut fait des hommes résolus et autrement énergiques. On eut pu les guérir de leur pusillanimité et même de certains tics. Mais je reviendrai sur ce sujet avec plus de détails quand je traiterai des applications médicales de l’éducation physique.

On peut encore apprendre aux enfants à rire et à sourire. Si le visao-e reflète surtout des

expressions de dureté, il faut s’efforcer de les adoucir ou de les effacer. Si ce sont les expressions de crainte et de timidité qui dominent, il faut au contraire chercher à provoquer des expressions d’énergie et de 'défi, donner de l’éclat et de la vivacité au regard. Si le visage est morne ou niais, il faut le dérider, l'éclairer d’un sourire.

Ce ne sont là que des indications générales : il est impossible d’entrer dans les détails ; mais cela suffit pour montrer le but à atteindre.

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