‹ Précis d'éducation physique moderneChapitre 14 sur 54 · II. — Le chant et la musique · texte numérisé non relu

II. — Le chant et la musique

Aristote écrivait : « Il est impossible de ne pas reconnaître la puissance de la musique, et

puisque cette puissance est bien réelle, il faut nécessairement s’en servir dans l’éducation des enfants ».

M. Duplan explique ainsi comment il entend le caractère éducatif de la musique : « Elle tempère, dit-il, la sévérité des études primaires, en y apportant un élément de charme et de grâce. Elle est la première satisfaction donnée à la tendance obscure vers l’idéal qui est au fond de toute âme humaine. Son enseignement bien compris doit avoir pour résultat d'élever l’esprit de l’enfant, de lui donner le sentiment et le goût du beau. Elle constitue un délassement qui contribue à faire aimer l’école ; enfin elle est essentiellement moralisatrice puisque, si l'enfant s’y attache, s’il apprend à l’aimer, il y trouvera, plus tard, un élément de distraction honnête qui le défendra contre l’attrait des plaisirs grossiers ».

La musique ou mieux le chant, en dehors de ce rôle moralisateur, a encore, au point de vue éducatif, une importance pratique considérable. Il n’est pas, en effet, de meilleur moyen pour former l’oreille de l’enfant, pour lui apprendre à distinguer les tons et leurs nuances. J’ai déjà dit quelle importance a cette éducation de l’oreille et je ne puis qu’y renvoyer le lecteur.

Le chant est encore un excellent moyen pour obtenir de l’enfant une bonne émission de voix,

une articulation irréprochable, une respiration correcte. De plus, l’exercice du chant, comme tous les exercices corporels, active la circulation et les battements du cœur; mais, comme fait justement observer P. Garnault (1), le cœur ne conserve son rythme régulier que lorsque le chanteur ou l’orateur emploient la respiration abdominale.

Enfin le chant a une importance thérapeutique réelle dans la cure de certains vices de prononciation ou d’articulation comme le bégaiement, le zézaiement, la blésité, etc.

De même la musique, en dehors de tout caractère esthétique, exerce sur notre organisme tout entier, sur le système nerveux notamment, une influence telle qu’on a pu utiliser ces effets comme moyens de guérison pour diverses maladies. Cette action physiologique est certaine ; les animaux eux-mêmes, quelques-uns du moins, la ressentent jusqu’à un certain point.

(1) Physiologie, hygiène et thérapeutique de la voix parlée et chantée.

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