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Veut-on exercer les muscles des bras et de la nuque ? Il ne faudra pas parler à l’enfant de mouvements d’extension et de flexion, de mouvements décomposés et analysés. Non, dites-lui simplement de marcher à quatre pattes en rele- Arant la tête, comme s’il voulait contrefaire le chien qui aboie ; ou bien dites-lui de marcher sur trois pattes, en levant horizontalement une jambe en arrière, de faire le chien qui pisse. L’enfant rit, mais il comprend ; et il exécute d’autant mieux ces mouvements que ça l’amuse.
Veut-on exercer les muscles des bras et de l’abdomen ? Dites à l’enfant démarcher à quatre pattes, mais le corps renversé, en reculant et en avant, mais en tâchant de mettre le ventre horizontal.
Pour exercer les pectoraux et les dorsaux, et faire ressortir la poitrine en avant, on dit à l’enfant de frapper les mains en avant et en arrière, ou bien de balancer les bras horizontalement en arrière et de les ramener en avant en frappant les mains.
La culbute ou roulade répétée cinq ou six fois de suite constitue uu excellent exercice pour faire diminuer le ventre et fortifier les muscles de la nuque et du dos.
Pour exercer les muscles de l’épaule et assouplir l’articulation scapulo-liumérale, le moulinet
à droite ou à gauche ou le moulinet des deux bras sont d’excellents exercices en même temps que des jeux qui égaient l’enfant. Il s’amuse également quand il se roule comme une barrique en criant : marchand de tonneaux ! En même temps il fait travailler les muscles de la colonne vertébrale et ceux de l’abdomen. Quand il saute autour de la chambre ou sur la pelouse du jardin à la façon du lapin ou de la grenouille, il met en jeu ses triceps fémoraux et ses fessiers.
Pour assouplir les muscles du dos de l’enfant, il est un procédé aussi utile qu’amusant : on lui fait faire la culbute par-dessus son petit frère accroupi à quatre pattes. Pour que ce mouvement ait toute son efficacité, l’enfant doit placer ses mains par terre, se trouver debout de l’autre côté de son camarade en se renversant sans donner à celui-ci aucune secousse.
Pour exercer les muscles du cou et du dos, pour apprendre à l’enfant à se tenir la tête en bas, à ne pas avoir d’éblouissements, on lui fait faire le chêne fourchu en équilibre sur la tête ou encore on lui apprend à se tenir en équilibre sur les mains en appuyant les pieds à un mur, comme font spontanément les gamins des rues.
Un bon mouvement, pour fortifier les mus-
clés sacro-lombaires et les membres du cou, consiste à faire coucher l’enfant à plat-ventre en lui ordonnant de relever la tête et îe haut du buste. On peut aussi lui faire prendre la pose du gladiateur mourant ou du soldat de Marathon : étant allongé, l’enfant ne touche la terre qu'avec les pieds et une main ; il tourne ainsi tantôt à droite, tantôt à gauche. On exerce ainsi et très sérieusement les muscles des bras, du dos et les muscles latéraux du tronc.
On réussit de même à faire exécuter à l’enfant, en l’amusant, des exercices de flexion forcée et de souplesse : on le fait coucher sur le dos et on lui commande d’embrasser son pied, de mettre son pied derrière sa tête.
Pour assouplir les reins, on lui fait imiter le sonneur de cloches, le scieur de long, le faucheur, ou bien on lui fait ramasser des pommes de terre ou des pelotes d’un côté, se relever, et les placer de l’autre, à terre. Ce dernier exercice constitue un bon mouvement de flexion des reins et de torsion du buste ; il masse fortement le ventre et donne de la souplesse. « ITn bon gymnaste ne doit pas trouver la terre trop basse », dit Laburthe.
Comme mouvements de souplesse, on fait accroupir l’enfant en tailleur et se relever sans l’aide des mains ; ou bien on le fait marcher accroupi, ramper par terre en tenant les mains derrière le dos.
Tels sont les principaux mouvements préconisés par Laburthe. Mais on peut les varier à l’infini. Presque tous les jeux peuvent se transformer en exercices physiques salutaires. L’important est de faire travailler l’enfant sans l’ennuyer ou le fatiguer.