II. MATURATION DE L'ŒUF
Avant de décrire les stades de cette transformation, il importe de faire connaître les divers modes de division cellulaire ; car les lois de la prolifération cellulaire dominent entièrement le travail de la maturation et même du développement. Quand on suit l'embryon dans son apparition, puis dans son accroissement, on assiste, en effet, à une abon-
MATURATION DE l'ŒUF. 17
dante multiplication de cellules dont on suit les groupements pour constituer des organes.
PROLIFÉRATION DE LA CELLULE. — KARYOKIiNÈSE
Ce que nous avons dit de la structure de l'ovule des mammifèi-es nous suffit pour comprendre la structure d'une cellule en général.
Comment cet organe élémentaire se multiplie-t-il?
Par deux modes : dans le premier, le noyau delà cellule s'étrangle peu à peu, puis c'est le corps cellulaire jusqu'à segmentation complète; telle est la division directe qui s'observe sur un nombre restreint de cellules, les leucocytes entre autres.
Dans le second mode, la division d'une cellule est précédée de métamorphoses nucléaires des plus remarquables. Le noyau présente des mouvements; l'on voit apparaître, dans son épaisseur; des figures constituées par des filaments. Ce processus plus compliqué porte le nom de division indirecte.
A la division indirecte se rattache la prolifération du plus grand nombre des cellules ; ce procédé de division est aussi désigné par le mot de karyokinùse (y.âjucv noyau, jcîvr.ot; mouvement), à cause des métamorphoses et des mouvements dont le noyau est le siège. Ce mot a été proposé par Schleicher en 1878. Les auteurs qui ont le mieux étudié la karyokinèse sont : Flemming, Strasburger, Pfilzner, Rabl en Allemagne, Guignard, Ilenneguy en France (1).
(1) Gilis. Proliforation do la cellule par karyokinèse, l/iès. d'Af/v. Paris, l^SG.
MATURATION DE l'ceUF.
Voici la description du processus karyokinétique dans ce qu'il a de général, toute discussion de détail étant laissée de côté.
La division d'une cellule mère en deux cellules filles comprend : 1° la division du noyau; 2° la division du corps cellulaire.
a. Établissement des pôles. — Les premiers phénomènes se manifestent dans le protoplasme cellulaire ou cytoplasme. On voit apparaître dans celui-ci des radiations qui viennent converger vers deux points opposés du noyau. Ces deux points portent le nom de pôles (2, fig. 4).
FiG. 4. — Phases de la kahvokinèse d'une cellule du germe de la TBOiTE (d'après Henneguy).
), apparition de l'aster; — m, membrane nucléaire; — c, filament nucléen.
2, dédoublement de l'aster; ses deux parties a, a'.
b. Formation du peloton nucléaire. — Le réseau ou filament protoplasmique du noyau se contracte et se présente sous un aspect très net
DIVISION DU NOYAU. 19 de filament continu et pelotonné (fig. 5, 1 et 2).
FiG. 0. — Noy.vux de Lilium candidum en division.
1, noyau du sac embryonnaire ù l'état de repos ; — 2, le même noyau pendant la contraction du filament.
c. Disparition des nucléoles. — Dès le début du pelotonnement, les nucléoles disparaissent.
Les granulations ou microsomes du filament se fusionnent et augmentent de volume.
d. Segmentation transversale du filament. — Ces modifications réalisées, le filament du noyau se fragmente, et, comme les lignes de section sont transversales, il s'ensuit que les fragments ont des formes plus ou moins curvilignes ((ig. 6). Le vo
Fig. (i.
Le même noyau après la segmentation transversale; double rangée de granulations; rudiments des nucléoles (d'après Guiguard, 188.)).