‹ Précis d'embryologie adapté aux sciences médicalesChapitre 168 sur 178 · C. MEMBnANES FIBREUSES · texte numérisé non relu

C. MEMBnANES FIBREUSES

Sclérotique. — La sclérotique provient de la couche mésodermique qui enveloppe la vésicule optique. Cette couche subit un clivage qui la divise en deux lames : l'une interne, la choroïde; l'autre externe, la sclérotique. Cette dernière se développe lentement et, pendant longtemps, reste mal délimitée à l'extérieur.

Cornée. — Le développement de la cornée (Co, fig. 167) est encore l'objet d'interprétations différentes. On peut cependant le concevoir d'une façon assez simple : le feuillet fibro-cutané, revêtu d'ectoderme, forme, au devant de la vésicule optique seconduire, une couche cutanée se continuant avec le tissu mésodermique qui donne naissance à la sclérotique et à la choroïde; plus tard, le feuillet

orCtANes des sens.

fibro-ciilané devient le tissu cornéen ; l'ectodermc forme l'épithélium stratifié de la coraée. Le tissu cornéen subit un clivage, d'où résulte la chambre antérieure. C'est ainsi que KoUiker comprend le développement de la cornée, mais tous les auteurs n'adoptent pas ses idées.

D'après Kessler, qui a fait de très remarquables recherches sur le poulet, le premier rudiment du tissu cornéen est représenté par une couche amorphe, produit d'exsudation delà couche ectodermique qui forme l'épithélium cornéen. Cette couche amorphe, située entre l'ectoderme et la face antérieure du cristallin, est envahie par les éléments mésodermiques qui fournissent les corpuscules cornéens. Ceux-ci décomposent la couche amorphe primitive en deux lames qui forment les deux membranes élastiques de Bowmann et de Descemet. C'est seulement alors que la cornée se met en continuité avec la sclérotique.

Dans l'état actuel de la science, on ne peut se prononcer entre ces deux opinions. Les travaux de Kessler jouissent cependant d'une grande autorité.

La cornée est visible au milieu du 2" mois; elle ne devient transparente qu'à la fin du troisième. Elle est, à ce moment, fortement incurvée et plus épaisse que la sclérotique. Chez les nouveau-nés, elle est encore plus épaisse que chez l'adulte.

Telle est l'évolution du globe oculaire pendant la vie embryonnaire ou, autrement dit, tel est son développement ontogénique. Or, les principales phases, par lesquelles passe l'œil embryonnaire de

APPAREIL DE LA VISION

l'homme pour arriver à son état de perfection, représentent des états qui sont permanents dans les divers échelons de la série des vertébrés. Il y a concordance parfaite entre l'évolution ontogénique et la série phylogéniquc. Il serait trop long de démontrer ici cette proposition. Mathias Duval s'en est chargé dans une leçon faite à la Société d'anthropologie (1). On comprendra, par cette lecture, quels puissants arguments le transformisme emprunte à l'étude comparative de l'embryogénie d'un organe avec l'anatomie comparée de ce même organe.

2° ORGANES ACCESSOIRL'IS DE l'ŒIL

Les paupières {Pi, Ps, fig. 167) sont formées par un repli du tégument externe; entre les deux lames ectodermiques, se trouve un prolongement du mésoderme.

Il suit de là que l'épithélium de la conjonctive est d'origine ectodermique.

Les paupières marchent l'une vers l'autre; au 3'= mois, elles arrivent au contact et les couches épithéliales se soudent; la conjonctive est alors un sac entièrement clos. Peu de temps avant la naissance, la fente palpébrale se reproduit peut-être sous l'influence de la sécrétion des glandes de Meibomius et de la sortie des cils.

Les fjlancks de Meibomius font leur apparition vers

(1) M. Duval. Le développement de lœil. BuUet. de la Soc. d anthropologie, 1885.

EIIBIIYOLOGIE.

le 4"= mois, sous la forme de bourgeons pleins provenant du réseau de Malpighi. Les cils se développent comme les poils en général.

Chez beaucoup de vertébrés, il existe une troisième paupière, latérale, connue sous le nom de membrane nictitante, qui occupe l'angle interne de l'œil. Chez l'homme, elle est représentée par le pli semi-lunaire. Un reste de la peau, inclus entre le repli semi-lunaire et les conduits lacrymaux, formera la caroncule lacrymale avec ses poils et ses glandes.

Les glandes lacrijniales naissent, dans le 3'' mois, par des bourgeons pleins, de l'épithélium de la conjonctive, à la façon des glandes en grappe. Il se produit de 7 à 10 invaginations, d'où plusieurs glandes et autant de conduits excréteurs.

Le canal nasal apparaît au milieu du 2° mois; au 3'= mois, les conduits laerymaux existent; le sac lacrymal n'est visible qu'au 5" mois. Le trajet du canal nasal est d'abord irrégulier, tortueux, avec culsde-sac sur les parois.

Pour Kôlliker, reprenant les travaux de Coste, le canal nasal résulte de la jonction des bourgeons maxillaire supérieur et nasal externe. En haut, le canal se bifurque pour donner naissance aux deux conduits laci-ymaux. Mais, d'après les recherches de Born, la formation du canal nasal doit être comprise autrement. Ce canal proviendrait de l'invagination d'une bandelette cellulaire pleine et eclodermique, allant de la fosse nasale au cul-de-sac de la conjonctive. La bandelette se creuse ultérieurement d'une cavité; son extrémité supérieure for-

APPAREIL DE l'aUDITION.

merait le conduit lacrymal inférieur ; le supérieur proviendrait d'un bourgeonnement secondaire de la bandelette. On tend à admettre ces travaux, vérifiés dans plusieurs classes de vertébrés.

Page 1