EMDBYON DE POULET AU TROISIÈME
JOUR d'incudation.
/, intestin; — ia, intestin antérieur; — ip, intestin postérieur; — 0, vésicule ombilicale; — C, cannl vitello-intestinal; — sp, splanchnopleure extra-embryonnaire; — bc, bourgeon cloacal ; — A, cul-de-sac initial de l'allantoïde; — sm. soma-
topleure extra-embryonnaire;
sma, repli amniotique; — ca, culde-sac céphalique de l'amnios ; —
ce, cœlome externe; — c, cœur;
pc, péricarde futur; — cm, canal médullaire; — TCjVésicule cérébrale (d'après Tourueux et Hermann).
ANNEXIÎS DU KnETL'S.
entre le pédicule de la vésicule ombilicale et l'amnios. Quand il y a du tissu inlerannexiel dans le cœlorae externe, la vésicule le refoule et en fait une doublure à sa paroi.
D'après Ahlfeld, l'allantoïde se montre, chez l'homme, vers le onzième jour. Sur l'embryon humain de Goste, qui est du quinzième au dix-septième jour,lavésiculeallantoïdeadéjà contracté son union avec le chorion.
On n'a pas encore observé d'œuf humain avec allantoïde libre. Krause, qui a cru faire cette trouvaille, a très probablement pris un embryon de poulet pour un embryon humain.
C'est qu'en effet, l'allantoïde, chez l'homme, arrive de très bonne heure au contact du chorion avec lequel elle s'unit intimement, en formant avec lui ce qu'on appelle Vallanto-chorion. La vésicule ne s'accroît pas librement dans le cœlome externe, comme chez les autres mammifères ; elle glisse le long de la paroi ventrale et suit le capuchon postérieur de l'amnios, en prenant part à la constitution du pédicule ventral.
Vascularisation du chorion. — Le chorion ou vésicule séreuse est hérissé à l'extérieur de villosités qui s'enfoncent dans les anfractuosités de la muqueuse utérine.
L'envahissement du chorion par l'allantoïde a pour résultat de vasculariser les papilles du chorion ; celles-ci deviennent ainsi des organes d'absorption et le chorion se transforme en une vaste surface absorbante.
VÉSICULE ALLANTOIDE.
. L'allantoïde est pourvue de deux grosses artères nées de Tiliaque inlerne, les deux artères ombilicales, mieux nommées artères alluntoidiennes.
Les deux artères ombilicales vascularisent abondamment le chorion; la vascularisation est complète à la quatrième semaine.
Le système artériel se réduit en un réseau capillaire, d'où les deux veines ombilicales prennent naissance. Les échanges entre la mère et l'embryon sont ainsi largement assurés.
Structure de l'allantoïde. — Nous distinguerons une paroi et un contenu liquide.
1° Paroi. — La face interne est tapissée par un épithélium plat.
Cette couche épithéliale repose sur un feuillet conjonctif et vasculaire, émanation du mésoderme, souvent doublé par du tissu interannexiel condensé.
2" Liquide allantoidien. — La vésicule contient un liquide alcalin, incolore et transparent d'abord, puis jaune ambré. On y trouve de l'albumine, du sucre, de l'urée et ses dérivés, de l'allantoïdine. Ce liquide a, quelquefois, de grandes analogies avec l'urine.
Destinée de l'allantoïde. — Quand le chorion est vascularisé, le rôle actif de l'allantoïde est terminé. Elle cesse d'être une vésicule.
Son pédicule extra-embryonnaire n'est plus représenté que par les vaisseaux allantoïdiens qui constitueront les éléments principaux du cordon ombilical. Au niveau du chorion, elle s'atrophie sur la plus grande partie de son étendue ; ce qui en reste,
unissant le chorion à l'amnios, confondu avec le tissu interannexiel, est désigné sous les noms de membrane inlermédiaire de Bischoff', de magma réticulé de Velpeau ou encore de membrane lumineuse de Joulin.
Mais, si elle s'atrophie à peu près partout, elle prend, au contraire, un développement énorme, dans une région qui correspond à la caduque sérotine; là, elle forme le placenta.
La portion inira-abdominale de rallnntoïde persiste et se retrouve chez l'adulte où elle constitue l'ouraque et la vessie.
Lorsque l'allantoïde a vascularisé le chorion, la surface externe de celui-ci est hérissée de villosités très riches en vaisseaux.
Les villosités plongent, soit dans les ciils-desac glandulaires, soit, comme chez l'homme, dans des cryptes de la muqueuse utérine hypertrophiée et en même temps très vascularisée ; ainsi s'établit un appareil d'échange entre la mère et le fœtus.
Cet appareil se présente sous des formes multiples.
Quelquefois, chez le porc, par exemple, le chorion reste vascularisé dans toute son étendue. En certains points, plusieurs villosités libres sont en présence d'une portion de muqueuse utérine lisse, limitée par deux saillies. Sur cette portion plane de la muqueuse, s'ouvrent une ou plusieurs glandes; les régions semblables sont connues sous le nom
Ha
de champs d'Eschricht. A leur niveau, s'accumule un liquide alburaineux, riche en globules blancs, en graisse et en cellules épithéliales dégénérées venant des glandes. Ce liquide est le lait utériii dans lequel baignent les villosités qui ont conservé leur épithélium. Le lait utérin servirait à la nutrition du fœtus, d'après Ercolani et Rauber. Aujourd'hui, son existence semble pouvoir être généralisée et pouvoir être admise même chez l'homme. L'analogie entre le lait utérin et le lait mammaire est assez grande; si bien que la différence entre la nourriture de l'homme et des mammifères, avant et après la naissance, serait peu marquée (1).
Quand le chorion reste ainsi vascularisé sur toute son étendue, l'appareil d'échange prend le nom de •placenta diffus.
Chez les ruminants, les villosités se groupent en bouquets ou cotylédons qui s'enfoncent dans la muqueuse. C'est entre les cotylédons que l'on trouve le lait utérin. Le placenta est dit cotylédonê.
Les deux placentas, diffus et cotylédonê, sont encore dits indécidus parce qu'ils n'entraînent pas de caduque, quand ils sont éliminés.
Chez les autres mammifères, les placentas sont appelés décidas, parce qu'une partie de la muqueuse utérine tombe avec eux. On pressent déjà que les adhérences des villosités avec cette muqueuse seront plus intimes. Par contre, elles seront plus locali-
( 1 ) Colin (d' Alfort) considère cependan t le lait u térin comm o un produit de putréfaction {Phys. comparée, t. II, 1888).
sées. Les villosités s'atrophient sur une portion du cliorion qui, à cause de son nouvel aspect, prend le nom de chorion lisse ou chorion levé. En revanche, sur une certaine étendue, les villosités s'hypertrophient et font donner à la région qui les supporte le nom de chorion touffu ou chorion frondosum.
C'est aux dépens du chorion touffu que se formera le placenta.
Le chorion touffu pourra occuper une bande circulaire tout autour de l'œuf : le placenta est alors zonaire comme chez les carnivores.
Il peut mériter, par sa forme, le nom de discoïde. Celui des singes et celui de l'homme rentrent dans cette catégorie.