‹ Précis d'embryologie adapté aux sciences médicalesChapitre 7 sur 178 · PRÉCIS · texte numérisé non relu

PRÉCIS

INTRODUCTION

Dans ces dernières années, l'embryologie a réalisé de très grands progrès. Nous rappellerons brièvement les étapes parcourues par cette science toute nouvelle et déjà si avancée (1).

Depuis Aristote jusqu'au xyi^ siècle, on se contenta des théories exposées par ce philosophe dans son petit traité sur la « genèse des animaux ».

Pendant cette longue période, les progrès de, l'anatomie elle-même furent enrayés par les doctrines erronées de Galien.

Au xvi"= siècle, il y eut un véritable réveil : les doctrines galéniques, violemment attaquées, s'effondrent sous les résultats de l'observation directe. On fait de l'embryologie expérimentale, et, en 1604,

(1) Gilis. L'Embryologie, son histoire, son rôle dans les sciences anatoraiques. Gàz, hebd. cl. se. méd. Monlpeltier, 1887.

K.MBnYOLOGIlî.

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Fabrice d'Aquapendeute suit le développement du poulet avec méthode.

Mais alors se produit une théorie dont l'injEluence retardera la marche en avant de cette science. C'est la, théorie de la préexistence des çjermes ou de la 'préformation, ou encore de V emboîlement infini des germes, formulée par un médecin de Venise, Aromatari, en 1625. En voici l'idée fondamentale : Vembryon, miniatin'e de l'homme adulte, est dans l'œuf; les générations passées et futures ont été emboîlées dans Covaire d'Ève. Gomme on croyait que la terre avait six mille ans d'existence, Haller évaluait très sérieusement à 200,000 millions le nombre des germes contenus dans l'ovaire de la première femme. Le développement n'était qu'un agrandissement de parties existantes. Dès lors, à quoi bon observer l'infiniment petit, quand on pouvait étudier l'individu en plein développement? L'embryologie consistait tout au plus à constater à quel moment tel ou tel organe devient visible.

En 1667, L. Ham, élève de Leuwenhoek, découvrit les spermatozoïdes chez les animaux. Cette notion nouvelle n'eut d'autre résultat que de diviser les savants en ovistes ou spermistes, smvdi.nl qu'ils admettaient l'emboîtement des germes dans l'œuf ou dans le spermatozoïde.

De telles conceptions étaient soutenues par les hommes les plus émiaents. En 1830, Cuvier les défendait encore. Elles n'ont plus aujourd'hui qu'un intérêt historique. La théorie de la pré formation a définitivement fait place ix la théorie de Vépigénése.

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La théorie de Vépigénèse affirme la création successive des organes par la différenciation d'une masse cellulaire homogène.

Harvey, l'auteur de la découverte de la circulation, fut le premier à entrevoir cette vérité. Ses vues sont souvent admirables : il a, le premier, formulé les relations qui existent entre le développement de l'individu et le développement de l'espèce. Il ne fut pas compris de ses contemporains.

En i759, Gaspard Frédéric Wolff soutenait, à Berlin, une thèse intitulée Iheoria generationis, dans laquelle, il cherchait à établir que les organes n'existaient pas préformés dans l'œuf. On peut dire que Wolff a été le père de l'embryologie : c'est lui qui a mis cette science dans sa véritable voie. Il a très bien décrit le développement des intestins et son nom est resté attaché aux reins primitifs de l'embryon, les corps de Wolff.

La fin du xviu'^ siècle et le commencement du xix" ne furent marqués que par des travaux de détail. Il faut attendre jusqu'à l'année 1812, après la traduction, par Meckel, du traité de Wolff De formatione inteslinorum, pour que l'embi'yologie prenne un nouvel essor.

Dôllinger (1814) publie un grand mémoire sur V Embryologie du cerveau.

Pander (1817) expose la théorie des feuillets germinatifs dans Visloire des métamorphoses que subit l'œuf pendant les cinq premiers jours de rincuhation.

Von Bacr, leur élève, publie, de 1828 à 1837, une série de travaux, fait des découvertes dans presque

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toutes les parties de l'embryologie et se place ainsi au premier rang parmi les embryologistes. En même temps, se poursuivent les travaux de Purkinje, de Prévost et Dumas, de Delpech et Coste, de Wagner, Rusconi, Dugès, Serres, etc., qui fixent les éléments fondamentaux de l'embryologie descriptive.

Les recherches ont encore porté plus loin. En 1839, Schwann formulait la théorie cellulaire : omnis ceîhila e cellulà. Il fallait donc suivre le développement de la première cellule, l'œuf. De là, les remarquables travaux sur la segmentation du vitellus, sur les divisions cellulaires, auxquels se rattachent les nomsdeKupffer, Goette, His, Balfour, Van Beneden, Kôlliker, Mathias Duval, etc., qui nous conduisent en pleine période actuelle et au triomphe définitif de la théorie de l'épigénèse.

Dans ces dernières années, l'embryologie a acquis enfin une importance plus grande et une plus haute portée. L'école transformiste a, en effet, montré combien cette science est utile pour élucider la question si compliquée de l'origine des espèces et de leur évolution.

Serres, en 1842, disait : « l'orgauogénie humaine est une anatomie comparée transitoire, comme à son tour l'anatomie comparée est l'état fixe et permanent de l'organogénie de l'homme (1) »,

Plus récemment, Hœckel a traduit la même pensée par cette brève proposition : « l'ontogénie est une

(1) Principes d'organogénic, page 90.

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courte rémpilulation de la phylogénie ». Ce qui revient à dire que, dans la série animale, le développement d'un individu reproduit l'évolution des termes de la série placés au-dessous de lui.

On comprend dès lors combien l'étude des diffé- • ronts stades parcourus par l'embryon a de l'intérêt pour établir son histoire ancestrale. Nous ne pourrons que faire entrevoir l'étendue de la question ; pour la traiter complètement, il faudrait parcourir l'embryologie comparée tout entière. Cependant nous aurons souvent l'occasion de constater des faits qui démontrent la haute portée de la loi d'évolution énoncée plus haut.

Le plan de l'ouvrage est des plus simples. 11 comprend deux parties. Dans la première, nous avons suivi le développement progressif de l'embryon jusqu'à l'apparition des trois feuillets blastodermiques et des organes embryonnaires. Les organes annexes ou enveloppes du fœtus y sont aussi étudiés jusqu'au terme de leur évolution.

La seconde partie est consacrée à l'organogénie; nous avons procédé par appareils organiques, en conservant, autant que possible, l'ordre habituel de l'anatomie descriptive.

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