‹ Précis d'embryologie adapté aux sciences médicalesChapitre 73 sur 178 · ORIENTATION DES MEMBRES · texte numérisé non relu

ORIENTATION DES MEMBRES

quand les trois segments sont nettement séparés, les deux membres thoraciques et les deux membres abdominaux ont une altitude identique (fig. 83). Le coude et le genou sont en deliors. Le côté de flexion des quatre membres est ventral ; le pouce et le gros orteil, le radius et le tibia sont dirigés vers l'extrémité céphalique; le petit doigt et le petit orteil, le cubitus et le péroné, vers l'extrémité caudale.

Dans cette position initiale, il est très facile d'établir une homologie évidente entre les os des membres : le radius est l'homologue du tibia; le cubitus, l'hemologue du péroné, etc.

Au commencement du 3"= mois, les membres prennent leur orientation définitive, en exécutant, autour de leur axe, un mouvement de rotation, que KôUiker attribue aux phénomènes de croissance s'accomplissant dans les membres eux-mêmes.

Ce mouvement de rotation est de 90» pour chaque membre; seulement, il est de sens contraire pour l'un et pour l'autre.

Fig. 85. — Formation des membres. Em-

RRYON HUMAIN DE LA SEl'TIKME A LA llUI- TIÈMK SEMAINE.

Les membres ont encore la même orientation (d'après His).

MEMBRES

Pour l'humérus, la rotation est telle que la face de flexion ou face ventrale devient antérieure; par suite, le coude regarde en arrière, le pouce se porte en dehors, l'auriculaire en dedans. Au membre inférieur, la rotation exécutée est de sens contraire : la face ventrale ou face de flexion devient ^îosi^rieure; le genou, de latéral, devient antérieur ; le gros orteil est en dedans, le petit orteil en dehors.

Les parties homotypiques des deux membres regardent donc en sens inverse; pour établir un parallèle entre elles, il n'y a qu'à faire exécuter à chaque membre un mouvement de rotation de 90°, en sens inverse de celui qui s'est produit chez le fœtus.

Ch. Martins arrive au même résultat en faisant subir à l'humérus une détorsion de 180°. Mais son procédé n'est pas d'accord avec ce qui s'est réellement passé. Il suppose que l'humérus a été tordu sur lui-même de 180°. Or, la gouttière de torsion de Vhumérus ne mérite nullement son nom ; au 8'= mois, la diaphyse de cet os est encore lisse et arrondie. La gouttière se forme, plus tard et peu à peu, par le dépôt de couches osseuses sur les lignes d'insertions musculaires.

Les membres étant ainsi ramenés à leur position initiale, les homologies s'établissent sans difficulté pour les os. 11 est clair aussi que les muscles extenseurs du membre supérieur sont homologues aux fléchisseurs du membre inférieur, tandis que les fléchisseurs du premier correspondent aux extenseurs du second.

OniGINIi; DU 13LASTÈMË DES MEMBRES.

La direction et la forme définitive du pied s'établissent lentement. HiUor et ïhorens ont montré que cette évolution était sous la dépendance du développement des os du tarse. L'astragale n'a sa forme définitive qu'à cinq ans. A trois ans seulement, le calcanéum prend un aspect rappelant celui du même os chez l'adulte. Les articulations sous-astragaliennes ne sont définitivement constituées qu'à Tàge de huit ans.

Origine du blastème des membres. — La couche la plus superficielle des membres est formée par l'épiderme embryonnaire. Un blastème mésodermique homogène, composé de cellules embryonnaires avec nombreux capillaires, se trouve dans cet étui ecLodermique. Au milieu de cette masse, les divers tissus, cartilages, os, muscles, tendons, aponévroses..., etc. se différencieront, dès le 2<= mois de la vie fœtale.

D'après Kùlliker, ce blastème dériverait des lames latérales, par des proliférations localisées. Les vaisseauxet les nerfs naîtraient par pénétration et allongement de ceux déjà existants, avec participation de certains éléments des membres pour les vaisseaux.

Quant à la question de savoir si les protovertèbres envoient un prolongement osseux dans les membres, si les lames musculaires participent à la formation des muscles, ou si ces muscles naissent sur place, il n'est pas encore possible d'y répondre catégoriquement. Des auteurs de grande autorité ont, sur ces points, les opinions les plus opposées.

MEMBHES.

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