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ESQUISSE GÉNÉRALE DU DÉVELOPPEMENT DE L'EMBRYON

I. — AMPHIOXUS. — L'œuf, pondu et fécondé dans l'eau, se segmente; dès le stade de gastrula, l'embryon d"it pourvoir à sa subsistance. Son blastopore se moditie ; une bouche se creuse à l'extrémité céphalique. L'évolution est lente, l)i-ogressive, et de type dilaté.

II. — ICHTHYOPSIDÉS. — L'œuf des Ichthyopsidés est à segmentation totale ou à segmentation partielle.

A. ŒUFS HOLOBL ASTIQUE 3. — Dans ces œufs, la fécondation est externe et s'effectue au moment de la ponte (Batraciens) ou après elle. L'œuf est nu ou entouré d'enveloppes protectrices (coque des Batraciens). Il effectue ses premiers développements dans l'eau. Dans quelques cas, pourtant, l'œuf est incubé par la femelle ou par le mâle.

Dans le premier cas, les œufs sont attachés à l'abdomen (Aspredo Batrachus) ou sont logés dans une poche de la paroi ventrale (Solénostomes) ou de la paroi dorsale du corps (Pipa, Notodelphis). Dans le deuxième cas, le mâle enroule les œufs autour de ses membres inférieurs (Alytes obstetricans), ou les transporte dans une poche ventrale (Syngnate). L'Arius fissus mâle incube les œufs dans sa cavité buccale, et tout le temps que dure l'incubation, il est condamné à un jeûne absolu. Avant l'éclosion, l'embryon s'incurve, et il édifie des poches branchiales et des branchies externes.

Au moment de l'éclosion, le jeune têtard de Batracien se débarrasse des débris de sa coque, à l'aide des mouvements de sa queue, et son tube digestif, muni depuis longtemps d'un anus (blastopore), se creuse en outre d'un orifice buccal. Dans l'eau où il nage maintenant, le têtard se nourrit de végétaux qu'il broie à l'aide d'un bec et de dents cornées. Plus tard, il perd rapidement ses branchies et ses poches branchiales ; sa queue régresse et disparaît en cinq ou six jours. L'entrée en fonction du poumon inaugure l'instauration d'un nouveau régime circulatoire : . l'ère des métamorphoses est achevée ; la jeune Grenouille est Carnivore ; elle porte tous les organes qu'adulte elle possédera.

Quelques espèces où la fécondation est interne sont vivipares (Salamandre) ; cette viviparité paraît déterminée par un retard de la ponte.

Notons encore que certains Ichthyopsidés sont capables de se reproduire à l'état larvaire {progenèse). C'est le cas de l'Axolotl, larve de l'Amblyostome (Duméril), du Menobranchus, larve du Batrachoseps (Cope).

L'œuf des Ichthyopsidés holoblastiques se transforme intégralement en embryon. La vésicule ombilicale est représentée par un simple épaississement de la paroi ventrale de Tintestin ; c'est dans cette paroi même et dans ses tissus que l'embryon puise les réserves alimentaires indispensables à son développement, avant de vivre à l'état de liberté dans l'eau.

B. ŒUFS MÉROBLASTIQUES.— Nombre d' Ichthyopsidés pourtant ont une

évolution toute différente. Leur œuf est entouré d'une enveloppe albumineuse et d'une coque cornée ; le fécondation est interne, la segmentation partielle. Une petite partie de l'œuf se transforme en embryon ; la grosse masse de l'œuf est représentée par du vitellus et ce vitellus échappe à la segmentation ; le vitellus est entouré peu à peu par une membrane issue de la périphérie du blastoderme embryonnaire : c'est là le sac vitellin qui est appendu à la face ventrale de l'embryon. Les Sélaciens sont le type de ces œufs méroblastiques ; leur évolution se rapproche beaucoup de celle des Sauropsidés. Certaines espèces de Sélaciens (Mustelus, Carcharias) sont vivipares, et cette particularité modifie profondément le sac vitellin qui se transforme en un omphalo- placenta.

HT. — SAUROPSIDÉS. — Les Sauropsidés sont caractérisés par leurs œufs méroblastiques et par ce fait qu'ils possèdent, outre une vésicule ombilicale, deux annexes : une allantoïde et un amnios.

A l'exception de quelques espèces (Vipère, Orvet), les Sauropsidés sont ovipares; la fécondation est interne et précède la ponte ; l'œuf est entouré d'enveloppes, d'origine maternelle, et d'annexés, d'origine embryonnaire. L'œuf est abandonné sur le sol où il est couvé, parfois, par les parents. Son volume ne varie pas, mais au moment de la ponte, l'embryon est réduit à une cicatricule, de volume insignifiant ; le vitellus constitue la grosse masse de l'œuf ; au moment de l'éclosion, l'embryon possède tous les organes de l'adulte ; il est volumineux tandis que le vitellus qui lui a servi de nourriture est réduit à d'infimes proportions. Ses annexes sont en régression, le liquide de l'amnios et celui de l'allantoïde ont été résorbés en partie ; les vaisseaux allantoïdiens sont atrophiés ; la coquille calcaire est amincie et devenue fragile. A l'aide d'une protubérance cornée qu'il porte sur la face dorsale du bec (diamant), l'embryon perce sa coquille, qu'elle soit calcifiée (Oiseaux) ou réduite à une membrane parcheminée (Reptiles); il sort de l'œuf, capable de se mouvoir et de se nourrir. Certains oiseaux, pourtant, naissent sans plumes ; ils doivent recevoir aliments et soins de leurs parents, avant de prendre leur vol. Chez les Colombins, une sécrétion du jabot sert de première nourriture au nouveau-né. La naissance une fois effectuée, la vésicule ombilicale rentre dans l'abdomen où elle disparaît phagocytée (Oiseaux). D'autres fois, elle demeure appendue à l'ombilic où elle ne tarde pas à se flétrir et à tomber (Orvet).

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