III. — APPAREIL GÉNITAL IVIALE
I. — TESTICULE. — A. Morphogenèse. — Le testicule se développe, comme l'ovaire, dans la région des lombes. Il procède d'un épaississement de l'épithélium cœlomiîîue {épithélium germinatif) ; cet épaississement, d'abord très étendu, se concentre bientôt en un organe globuleux qui se sépare progressivement de la face interne du mésonéphros et s'approprie ses ligaments, au moment où le corps de Wolff entre en régression. Un ligament {ligament inguinal) s'implante, alors, au pôle inférieur du testicule ; il s'insère, d'autre part, dans une masse mésodermique {processus vaginal) qui occupe le trajet inguinal. Cette masse se prolonge au delà de l'orifice superficiel du canal inguinal, à travers une boutonnière du grand oblique.
Au 4e et 5® mois, les bourses se soulèvent; le processus vaginal et le ligament inguinal {guhernaculum testis) s'allongent de quantités sensiblement égales. Au 6« mois, une fossette péritonéale déprime le processus vaginal, au pourtour de l'insertion du guhernaculum ; le testicule paraît remonter légèrement dans l'abdoniiMi. Puis le gubcrnaculuiii se raccourcit, si bien que le testicule s'accole à l'orifice profond du canal inguinal (7® et 8^ mois), et qu'il s'engage (9^ mois) dans le diverticule péritonéal {canal vagino-péritonéal) qui s'est étendu jusqu'au fond des bourses. A la nais-
Fig. 217. - Le tcsti- «•iilf, occupe l'ori' lice profond du canal inguinal ; à son pôle inférieur s'attache le gubernaculum (embryon de Chauve-souris, sacrifié le lofjuillet).
APPAREIL URO-GÉNITAL
sance, le canal vagino-péritonéal s'oblitère dans sa partie supérieure ; sa partie inférieure constitue la tunique vaginale; le gubernaculum est réduit à un cordon, épais et court ; il s'étend du fond de la vaginale au pôle inférieur du testicule et de l'épididyme.
Est dit en « ectopie », le testicule qui n'effectue pas sa migration ou qui n'effectue qu'une migration incomplète'; un tel testicule est destiné à s'atrophier ; son atrophie est exceptionnellement précoce ; elle se manifeste d'ordinaire au moment de la puberté ; le testicule cesse d'évoluer ; il est incapable d'édifier des spermatozoïdes : c'est là une règle presque absolue (Félizet et Branca).
Toute migration fait défaut chez les Cétacés ; chez les Insectivores et les Rongeurs, le testicule descend dans les bourses ou remonte dans l'abdomen, au gré de l'animal ;
Fig. 218-
Fig. 219.
Fig. 218. — Cordon testiculaire au stade de dualisme cellulaire ; à sa gauche, cellules interstitielles éparses dans le tissu conjonctif (embryon de Chauve-souris, sacrifié le l»' juillet).
Fig. 219. — Tube séminipare humain au stade d'unification cellulaire. 1, menabrane propre. — 2, noyaux des petites cellules épithéliales.
dans les autres groupes, la migration duvtcsticule est définitive ; elle s'effectue avant (Primates) ou après la naissance (Carnassiers).
B. Histogenèse. — L'épithélium cœlomique s'épaissit sur la moitié supérieure de la face interne du mésonéphros, pour constituer Vépithélium germinatif . Cet épithélium est . représenté, d'abord, par des cellules isomorphes {Stade d'unité cellulaire). Plus tard, il compte deux sortes d'éléments, les uns petits {cellules folliculeuses), les autres volumineux {ovules mâles, spermatogonies primordiales [stade de dualisme primitif]). L'épithélium germinatif émet alors, dans le mésodormc; sousjacent, des bourgeons pleins, qui sont l'ébauche des cordons séminiparos. Dès le milieu du 2^ mois, ces cordons s'anastomosent et se séparent de l'épithélium germinatif dont ils procèdent. Cet épithélium, dès lors, s'atrophie et la nappe mésodermique sur laquelle il repose prend l'aspect d'une lame fibreuse : c'est la future albuginée. Les cordons séminipares sont les homologues des cordons médullaires de la femelle. Us sont épars dans une gangue de ceUules interstitielles. Cette glande
ORGANOGENESB
interstitielle est très développée ; elle est caractéristique de l'organe sexuel mâle. Elle persiste jusqu'au voisinage de la naissance chez l'Homme (Branca et Bassetta, PcpofiE) et les animaux (Bouin et Ancel). Elle s'atrophie ensuite, pour réapparaître au moment de la puberté.
Pendant que le testicule est pénétré, sur sa face interne, par des bourgeons issus de l'épithélium germinatif, sa région externe est abordée par des canalicules venus de la portion supérieure (ou génitale) du mésonéphros. Ces canalicules sont courts, rectilignes et de direction oblique. Leur glomérule émet bientôt un cordon épithélial, d'abord droit, puis flexueux ; ce cordon plein se creuse d'une lumière (canaZ de Mihalcovics), gagne le bord externe du testicule et s'anastomose avec ses congénères en un réseau; [rete testis). De ce réseau se dégagent des bourgeons courts [tubes droits) qui se fusionnent avec les cordons séminipares. Entre temps, les glomé-
Fig.' 220. — Coupe sagittale, médiane d'un embryon mâle de 5 cent. 8. Pc, pénis ; Pu, pubis ; R, rectum ; V, vessie ; U, urètre.
rules annexés à la région génitale du corps de Wolff s'atrophient et disparaissent. Les canalicules de la portion génitale du mésonéphros se détournent donc de "leur fonction urinaire pour constituer les « cônes efférents » et pour concourir à la fonction génitale.
Le testicule procède donc de deux ébauches : l'une, dérivée de l'épithélium germinatif, fournit les cordons séminipares ; l'autre, issue de la partie génitale du corps de Wolff, constitue les premières voies d'excrétion, incluses dans l'épaisseur de l'organe. Après la naissance, les ovules mâles des cordons séminipares prolifèrent, puis dégénèrent. Dès lors, les cellules foUiculeuses constituent l'unique revêtement du cordon, qui va se creuser d'une lumière {stade d'unification cellulaire). A l'approche de la puberté, les cellules foUiculeuses se différencient, les unes en cellules de soutien, les autres en cellules sexuelles {stade de pré-spermato genèse) . Enfin, à la puberté, les canalicules achèvent leur évolution, les uns après les autres : ils éloborent des spermatozoïdes {stade de spermato genèse).
APPAREIL URO-GÊNITAL 253
II. — VOIES GÉNITALES. — Le canal de Wolff accompagne le testicule dans sa mi^ation, et lui fournit ses voies d'excrétion. Il constitue Yépididyme et le canal déférent. Au voisinage de son extrémité proximale (3*' mois), le déférent porte, sur sa face externe, un renflement conique : c'est l'ébauche de la vésicule séminale. On qualifie, dès lors, de canal éjaculateur la portion du canal de Wolff qui s'étend de la vésicule à l'urètre. Au 4« mois, la vésicule séminale paraît implantée au-dessous d'une dilatation du canal déférent : c'est un tube irrégulièrement calibré, qui porte sur toute sa surface, mais surtout sur son bord externe, une série de bourgeons polymorphes.
III. — RÉSIDUS EMBRYONNAIRES. — Le mésonéphros et son canal fournissent les voies d'excrétion du testic'ule ; mais certaines parties de cet
^.Ji './(an)- \<ê^- "T>: ^,
Fig. 221. — Cinq coupes transversales du tractus uro-géftital, étagécs de bas en haut, chez un
embryon de 5 cent. 6.
1, Sinus uTO-génital (urètre) avec coupe des glandes. — 2, iirètre au niveau du débouché des canaux de Wolff (W) et de Millier, M. — 3, coupe au niveau du col véâical. — 4, coupe au niveau de la région du trigone ; le canal de Wolff porte l'ébauche de la vésicule séminale ; le canal de Millier est médian et réduit à un cordon épithélial plein. — 5, coupe au niveau de l'oriflce vésical dés uretères ; le cordon génital est séparé de la vessie V, comme sur la figure précédente.
organe demeurent inutilisées et fournissent, comme le canal de Millier, des résidus persistants.
Â. Corps de Wolff. — a) Certains canalicules de la portion génitale du corps de Wolff cessent de réunir testicule et canal de Wolff. Ils s'oblitèrent à l'une de leurs extrémités, et constituent des tubes borgnes, ouverts seulement à leur extrémité testiculaire {vas de Roih) ou à leur extrémité wolfTienne [vas de H aller).
b) D'autres tubes de la portion urinaire du mésonéphros perdent leurs connexions avec le canal de Wolff et prennent l'aspôct de tubes et de vésicules. Tel est le paradidyme {corps innominé de Giraldès), homologue du paroophoren.
B. Canal de Wolfl. — L'extrémité supérieure de ce cana! est représentée par Vkjfdatide pédiculée qui s'attache à la tête de l'épididyme.
C. Canal de M&ller. — Bien qu'il puisse anormalement persister sur toute son étendait (Gasser), îe canal de Mûller s*âtrophie, chez 1* Homme, ei disparatV, sauf au niveau do àes deux extrémités.
ORGANOGENÈSE
a) Son extrémité supérieure, entraînée par le testicule dans sa migration, forme Yhydatide sessile qui s'implante au pôle supérieur du testicule.
b) Son extrémité inférieure f^^J^U j ^J s'ouvre, d'abord, dans l'extré-
mité du canal de Wolff correspondant. Plus tard, les deux canaux de Miiller débouchent directement dans le sinus urogénital, entre les deux canaux de Wolfî. Dans un 3® temps, les canaux de Miiller se fusionnent en un utricule prostatique. Volumineux chez les Ruminants et les Carnassiers, r utricule est atrophié chez l'Homme. Anormalement, il peut atteindre et dépasser 10 cent. L'utricule de l'Homme est l'homologue de l'utérus féminin (Retterer). Exceptionnellement, l'utricuie peut avoir les fonctions de l'utérus comme il en a la structure (A. Branca); il peut fournir périodiquement du sang.