‹ Précis d'embryologieChapitre 9 sur 66 · CHAPITKE IV DES FEUILLETS BLASTODERMIQUES · texte numérisé non relu

CHAPITKE IV DES FEUILLETS BLASTODERMIQUES

L — HISTORIQUE^ -- En 1768-1769, Gaspard-Frédéric WolfE constata que l«i anitii4ti:& et les végétaux procèdent d'ébauches lamellaires ; ces ébauches planes, en s^incurvftnt, constituent des organes tubuleux, telè que le tube digestif. Le trtbVâil de Wolff, publié en latin, dans les comiflentàires de l*Acôdémie de Saint- Pétersbourg, passa îîiapetçu jusqu'au jour où Meokeî (1812) en donrta une trfwiuction allemande.

Cependant) un Français, Louis-Sébàstien de Tréderh avait examiné (1804- 1808) les premiws développements du Poulet. Pànder (1817) distingua^ chè« cet oiseau, trois feuillets dont von Baër (1828-18317) devait précise* l'ùfigine et l'évolution. Quand la théorie cellulaire se fit jour, Remak reconnut que le feuillet intermédiaire se clive : le cœlome sépare ses deux lames.

Les travaux de Huxley sur les Méduses (1849), ceux d'Allman (1853) qui emploie le premier les termes d'ectoderme et d'endoderme, lés recherches de Kowalewsky rendent possible une théorie de la Oastrula (Hœckel). Déjà, Geoffroy Saint-Hilaire et Serres avaient pu constater un certain parallélisme entre les progrès que réalise dans son évolution un embryon donné, et ceux qu'on observe dans des groupes zoologiques de complexité croissante. Reprenant, pour son compte, les idées de Darwin et de Fritz Millier (1864), Hœckel, dont les recherches n'ont ni grande valeur, ni grande originalité (Minot) n'hésite pas à proclamer que « l'ontogenèse (développement de l'individu) est une récapitulation courte et rapide de la phylogenèse (développement du phylum). C'est là la « loi biogénétique fondamentale ». Bien qu'en opposition absolue avec les idées de von Baër, cette loi reçut un accueil enthousiaste jusqu'au jour oh les critiques de Dohm, d'Oppel, de Keibel, d'Hertwig, de Vialleton établirent que la loi de la récapitulation est inacceptable, dans le sens qu' Hœckel a voulu lui donner.

Mais revenons aux feuillets. His (1865-1868) s'élève contre l'unité du mésoderme. Pour lui, ce feuillet procède de deux ébauches, l'une, principale (archiblaste), dérive des feuillets primaires du blastoderme ; l'autre, accessoire (parablaste), serait, en dernière analyse, d'origine maternelle : du parablaste naissent le sang, les vaisseaux et la substance de soutien. Selon Ray-Lankester (1877), le cœlome provient de l'archentéron et le mésoderme de l'endoderme. En 1881, les Hertwig généralisent une série de faits observés sur les Cœlentérés, et reprenant les vues de His et de Lankester, ils reconnaissent dans le mésoderme deux parties d'origine et de destinée différentes, le mésothélium ou mésoderme épithélial et le mésenchyme. Le mésothélium naît de l'endoderme et tapisse le cœlome ; le mésenchyme, originaire des feuillets primordiaux, s'insinue dans l'interstice des organes en leur fournissant des tissus de soutien, des fibres lisses et des vaisseaux. Une telle distinction ne saurait être maintenue. 1° Le mésothélium et le mésenchyme sont intertransformables. 2° L'origine du mésoderme est encore en discussion. 3° Le cœlome, que les Hertwig regardent comme une enterocœle, est regardé par d'autres auteurs comme une cavité excrétrice ou £omme une cavité génitale.

DES FEUILÎ.ET» BLASTODERMIQTTES 63

Page 1