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CHAPITRE II

LES ORIGINES DE l’aRT GREC. — l’aRT ARCHAÏQUE.

Sommaire. — L’art hellénique à ses origines a subi, dans une certaine mesure, l'influence des arts de l’Orient, mais il a pris de plus en plus un caractère tout à fait original. Son excellence s’explique par la nature même du pays, par le caractère et l’histoire des habitants. L’art grec s’est développé au service de la religion, mais il doit ses progrès h l’observation précise et fine de la nature, au sentiment de l’harmonie et des proportions. Des fouilles récentes(Hissarlik, Santorin, Mycènes, la Crète, etc.) ont fait connaître les premiers essais de cet art, du xxvii0 au xii* siècle environ. Les poèmes homériques, vers le x° siècle, attestent chez les Grecs un goût déjà très vif du beau et des choses d’art. Du vin0 au ve siècle se place l’adolescence de l’art grec (art archaïque, c’est-à-dire ancien), qui se répand des côtes de l’Asie Mineure jusqu’en Sicile et dans l’Italie méridionale. Parmi les principaux centres d’activité, il faut citer Sarnos, Chio, les Cyclades (Nayis, Paras), Corinthe, Sicyone, Argos, Égine, Athènes, etc.

L’architecture grecque est surtout connue par des temples où la colonne joue un rôle de plus en plus grand. Les temples grecs sont en général d’ordre dorique, et l’ordre dorique se . distingue par la simplicité et la force. L’ordre ionique affecte des formes plus élégantes : il se développera surtout plus tard. La sculpture, après avoir débuté par des œuvres tout à fait rudimentaires, grandit grâce à une étude attentive du corps humain, elle s’assouplit et s’affine : les statues du fronton du temple d’Égine en marquent l’apogée à la fin de cette période.

Le pays et la race. — La nature même semble avoir prédestiné la Grèce au grand rôle qu’elle a joué dans le développement de la civilisation. Par sa situation géogra-

phique, elle se rattache à la fois à l'Orient et à l’Occident, qu’elle pénétrera également de son influence; ses côtes étendues, déchiquetées, sont riches en baies et en ports; sur bien des points, à peine a-t-on quitté la terre qu’à l’horizon apparaissent déjà les îles ou le navire, en cas de danger, trouvera un refuge. Aussi les Grecs ont-ils été de bonne heure de grands navigateurs; ils aiment la mer et, en même temps qu’ils l’exploitent, ils en comprennent la beauté et la poésie, ils en notent les aspects multiples et les colorations variées. Les aventures et les tempêtes ne les découragent point; échappés au naufrage, aussitôt ils remettent à la voile : tels ils apparaissent dans Y Odyssée, le poème de la mer et des longs voyages, l’épopée par excellence de la Grèce primitive. Des régions trop peuplées, des cités prospères, partent sans cesse des bandes d'émigrants, non pas pauvres et honteux, mais confiants en l’avenir : après avoir pris le feu sacré sur l'autel national, guidés par des chefs qu’ont désignés les dieux, ils vont sur d’autres rivages, souvent au loin, fonder une cité nouvelle, et, de proche en proche, la Grèce se répand sur toute la Méditerranée, propageant ses institutions et ses arts

Le pays est de ceux qui conviennent à une race vive et éprise du beau. Au lieu des plaines uniformes, des chaleurs accablantes de l’Egypte et de l’Assyrie, presque partout des montagnes, des collines qui varient les aspects, une lumière vive et harmonieuse qui détache toutes les lignes et qui éveille des idées de joie et de clarté, un climat en général plus tempéré et qui n’endort point l’activité. Le dieu préféré des Grecs est le soleil qui anime et illumine le monde; au moment de la mort, renoncer à sa lumière est pour eux la plus amère douleur. Ils sentent vivement le charme de la nature et l’on trouve dans leurs écrivains des paysages d’une poésie et d’une fraîcheur incomparables : tel le passage de Y Œdipe à Colone de Sophocle où le chœur célèbre la beauté de l’Attique.

Les populations grecques appartenaient à la race aryenne, mais des migrations distinctes se succédèrent dans leur histoire. A une époque dont on ne saurait déterminer le début, les Pélasges peuplent les régions grecques; plus lard arrivent les Hellènes, subdivisés en deux grands rameaux,

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