FI.G. I 5 2. — SAINTE MARTHE
(Eglise de la Madeleine. — Troyes.)
vigoureux et dramatique. Citons encore, parmi les belles œuvres de 1 ecole française, les stalles de la cathédrale
HISY. DE L’ART.
JQ
LA RENAISSANCE
d’Amiens, achevées en i 522 par Jean Trupin et quelques autres artistes, les vantaux de la porte méridionale de la cathédrale de Beauvais, par Jean le Pot, etc. Ce fut vers le milieu du xvie siècle que les sculpteurs français rompirent avec la polychromie, à l’exemple des Italiens. Encore la statuaire monochrome ne triomphera complètement qu’au xvne siècle.
La peinture. — La peinture est de tous les arts celui où la France du xvi6 siècle montre le moins d’originalité. Dans le Nord, avec Jean Bellegambe, de Douai, qui mourut après 1 5 3-j., se conservent les traditions de l’école flamande.
• A la cour de François Ier et de ses successeurs, Jean Clouet (mort vers 1 5qi) et son fils François (mort en 1572) sont les portraitistes en faveur. Le père de Jean Clouet était un peintre flamand établi en France; ses descendants sont restés fidèles aux traditions de l’école. Leurs portraits, en effet, sont admirables par la précision un peu sèche du dessin, par la fidélité des détails, la solidité du coloris. Il nous en est parvenu un certain nombre d’un intérêt historique : tels sont ceux de Henri II, de Charles IX et d’Élisabeth d’Autriche, au Louvre (fig. 1 5 3). Ces mêmes qualités se retrouvent, mais adoucies, chez Corneille qui, établi à Lyon, y fit les portraits de nombreux personnages de la cour. Dans la seconde moitié du siècle, cette école de portraitistes se continue avec Etienne Dumonstier, peintre de Catherine de Médicis.
Bien différent est Jean Cousin, qui naquit au début du siècle et mourut après 1 5 8 3 . Après avoir fait son éducation à Sens, parmi les peintres verriers, il s’établit plus tard à Paris. Architecte, sculpteur, peintre, graveur, il a étudié l’anatomie, la géométrie, la perspective, de façon à pouvoir en écrire (Livre de perspective , i56o; Livre de pourtraicture , 1571). Ses peintures sont rares : quelques vitraux à Sens et en divers endroits; des miniatures, une figure de femme, Eva prima Pandora; un Jugement dernier , au Louvre, etc. Cette œuvre, la plus importante, est d’un artiste correct, mais que préoccupe trop l’Italie. On sait d’ailleurs qu’il avait exécuté des peintures murales, notamment à Ecouen, dans le beau château du connétable de Montmorency. On lui a souvent attribué, mais
l’art EN FRANCE AU XVe ET AU XVI* SIECLE. 291
sans preuves, le superbe tombeau de l’amiral Chabot, qui est au Louvre. On a aussi publié de lui des illustrations curieuses [le Livre de fortune de Jean Cousin). Ce n’est point un chef d’école. L’action étrangère se fait sentir en peinture avec force. Malheureusement, les peintres italiens qui, sous François Ier et ses successeurs, jouirent de la faveur officielle, le Rosso et Primatice, étaient des artistes de décadence. Les Français qui se groupèrent autour d’eux, et qui formèrent ce qu’on appelle l1 « école de Fontainebleau », subirent leur influence; à la fin du XVI8 siècle et au commencement du xvii“, l’école de peinture n’offre guère de nom qui puisse être cité ici; tout ce qu’elle produit est d’une navrante médiocrité.
Les arts industriels.— En revanche, les arts industriels se développent avecéclat.
Aux émaux cloisonnés
, . Mli- I JJ • ELUUET.
Ct champlevés du ISABELLE de la paix, fille D 1: HENRI II
moyen âge, les ateliers de Limoges, célèbres depuis tant de siècles, substituent les émaux peints, véritables tableaux où le fond du métal est entièrement recouvert par l’émail, où le dessin et le coloris atteignent à une rare perfection. Vouée d’abord aux sujets religieux, la peinture sur émail emprunte bientôt des sujets a la mythologie antique, en même temps qu’elle adopte le style italien, ou encore qu'elle reproduit les compositions des maîtres flamands et allemands. Parmi les émailleurs limousins, les Pénicaud, Léonard Limosin,