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I.A RENAISSANCE

Pierre Rémond, Jean Courteis ont laissé les œuvres les plus nombreuses et les meilleures : plaques, coupes, vases, coffrets, etc. (Louvre et musée de Cluny).

C’est aussi une des plus belles époques de la céramique française. La meilleure part revient ici à Bernard Palissy (i5ioà 1589 environ), dont le nom est resté justement populaire. Le potier de Saintes fut penseur et savant en même temps qu’artiste. Un contemporain dit de lui qu’il était « philosophe naturel et homme d’un esprit merveilleusement prompt et aigu ». Et en effet, sans éducation première, il avait observé avec beaucoup de pénétration la nature et ses phénomènes. De là ses écrits et notamment les Discours admirables de la nature des eaux et fontaines tant naturelles qu artificielles, des métaux, des sels et salines, des pierres , des terres , du feu et des émaux , qui parurent en i58o. Cuvier voyait en lui le fondateur de la géologie. lia raconté lui-même, dans l 'Art de terre , ses études, ses épreuves, l’admirable opiniâtreté avec laquelle il lutta contre la mauvaise fortune. Plus tard, protégé par le connétable de Montmorency, établi à Paris, il fut nommé par Catherine de Médicis « inventeur des rustiques tigulines du roi ». Ses œuvres les plus originales sont les plats et les vases émaillés où se détachent en saillie des herbes, des coquillages, des poissons, des lézards, etc. La lin de sa vie fut encore troublée : protestant convaincu, il fut enfermé à la Bastille et il y mourut. A côté des œuvres de Bernard Palissy, il faut mentionner les faïences dites « d’Oiron » ou de « Saint- Porchaire », dont les rares spécimens sont d’une forme si élégante et d’un décor si fin. ,

L’histoire de l’art français à la Renaissance est encore sur bien des points obscure; nul alors ne s’est préoccupé, comme Vasari en Italie, d’écrire la biographie de nos vieux maîtres, et tel, qui a exécuté des chefs-d)œuvre, est à peine connu d’hier, grâce à quelques documents d’archives. Du moins peut-on constater que ce fut pour notre pays une époque heureuse et féconde : dans presque toutes ses productions, l'art français du xvie siècle apparaît plein d’élégance et de charme. Malheureusement il n’a pas su défendre avec assez de force sa personnalité; après s’ètre ouvert à l’influence de l’antiquité et de l’Italie, il s’y est peu à peu

l’art EN FRANCE AU XV' ET AU XVIe SIECLE. 2y3

asservi, sacrifiant à l'imitation du passé et de l’étranger ses traditions et son originalité.

Bibliographie.

Ouvrages gé-éraux. — De Laborde, la Renaissance des arts à la cour de France, i85o; Comptes des bâtiments du roi de 1 328 à 1571, 2 vol., 1877-1880. — Berty, les Grands architectes français de la Renaissance, 1860; la Renaissance monumentale en France, 1864. — Müntz, la Renaissance en Italie et en France au temps de Charles VIII, i885. — Palustre, la Renaissance en France, 1879-1885; l’Architecture de la Renaissance en France, dans la Bibliothèque de l’enseignement des Beaux-Arts. — Pattison, tlie Renaissance of art in France, 1879. — Lübke, Geschichte der Renaissance in Frankreich, 2” édit., i885. — De Geymüller, Geschichte der Baukunst der Renaissance in Frankreich, 2 vol., 1896-1899. — Dehaisne, Histoire de l'art dans la Flandre, l’Artois et le Hainaut avant le XV" siècle, 1 885. — Renan, Discours sur l’état des Beaux-Arts au XIV" siècle, dans l’ Histoire littéraire de la France, t. XXI. — Courajod, Leçons professées à l'école du Louvre, t. Il, Origines de la Renaissance, 1901. — Gonse, la Sculpture française, i8o5. — Courajod et Marcou, Musée de sculpture comparée, Catalogue raisonné, xiv' et xv' siècles, 1892. — Gelis-Didot et Laftilée, la Peinture décorative en France du XV" au XVI • siècle. — Paul Mantz, la Peinture française du IX » siècle à la fin du XVP ( Bibliothèque de l'enseignement des Beaux-Arts, 1897). — Enlart, Manuel d’archéologie française, i902-!904. — Lavisse et Rambaud, Histoire générale, t. IV, 1894, ch. VII; t. V, 1895, ch. V (par André Michel); Histoire de France, publiée sous la direction de Lavisse, t. IV, t. V, 1902-1904. — Emile Molinier, Histoire des arts appliqués à l’industrie.

— Henri Havard, Dictionnaire de l’ameublement et de la décoration depuis le XII F siècle jusqu'à nos jours.

Monographies. — Les Primitifs français exposés au Pavillon de Marsan et à la Bibliothèque nationale en 1904, Catalogue. — Bouchot, Album de l'exposition des Primitifs français, 1904; — Mâle, la Miniature à l'exposition des Primitifs français, Gaçette des Beaux- Arts, 1904. — Lafenestre, V Exposition des Primitifs français, 1904; les Primitifs à Bruges et à Paris, 1904. — Durrieu, la Peinture à l'exposition des Primitifs français, 1904. — Vitry, l'Exposition des Primitifs français, 1904. — Lecoy de la Marche, le Roi René, 1879.

— Guiflrey, Inventaires de Jean duc de Berry, avec une introduction sur les arts à sa cour, 1894. — Durrieu, Les très riches Heures du duc de Berry, 1904, tort belle reproduction en héliogravure des miniatures, avec une introduction importante. — Durrieu, les Antiquités ; udaiques et le peintre Jean Fouquet, 1908. — de Lasteyrie, les Miniatures d'André Beauneveu et de Jacquemar de Hesdin, Mélanges Piot, t. III. — De Champeaux et Gauchery, les Travaux d’art exécutés par

LA RENAISSANCE

le duc de Berry, 1894. — Vitry, Michel Colombe et la sculpture de sou temps, 1901. — Koechlin et Marquée de Vasselot, la Sculpture à Troyes et dans la Champagne méridionale au X VI' siècle, 1900.

— Sauvageot, Palais, châteaux, hôtels de France du XVe au XVIIIe siècle, 1860-1867. — De Gcymûller, les du Cerceau, leur rie et leur œuvre, 1887. — Didot, Jean Cousin, 1872. — Lalanne, le Livre de fortune de Jean Cousin, i883. — Bouchot, les Clouet et Corneille de Lyon, 1892. — Ernest Dupuy, Bernard Palissy, 2e édit., K)02. — Œuvres de Bernard Palissy, édit. Anatole France. — Dimier, le Primatice, 1900. — Bonnaffé, le Meuble en France au XVP siècle, 1887. — Dans la collection les Artistes français à la Librairie de l’art : Bouchot, les Clouet ; Vachon, Philibert de l'Orme; Cournault, Ligier

' Richer , Burty, Bernard Palissy. — Sur les artistes italiens en France, voir Bicot, les Italiens en France au XVIe siècle ( Bulletin italien de la Faculté des Lettres de Bordeaux, 1903-1904), qui forme une sorte de catalogue intéressant. — La Galette des Beaux- Arts contient pour cette période un grand nombre d'etudes importantes: Gonse, Maitre Pihourt et ses hétéroclites, 187 3; — de Montaiglon, la Famille des Juste en France, 1875-1876; — Léopold Delisle, les Livres d’heures du duc de Berri, 1884; — de Montaiglon, la Vérité sur la naissance et sur la mort de Jean Goujon, 1884-1885; — Prost, Quelques documents sur l’histoire de l'art en France, 1887; — de Champeaux, l’ Ancienne école de peinture de la Bourgogne, 1898; — Bouchot, Jean Fouquet, 1898;

— Gruyer, Chantilly', les quarante Fouquet, 1897; — Lafenestre, Jean Fouquet, igo5; — Palustre, Germain Pilon, 1894-1895; — de Mauldede la Clavière, Jean Perrèal, dit « Jean de Paris», 1895; — Camille Benoît, la Peinture en France à la fin du XVe siècle, 1901-1902; — Kleinclausz. la Sculpture funéraire en Bourgogne ; l’atelier de Clans S lu ter, 1901-1902; Clans Sluter et la Sculpture bourguignonne au XVe siècle, 1906, dans la collection les Maîtres de l'Art; les peintres des ducs de Bourgogne, Revue de l'Art ancien et moderne, 1906. — Male, Trois œuvres nouvelles de Jean Bourdichon. 1902, et Jean Bourdichon, 1(104; — Koechlin, la Sculpture belge et les influences françaises, 1903. — Requin, l’Ecole avignonnaise de Peinture, Revue de l’art ancien et moderne, 1904. — Guiffrey, les Dumonstier, Revue de l'Art ancien et moderne, igo5; — dans la collection les Villes d'art célèbres : Vitry, Tours et les châteaux de la Touraine, igo3; Kleinclausz, Dijon, 1907.

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