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LE CHRIST GUÉRISSANT LES MALADES

(Eau-forte.)

force l’expression morale, le sentiment intime de chaque individu; s’il s’agit d’une composition sacrée, il y introduit un élément de . pathétique puissant et mystérieux. Mais comment le définir? « Si l’on cherche son idéal dans le monde supérieur des formes, on s’aperçoit qu’il n’y a vu que des beautés morales et des laideurs physiques. Si l’on cherche ses points d’appui dans le monde réel, on découvre qu’il en exclut tout ce qui sert aux autres, qu’il le connaît aussi bien, ne le regarde qu’à peu près, et que, s’il l’adapte à ses besoins, il ne s’y conforme presque jamais. Cepen-

LES TEMPS MODERNES

dant il est plus naturel que personne, tout en étant moins près de la nature, plus familier, tout en étant moins terre à terre, plus trivial et tout aussi noble, laid dans ses types, extraordinairement beau par le sens des physionomies. » (Fromentin.) De même, il est coloriste, mais ce n’est ni à la manière des Vénitiens, ni à celle des Flamands. Son originalité est de faire vivre la lumière, d’en tirer les effets les plus surprenants par la façon dont il la mêle ou l’oppose aux ombres. Rembrandt est le maître par excellence du clair-obscur et des grands contrastes.

Tous ces caractères se retrouvent dans ses nombreuses estampes. Il emploie l’eau-forte, c’est-à-dire le procédé qui permet l’exécution la plus rapide et qui en même temps exprime le mieux les nuances et les richesses de la coloration, les jeux de la lumière Tout ensemble dramatique et familier, qu’il traite les sujets saints ou qu’il note les plus humbles aspects de la vie populaire, il montre une imagination et une habileté de main merveilleuse, et il atteint, par les moyens les plus imprévus, à la poésie la plus haute. Parmi les belles estampes de Rembrandt, je citerai VEcce Homo , le Christ guérissant les malades (fig. 1 58) connue sous le nom de la Pièce aux cent florins, la Résurrection de Lazare, les Pèlerins d'Emmaiis, le Docteur Faustus, etc.

Portraitistes, peintres de genre, paysagistes. — En dehors de Rembrandt, les grands maîtres de l’école hollandaise sont des portraitistes, des peintres de genre, des paysagistes.

Frans Hais (1584-1666) apporte dans ses œuvres la même belle humeur que dans sa vie; il rend la physionomie de ses modèles avec beaucoup de précision, mais surtout de naturel et de largeur (Portraits des Beresteyn, récemment entrés au Louvre; Portraits de Descartes , la Bohémienne, au Louvre; Officiers des archers de Saint-Georges, de Saint- Adrien ; Régents et régentes de V Hôpital Sainte-Élisabeth, à Haarlcm, etc.). Van der Helst (16 1 3- 1670), célèbre aussi dans ce genre ( Banquet de la garde civique, à Amsterdam), est plus froid, moins bien doué du sentiment de la couleur.

Parmi les peintres de genre, Adrien Brauwer (1606- 1 6381 , oui, paraît-il, vécut en ivrogne, prend ses modèles

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