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l’art EN FLANDRE ET EN ESPAGNE.
du xvii1' siècle, après de terribles luttes, le pays obtient la reconnaissance de son indépendance. Alors l’art se transforme, les grands peintres naissent à la fin du xvie siècle ou au commencement du xvii”. Il semblerait que l’école hollandaise dût retracer les souvenirs des luttes nationales; mais, chose étrange! presque jamais elle ne reproduit un grand
Fl O. l56. — TÉNIERS. — KERMESSE FLAMANDE.
Musée du Louvre.)
fait historique. Familière et bourgeoise, elle se plaît surtout à la représentation de la vie de tous les jours, ou bien encore elle groupe dans des tableaux, qui sont comme des galeries de portraits, les magistrats des villes, les membres des confréries d’arquebusiers, des milices civiques. C’est que le protestantisme, qui triomphe en Hollande, modifie l’art religieux, tandis que, d’autre part, les Hollandais, bien qu’ils aient fait preuve d’une énergie héroïque, sont avant tout gens paisibles et pratiques, attachés à leur ville, à leur maison,
LES TEMPS MODERNES
à leurs habitudes. Ils n’ont point l’imagination dramatique, et la vraie poésie pour eux est celle du foyer. Vivre entourés de nombreux enfants, réunir quelques amis, faire de la musique, fumer de longues pipes, vider quelques pots de bière ou de vin, assister aux fêtes populaires, tels sont pour eux les meilleurs plaisirs. Les peintres s’inspirèrent de ces goûts, et, comme on l’a fort bien dit, ils firent le portrait
de la vie et de la nature hollandaises avec une sincérité pleine de bonhomie et de charme.
Rembrandt. — Tel est le caractère général de l’école, tel n’est pas pourtant celui du maître qui l’a surtout illustrée, de Rembrandt (i 606- 1669); au milieu de ceux qui l’entourent, il forme une exception par la puissance de son imagination.
Son existence est simple, eile se passe à Amsterfig. 157. — rembranot. — saskia. dam, dans l’ombre
(Musée de Cassei.) de la vie domes-
tique. Il collectionne les œuvres d’art, les tentures, les étoffes d’orient, les armes; ruiné en 1 6 5 6, il travaille sans relâche. Ses contemporains parlent peu de lui et ne paraissent pas le bien comprendre; c’est \in rêveur absorbé dans sefe pensées. Les livres saints surtout le préoccupent; il en tire de nombreux sujets, mais sans s’inquiéter des traditions, exprimant librement ses sentiments personnels. Aussi est-il peu de maîtres plus étranges et plus difficiles à bien saisir.
l’art EX FLANDRE ET EX ESPAGNE. 3o3
Peintre, il a laissé des tableaux fameux : Leçon d' anatomie (i 632), à la Haye; Ronde de nuit [ 1642), à Amsterdam; les Deux Philosophes ( 1 633), Disciples d'Emmaüs ( 1 648), le Bon Samaritain ( 1 648), au Louvre, etc. Il a exécuté de nombreux portraits : portraits du bourgmestre Six, de sa femme Saskia (fig. 157)-, les Syndics, à Amsterdam; plusieurs portraits de lui au Louvre, etc. Dans toutes ces œuvres, il dégage avec
FI o. i 5 8.