I-’ART EN FLANDRE ET EN ESPAGNE
vraimentnationale.
Tour à tour Holbein au xvie siècle,
Van Dy«k au xvne, y ont vécu, travaillé à la cour.
L’influence de Van Dyck se maintint aprèslui. Lely continua à faire les portraitsde l’aristocratie. Les galeries des collectionneurs anglais étaient célèbres, les portraitistes français venaient les visiter.
Ainsi se forma l’école anglaise du xviii® siècle.
William Hogarth (1697-17G4) fronde les mœurs anglaises avec un esprit d’observation implacable (son œuvre la plus célèbre est le Mariage à la mode , suite de six tableaux à la National Gallery de Londres). Dans leportrait excellent Joshua Reynolds (1723-1792), Gainsborough (1727- 1788), l’un plus savant et nourri r,fi' l6i’' ~ T' oainsb°r°uch. — master de l’étude des mai- BÜTrAL‘" {LEnfani tleu->
très, mais d’ailleurs d’une facture large et brillante, l’autre
LES TEMPS MODERNES
plus naturel et plus gracieux. Lawrence (1769-1830) plaît par l'élégance de ses figures. Romney est un portraitiste au coloris solide, au dessin large et simple. D’autres encore, Ræburn, Hoppner, Opie, complètent cette école de portraitistes si riche et si variée.
Quanta l'art allemand, c’est certainement de tous celui qui, au xvnc et au xviii,‘ siècle, montre le moins d’originalité. Les traditions nationales ont été étouffées par l’invasion du style jésuite et académique.
L’Italie : le style baroque; l’école de Bologne; les réalistes. — En Italie, la décadence est partout. L’architecture veut être grandiose et n’est le plus souvent qu’emphatique. Les édifices aux lignes tourmentées, à l’ornementation extravagante, appartiennent au style dit baroque , dont la déplorable influence se répand alors dans toute l’Europe, en partie grâce aux Jésuites. L’architecte le plus célèbre de cette époque, Bernini (1598-1680), l’auteur des grandes colonnades qui précèdent Saint-Pierre de Rome, est en même temps sculpteur. Doué d’une étonnante facilité et d’un réel sentiment décoratif, il a exécuté une foule de statues dont les contorsions, les gestes déclamatoires, les draperies flottant à tout vent choquent souvent la raison et le goût. Sur le nombre il s’en trouve cependant qui méritent l’attention par des formes élégantes, des mouvements justes, un modelé savoureux des chairs. On l’admirait beaucoup, on l’appelait même en France, à la cour de Louis XIV, où, il est vrai, il n’eut point grand succès.
En peinture, bien des artistes du xvne siècle ont été longtemps considérés comme des maîtres de premier ordre. On en est revenu, sans toutefois méconnaître leur valeur relative. Deux grands partis dominent alors: les éclectiques veulent s’assimiler et combiner les qualités des grands maîtres du xvie siècle; les naturalistes prétendent ne s’inspirer que de la réalité. L’école bolonaise, fondée par Louis Carrache (1 555-1 6 1 9), est le centre de l’éclectisme, le berceau du style académique. On en formule les préceptes, on enseigne comment il faut emprunter à Michel-Ange ses inspirations terribles, au Corrège son style pur, à Raphaël ses belles et symétriques compositions, aux Vénitiens le mouvement et les ombres, etc. Annibal Carrache (i56o-
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1609) en est le meilleur représentant; il est surtout connu par sa décoration mythologique du palais Farnèse, à Rome, qui est, il est vrai, une fort belle œuvre. Guido Reni (Ô74- 1642) poursuit l’élégance, mais est souvent fade (l’Aurore, plafond au palais Rospigliosi, à Rome). Le Dominiquin (1582-1641), plus original et plus fort, ne manque ni d’élévation ni de sentiment, ainsi que le prouvent son tableau de la Communion de saint Jérôme au Vatican et ses fresques
Cl Anderson, Rome.