LES ORTGINES DE L ART GREC
l’art ARCHAÏQUE. 55
Autour des murs rectangulaires qui forment le temple sc
Moulures de couronnement du
Frise couronnée de moulures dccorcc de bas-reliefs
Moulurescouronnant l'architrave
Grande face de l’architrave
Face moyenne
Petite face de l’architrave Abaque ou tailloir en forme de talon
Spirales des volutes séparées par un canal
Œil des volutes
Gorgerin orné de palmettes Astragale
Filet
Petit tore orné de cannelures
Filet
Scotie
Filet
Gros tore
Plinthe
FIG. I 6. — ORDRE IONIQUE DE LÉRECHTHÉlON.
(Portique hexastyle.)
développent des portiques soutenus par des colonnes; de la
L 'ANTIQUITÉ
façade antérieure et postérieure ils rayonnent souvent sur les longs côtés : c’est alors le temple périptère (qui a des ailes autour), dont les colonnades continues rappelaient aux Grecs les ailes de l'oiseau (fig. 22). En avant du temple se dresse le grand autel où brûlent les chairs des victimes; l'édifice lui-méme comprend le pronaos ou vestibule, le naos ou sanctuaire, et presque toujours Vopisthodome (la salle située en arrière), où l’on conserve le trésor de la divinité. Dans les plus beaux temples, une double colonnade, qui supporte un étage supérieur, divise le sanctuaire en trois nefs; au centre, vers le fond, se dresse la statue du dieu ou de la déesse. Au dehors, des tons éclatants, mais employés avec goût, détachent % les lignes de l’édifice ; on sait aujourd’hui dans quelle large mesure les Grecs employaient les couleurs, la polychromie, en architecture et en sculpture. Le temple grec, corn-1 paré à nos églises, est de dimensions restreintes : il n’est en effet que la demeure du dieu, il ne s’ouvre pas à la foule qui vient prier. Les plus anciens temples dont il reste des ruines sont encore lourds et trapus, tel est celui de Corinthe. E11 Sicile, à Syracuse et h Sélinonte, dans le sud de l’Italie, à Pæstum et à Métaponte, dans le temple d'Aphaia à Eginc, et à Athènes, dans celui de Thésée (cette attribution est douteuse), les proportions se dégagent graduellement, la colonne s’élance plus haut, tout en gardant son aspect vigoureux. On l’a dit avec raison : « le temple grec est un être vivant », tout animé de cette harmonie à laquelle les anciens donnaient le nom d 'eurythmie.
Ainsi grandit également la sculpture. Lorsque le Grec a voulu représenter ses dieux, il a commencé par quelque pierre plantée en terre. Puis il s’essaie à indiquer les membres, mais sans les dégager ; ce sont les xoana « aux yeux clos, aux bras pendants et collés au corps », disait un écrivain ancien. Quelques-unes de ces vieilles images qu’on peignait, qu’on revêtait d’étoffes, étaient encore longtemps après l’objet de la vénération; ainsi l’Athéna en bois qui était conservée à Athènes dans l’Erechthéion. Le jour où un artiste plus audacieux brisa cette sorte de gaine et détacha les membres, on en fit un personnage légendaire. « Dédale, écrit l’historien Diodore de Sicile,
LES ORIGINES DE L’ART GREC, L’ART ARCHAÏQUE. 5y
fut tellement supérieur à tous les autres hommes qu’on inventa ‘sur lui 'des fables merveilleuses. Les statues qu’il avait faites étaient, disait-on, semblables à des êtres vivants; elles voyaient, elles marchaient... C’est lui qui le premier, leur ouvrit les yeux, leur délia les jambes et les bras. » Des lors, rien n’est intéressant comme de voir Part qui s’anime et, par l’observation de la nature, arrive en quelques générations à des œuvres admirables.
S’il est impossibled’en suivre ici tous les progrès, du moins quelques comparaisons en indiqueront le caractère. A la fin du vu® siècle ou au commencement du vi*, dans les métopes de Séli monte, l’artiste, s’il veut rendre le mouvement et la forme, ignore encore toute proportion (fig. 17).
Au contraire, dans lesfrontonsd’Egine (muséedeMunich), qui datent de 470 environ avant Jésus-Christ, l'art est déjà complet : l’artiste sait grouper les personnages dans de vastes compositions (Hercule et ses compagnons combattant le roi de Troie, Laomédon; les Grecs et les Troyens se disputant Ie C0.rPs Patrocle)> il rend les formes du corps avec une fidélité et une vigueur qu’on ne saurait guère dépasser; seules les têtes, copiées sur un même modèle, paraissent étrangères à l’action (fig. 21). 11 semble que, pour atteindre à la perfection, on n’attende plus que l’intelligence supé-,
Cl. Brogi, Florence.