‹ Précis d'histoire de l'artChapitre 15 sur 177 · FIG. 17. — PERSÉE TUANT LA GORGONE · texte numérisé non relu

FIG. 17. — PERSÉE TUANT LA GORGONE

(Metope de Sélinonte.)

l’antiquité.

rieure qui saura combiner harmonieusement les qualités

des diverses écoles.

Dans ces dernières années les fouilles de Délos, de l’Acropole d'Athènes, de Delphes ont éclairé d’une lumière toute nouvelle cette évolution de la

- sculpture grecque. Dé-

! los était l’île sainte

5 d’Apollon. « Là s’as-

semblent, dit un hymne

4 ancien, lesloniensaux

•ï longs vêtements, avec

ij leurs enfants et leurs

3 pudiques épouses; ils

- luttent, dansent et

- chantent en mémoire

a d’Apollon. Qui les ver-

2 rait alors les dirait im-

o mortels et insensibles

<- à la vieillesse, tant il

verrait partout lagrâce

5 ettrouveraitdecharme

3 à contempler les hommes, les femmes à la

“ belle ceinture, lesvais-

û seaux rapides et les ri-

^ chesses de tout genre. »

Dans des fouilles entreprises à partir de 1 877 par M. Homolle, la ville sainte a été remise au jour, et de ses ruines sont sorties des ligures defemmes, de type féminin, qui permettent de suivre les progrès rapides de la sculpture. La plus ancienne, qui date du vu* siècle, procède encore

LPS ORIGINES DE L’ART GREC, L’ART ARCHAÏQUE. 5g

des xoana; c’est une gaine aplatie où les formes du corps ne sont que sommairement ébauchées. Puis, peu à peu, dans celles qui suivent les formes se dégagent, le modelé se précise, les draperies s’assouplissent, le mouvement apparaît, l’œuvre devient vivante et élégante.

A Athènes, depuis 1886, on a déblayé les ruines accumulées par les Perses lorsque, maîtres de la ville, ils dévastèrent les monuments élevés sur l’Acropole par les Pisistratides (480); et alors, entre autres œuvres, ont reparu à la lumière des débris de frontons de temples et de merveilleuses statues de femmes, toutéclatantes encore des vives couleurs dont les avaient animées les artistes. Plusieurs d’entre elles présentent un modelé d’une justesse irréprochable, le corps ferme et souple vit sous les étroites draperies qui l’enserrent, la physionomie, qui .sourit mystérieusement, est d’une expression si intense que, quand on la fixe quelques instants, il semble qu’on la voie s’animer (fig. 19). D’âges et de types divers, mortelles ou déesses, maintenant groupées dans une même salle du musée de l’Acropole, elles forment comme un chœur incomparable de grâce et de beauté.

Les fouilles de Delphes, conduites par l’école d’Athènes, sous la direction de M. Homolle, de 1897 jusqu’en 1902, ont été plus fructueuses encore. On en peut juger assez bien par les moulages qui ont été placés en haut du grand escalier du Louvre. Consacrée comme Délos à Apollon, Delphes fut, plus que Délos encore, le grand centre religieux, et, dans une certaine mesure, le centre politique de la Grèce. Ses

Cliché Rhomaïdès, Athènes.

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