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ne. 208. — CARPEAUX. — LA DANSE (Façade de l'Opéra 1
l'art depuis 178g.
qui représente le Départ pour la guerre. Quelques guerriers marchent à grands pas, emportés par un mouvement superbe; l’un d’eux, dans la force de l’âge, à la physionomie ardente et virile, entraîne un jeune homme, presque un enfant, auquel il semble parler de la patrie qui l’appelle; celui-ci, serrant son glaive, relève sa tête tout illuminée d’enthousiasme et d’espérance juvénile. Au-dessus plane la figure de la Guerre, aux traits convulsés, d’une horreur tragique; elle pousse le furieux chant de combat. Tout un faisceau d’armes, de drapeaux aux longs plis forme le fond de la composition. Jamais l’art n’a exprimé avec plus de grandeur ni de sincérité le dévouement à la patrie, et c’est l’âme même de la France qui palpite dans cette œuvre de génie. Quant h Préault, le plus romantique des sculpteurs, épris de passion, l’exécution est chez lui trop inférieure à l’imagination.
Carpeaux (1827-1875), né à Valenciennes, appartient aussi à la famille des maîtres énergiques et sincères. Élève de Rude, prix de Rome en i85q, il veut contraindre le marbre à rendre toutes les fougues du mouvement. Nulle part son talent ne s’est affirmé avec plus de franchise que dans son groupe de la Danse (fig. 208) pour le nouvel Opéra. Si les puristes se sont effarouchés de l’allure et des formes des bacchantes qu’il entraîne en ronde autour d’Apollon, cette sculpture débordante de vie et de passion force l’admiration. Parmi ses plus belles œuvres, il faut citer encore son groupe de Flore (Louvre), et sa fontaine de la place de l’Observatoire qui représente les Quatre parties du monde soutenant le globe.
Barye (1795-1875), bien qu’il ait traité plus d’une fois avec talent la figure humaine, est avant tout un animalier. Nul, on peut le dire, n’a rendu avec plus d’énergie et de vérité les types des grands fauves, le lion, le tigre.
Tous les artistes qu’on viçnt de nommer ont des traits communs: tous ont un talent vigoureux jusqu’à l’outrance; tous, rompant avec les conventions du beau académique, sont tourmentés par la passion de la réalité; ils violentent en quelque sorte le marbre et le bronze pour le faire vivre. Mais l école française compte aussi des sculpteurs d’un talent plus harmonieux, d’un goût plus doux et plus délicat.
l’art français au xix‘ siècle.
Tel a été Chapu (mort en 1891), dont la Jeanne d'Arc: la Jeunesse , pour le monument d’Henri Régnault (tig. 209), sont des chefs-d’œuvre de simplicité et de grâce.
L’architecturf.. —
De tous les arts, l’architecture, il faut l’avouer, est celui qui, au siècle dernier, a su le moins s’incarner dans des formes originales. Jamais peutêtre les architectes n’ont été plus savants, plus curieux de nouveautés ; mais, de tous les monuments importants qui se sont élevés de nos jours, il serait difficile de dégager un type qu’on puisse considérer comme le propre de l’architecture du xix* siècle. On s’est inspiré à la fois de la Grèce, de Rome, du moyen âge, de la Renaissance, de l'Orient; on a tenté, dans l’ornementation comme dans la construction, les combinaisons les plus ingénieuses et les plus imprévues; mais rien n’a été inventé qui caractérise notre école, comme les ordres, l’architecture grecque, la croisée d’ogives et l’arc-boutant, l’architecture