‹ Précis d'histoire de l'artChapitre 160 sur 177 · PU VIS DF CH A VANNES. - SAINTE GENEVIÈVE · texte numérisé non relu

PU VIS DF CH A VANNES. - SAINTE GENEVIÈVE

marquée du sceau divin (Panthéon.)

4I'2 l’art depuis 1789.

à la grande famille des artistes des e'poques antérieures. Pour prendre un exemple, le portrait qui, chez les romantiques, n’occupait qu’une place secondaire, est une des forces ^et une des gloires de notre école contemporaine. En tête, se place Bonnat qui, avec tant de vigueur sévère, tant de pénétration, a reproduit les traits des hommes politiques, des savants, des littérateurs de notre temps (fig. 210). Bien ditférent de lui, Carolus Duran est un portraitiste somptueux, qui excelle dans les portraits de femmes, habile aux beaux jeux des étoffes qui chatoient, aux colorations riches et chaudes. Fantin-Latour (1 836-1904), dans ses plus belles œuvres, groupe autour d’une table, d’un chevalet, des littérateurs, des artistes, animés d’une même-pensée, d’un même sentiment ( l'hommage à Delacroix, l'Atelier des Batignolles, Luxembourg), ou bien encore les membres d’une famille calmes et recueillis dans la paix de la vie domestique. Ses portraits sont de nobles et graves compositions dont le coloris est en quelque sorte d’une chaleur contenue. Que d’autres à nommer: Aimé Morot, Paul Dubois, Benjamin Constant, Humbert, Ferrier, Lefebvre, Machard, Weerts, etc. !

L’idéalisme conserve ses fidèles : Hébert, dans sa verte vieillesse, continue à donner à ses figures le charme mélancolique et mystérieux qui fit le succès de la Malaria; Henner (1829- 1 905), n’a guère traité qu’un sujet, mais il l’a traité avec un grand charme : la beauté de la chair laiteuse dans l’ombre d’un paysage crépusculaire (fig. 21 1). Gérôme (1824 1904) a été un dessinateur précis, habile à traduire tantôt l’histoire, tantôt l’Orient en scènes anecdotiques qui plaisent à la curiosité du public. Tissot a voulu renouveler l’art religieux en séjournant en Palestine et en s’efforçant, avec une excessive précision, de replacer les scènes de la vie du Christ dans leur milieu réel. Mais il y a plus de poésie dans les grandes compositions où Dagnan-Bouveret a traité, après Léonard de Vinci, après Rembrandt, la Cène et les Pèlerins d'Emmaiis. Bouguereau (1825-1905) s’est constitué le conservateur officiel des mythologies, des allégories, des tableaux de piété.

La peinture décorative et historique. — La peinture décorative et historique s’est renouvelée: la décoration de grands édifices, tels que le Panthéon, la Sorbonne, l’Hôtel

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de Ville, la grande salle du Capitole de Toulouse, etc., lui a fourni un champ d’action. Un artisted’un très noble génie, Pùvis de Chavannes (1824-1898), y a fort contribué. 11 a su,

fig. 2i3. — manet. — le bon bock. — (Collection J. -B. Faure.)

dans de vastes compositions, d'une harmonie grave et sereine, d'une simplification voulue, grouper des figures aux attitudes expressives. Certaines sont de véritables poèmes philosophiques, mais bien différentes des anciennes allégo-

i.’art depuis 1789.

ries, car l'idée y prend corps et devient vivante sans artifices conventionnels. Les tons même, volontairement restreints et discrets, sont ceux qui conviennent à ht peinture murale (la Vie de sainte Geneviève , au Panthéon (fig. 2 1 2), peintures de l’amphithéâtre de la Sorbonne, des musées d’Amiens, de Lyon, de Marseille, de Rouen, de l’Hôtel de Ville de Paris, etc.).

Jean-Paul Laurens ( Mort de sainte Geneviève , au Panthéon; peintures à l’Hôtel de Ville de Paris, décoration de la grande salle du Capitole de Toulouse) montre un talent loyal et sincère dans l’interprétation de l’histoire. Cormon, dans ses peintures du Muséum, a restitué avec vigueur et poésie la jeunesse de l'humanité barbare. Merson applique à la reconstitution du passé une ingéniosité élégante et un sentiment très juste et très fin des époques artistiques antérieures (peintures de l’Opéra-Comique). Flameng a le goût des compositions pittoresques, tandis que Détaillé a recueilli l'héritage des peintres militaires (le Rêve, la Reddition d'Huningue, au Luxembourg). Nos artistes comprennent que, dans une société démocratique, les labeurs de la classe ouvrière peuvent, aussi bien que l’histoire, foürnir matière à la grande peinture : dans cet ordre d’idées, les Saisons . le Travail . d’Henri Martin, le Retour de la mine de Jean-Paul Laurens, aux Salons de 1903 et 1904, doivent être signalés.

Le paysage. — Harpignies, Français, Émile Michel ont continué de nos jours les traditions de l’école de Barbizon. Cazin, mort récemment, a su donner aux humbles et mornes paysages du Nord une poésie mélancolique; nul n’a mieux rendu que lui la tristesse qui s’y répand à l’heure où s’étend le crépuscule et où tout s’estompe dans la nuit. Billotte reproduit la banlieue parisienne dans le deuil des jours d’automne et d’hiver. Tattegrain est le peintre des mers du Nord, brumeuses et menaçantes, tandis que Montenard et Olive font vibrer dans toute leur intensité joyeuse le ciel ardent du Midi, les flots bleus de la Méditerranée et les routes poudreuses de la Provence. L’Orient conserve ses fidèles, Benjamin Constant, Clairin, Dinet, Buffet, et Ziem continue à célébrer par ses vives couleurs les splendeurs de Venise. En province, à Lyon, a travaillé une école de peintres (Grobon, Chenu, Seignemartin, Vernay) vraiment

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dlb

416 l’art DEPUIS 178c).

originale par sa fidélité au terroir. Les paysages ou Car-

ru; 2 1?. — DF.ÜAS. — DANSEUSE-ÉTOILE.

(Musée du Luxembourg.)

rand a reproduit avec une sincérité délicate et juste les aspects de la campagne lyonnaise, les chaudes aquarelles de

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Ravier, d’une si larçe facture, sont des œuvres de maîtres.

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