jiraucuni
Fie. 29.
(D'après Polycléte, musée de Naples.)
l'art grf.c au temps de périclès.
Victoires sculptées sur la balustrade du temple d’Athéna Nike, si ravissantes qu’elles soient, témoignent cependant d’un goût déjà moins pur : çà et là on y sent la recherche, et la grâce n’y est plus aussi naturelle (rig. 28).
L’action de Phidias et de son école ne s'exerçait pas seulement à Athènes; le maître était partout connu, et, quand les Eléens voulurent achever la décoration du nouveau temple deZeus à ülympie, ils s’adressèrent à lui et à ses disciples. Phidias se chargea de la statue du dieu en oret en ivoire, et le type qu’il lui donna fut considérécommeun modèlede beautéet denoblesse. Surle fronton oriental était représenté Pélops se préparant à lutter contreŒnomaos dans la course de chars qui lui assura le pouvoir; surle fronton occidental le combat des -Centaures et des Lapithes. Pausanias, dès l’antiquité, attribuait à tort ces frontons à Pæonios et à Alcamenes ; ils sont d’ailleurs antérieurs au Parthénon, et, parendroits, d'une facture gauche et lourde. Les métopes, qui représentent les travaux d’Hercule et dont deux se trouvent au Louvre, sont bien plus belles (tig. 32).
Ungrand nombre de débris de ces diverses compositions ont été retrouvés dans les fouilles qui ont eu lieu à Olympie. Pæonios, dont on a exhumé en outre au même endroit une Victoire (tig. 3o),est un sculpteur énergique et plein de mouvement. D’autres œuvres restent anonymes comme cette colonne trouvée à Delphes ou, autour de feuilles d’acanthe, le sculpteur, peut-être Cal 1 i maqüe, auquel on attribue l’invention du chapiteau corinthien, a groupé trois danseuse^ élégantes et souples (tig. 33).
Myron et Polyclète. — L’exemple de Pæonios montre
Cliché Rhomaïdès, Athènes.
FIG. 3o. NI K F DE P.EONIOS. (Olympio.)
l’antiquité.
que, quelle que fût la supériorité de Phidias, toute l’histoire de la sculpture grecque au ve siècle ne se résume pas en lui. Parmi ceux qui s’en distinguent, deux surtout sont connus, Myron et Polyclète, dont la période d’activité se place vers le milieu et dans la seconde moitié du ve siècle. Myron avait sculpté, entre autres œuvres, un Discobole (joueur de disque) où les anciens louaient l’énergie du mouvement et l’exactitude du modelé; des copies nous en sont parvenues. On lui attribue quelquefois, mais sans preuve, les métopes du temple de Thésée à Athènes qui existent encore. Polyclète n’avait point les vastes conceptions ni la beauté d’expression de Phidias; mais, inférieur par le génie, il l’emportait presque par la science de l’exécution, et les anciens déclaraient que « personne ne l’égalait pour la finesse des détails ». Il se restreignait volontiers à des figures isolées dont il choisissait les modèles exclusivement dans la jeunesse, à cet âge où le corps formé présente un parfait équilibre. Les attitudes qu’il reproduisait répondaient moins à des sentiments de lame qu’au désir de faire valoir l’harmoniephysique de l’être humain. Aussi avait-il écrit sur les proportions du corps humain; le canon de Polyclète devint en quelque sorte classique, et ses statues, conformes aux préceptes qu’il exposait, furent considérées comme autant de types d’études, surtout le Doryphore (porte-lance, fig. 29), le Diadumène (athlète qui se couronne d’une bandelette), les Amazones, dont il nous reste d’assez bonnes copies. L'Héra (Junon), qu’il avait exécutée pour un temple d’Argos, était réputée son chef-d’œuvre.
A côté de ces grands maîtres, combien d’autres dont les noms seuls sont connus ! Combien d’œuvres aussi dont
Cl. Khoinaiaes, Amènes. FIG. 3 I. — TÊTE DE JEUNE FILI.S (Fronton occidental d'Olympie.)
l’art grec au temps de périclès.
on ignore les auteurs ! A cette heureuse époque, l’excellence de la sculpture ne se manifestait point seulement dans les grandes œuvres destinées à la décoration des monuments publics, elle se montrait encore dans celles qui n’avaient qu’une moindre importance et un caractère privé. C’était depuis longtemps un usage répandu en Grèce de