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CHAPITRE PREMIER

LES ORIGINES DE l’aRT CHRETIEN

Sommaire. — Avec le christianisme apparaît un art nouveau qui se dégage peu à peu de l’art antique. 11 se manifeste d’abord dans les peintures aes catacombes, surtout à Rome, œuvres très simples, d’un sens souvent symbolique, d’une exécution médiocre. Les sujets sont empruntés aux Livres saints; le bon Pasteur y est le symbole préféré du Christ. Les œuvres de sculpture y sont rares; ce sont des sarcophages dont les basreliefs offrent les mêmes données.

Après Constantin l’aft chrétien se développe. Dès le ive siècle s’élèvent nombreuses les églises ou basiliques précédées d’une cour ou atrium et divisées en trois nefs. On les décore de peinturesd’uncaractère plus historique ; on veut présenter aux fidèles les traits soi-disant réels du Christ, de la Vierge, des Apôtres. Mais, en Occident, les artistes deviennent de plus en plus gauches, la décadence de tous les arts s’aggrave de siècle en siècle.

Le christianisme et les arts. — La société chrétienne a grandi au sein delà société antique en décadence. Proscrite par les lois romaines, souvent frappée par de cruelles persécutions, la religion nouvelle étend cependant son action

LE MOYEN AGE

à toutes les parties de l’empire; elle multiplie ses communautés et entreprend à son tour la conquête du monde. Il semble que, pendant les trois premiers siècles de son existence, le christianisme, absorbé par les épreuves et les luttes, n’ait guère pu songer aux arts. En outre, le judaïsme auquel il se rattache prohibe la représentation des êtres animés; «aint Paul, visitant Athènes, est rempli d’indignation à la vue des statues qui peuplent la ville. Plus tard, parmi les Pères de l'Eglise, ceux même qui ont reçu toute la culture hellénique ne considèrent les chefs-d’œuvre anciens que comme des objets d’idolâtrie, et Clément d’Alexandrie, par exemple, parle avec mépris de Phidias lui-même. L’art se constitue cependant, car le sentiment populaire lui est favorable et veut incarner sous des formes sensibles ses idées et ses croyances.

L’akchitecture des catacombes. — Dans les intervalles dés persécutions, les chrétiens ont élevé des églises à la surface du sol ; mais elles ont disparu, et c’est dans les nécropoles souterraines ou catacombes qu’il faut étudier lesmonuments de leur art primitif. On en a signalé sur divers points de l'empire. Celles de Rome sont les mieux connues, grâce à leur importance et au soin avec lequel elles ont été explorées; les travaux de de Rossi notamment ont fait faire de nos jours à l’archéologie chrétienne d’immenses progrès. Les catacombes, situées en dehors de la ville, étendent de tous côtés sous le sol leurs galeries superposées en plusieurs étages : les chrétiens ne les ont point creusées clandestinement, comme on se l’imaginait autrefois ; les nécropoles chrétiennes eurent d’abord leur entrée ouverte au grand jour et bénéficièrent de la protection des lois romaines relatives au respect des tombes; au point de vue funéraire, ce n'est que par exception que les chrétiens ont été exclus du droit commun. Les catacombes les plus célèbres sont celles de Calliste, de Domitille, de Prétextât, de Prisci lie. Les tombes qui y sont creusées tantôt ont la forme de gaines (loculi), tantôt sont surmontées d’une arcade aveugle | arcosolia ) : les loculi se rencontrent surtout dans les couloirs, les arcosolia dans les chambres rectangulaires (cubicula). Ces formes rappellent celles qu’on trouve dans les nécropoles d'Orient, en Syrie, en Grèce, etc.

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