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LES ORIGINES DE L ART CHRÉTIEN

D’ailleurs elle paraît avoir été mal vue de l’Église qui la considérait comme l’art idolâtrique par excellence Quelques statues ou statuettes du bon Pasteur sont des exceptions; en général, on se contentait de bas-reliefs sculptés sur les sarcophages. Encore les monuments de ce genre sont-ils rares pendant les trois premiers siècles; ils se multiplient au iv9 et au ve siècle, et les sujets qu’on y retrace sont souvent ces mêmes scènes des livres saints q u’avaient choisies auparavant les peintres. Sur une même face de sarcophage les épisodes se succèdent, parfois répartis en deux étages, sans aucun ordre chronologique. Le musée de Latran à Rome et le musée d’Arles en France contiennent de riches séries de ces sarcophages(fig.56).

Transformation

DE L’ART CHRÉTIEN AU IVe SIÈCLE. La

basilique. — Au commencement du iv9 siècle, la situation nouvelle que Constantin assura au christianisme modifia les destinées de l’art comme celles de la société. Désormais le culte s’exerça partout en plein jour, dans de vastes édifices. Les églises ou basiliques, par leurs dispositions, rappelaient à la fois les basiliques profanes, les maisons des Romains et l’architecture des catacombes. Après avoir

(Vue intérieure.)

Sous cette forme l’église est beaucoup plus récente, mais elle donne la physionomie d'une basilique chrétienne du vc siècle

LE MOYEN AGE

franchi un premier portique, on pénétrait dans une cour, atrium à ciel ouvert, bordée de portiques sur les quatre côtés. Un vestibule, parfois double, le nartliex, faisait communiquée l 'atrium avec l’église même, qu’une double colonnade divisait entrois nefs. Celle de droite était réservée aux hommes, celle de gauche aux femmes ; la nef centrale était en grande partie destinée au clergé, que des balustrades séparaient des fidèles. Deux ambons ou chaires étaient destinés à la lecture de l’évangile et de l’épître; derrière l’autel, de dimensions encore restreintes, au fond de l’abside, était le siège souvent en pierre, la cathedra, de l’officiant. L’église était recouverte d’un plafond que surmontait un toit à double pente. Tout près était généralement placé le baptistère, édifice de forme circulaire ou polygonale. Tel est le type, modifié de siècle en siècle, dont on retrouve encore les traces jusque dans nos églises modernes. C’est en Syrie, en Afrique, en Italie que s’en retrouvent les plus anciens modèles.

Décoration des basiliques. — Pour décorer ces grands édifices, les humbles peintures des catacombes ne pouvaient suffire. Les sentiments qu’elles exprimaient ne répondaient plus d’ailleurs à la situation de la nouvelle société chrétienne; rattaché plus étroitement à la terre, transformé en puissance politique, le christianisme, dans ses arts, devait faire une part plus large à l’élément historique, et en même temps s’attacher à exprimer les idées de grandeur et de domination. Ces tendances se manifestent partout. On veut connaître les traits du Christ, de la Vierge, des Apôtres, et, si les documents authentiques manquent, on en invente, on crée des types qui, en se propageant, acquièrent en quelque sorte un caractère officiel. On se plaira bientôt à représenter le Christ, non plus sous les humbles traits du bon Pasteur, mais comme un monarque oriental, assis sur le trône, entouré d’une cour d’anges. D’autre part, aux sujets traités et groupés d’après des conceptions symboliques on substitue des séries historiques de l'Ancien et du Nouveau Testament, et, plus tard, en reproduisant des scènes de martyre, on glorifie le passé de l’Eglise.

Ainsi, au ive siècle, tandis que les peintres des catacombes et les sculpteurs de sarcophages restaient encore

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