LA DÉESSE LAKMI
LE MOYEN AGE
et à l’époque byzantine, jusqu’au vu' siècle après Jésus- Christ *.
Diffusion dk l’art hindou. — La religion brahmanique se répandit dans les contrées voisines; de son côté, le bouddhisme, à peu près chassé de l’Inde, conquit la plus grande partie de l’Extrême-Orient. L’art hindou suivit les destinées de ses dieux et sema ses œuvres dans tous les pays environnants. Ainsi dans l’Indo-Chine, au Cambodge, il a contribué à former cet art klyner que de récentes explorations françaises ont fait connaître. Les temples et les édifices d’Angkor et des cités de cette région, où il s’étale dans toute son exubérante richesse, doivent se placer probablement du iv1' au xii* siècle de notre ère.
Dans ces constructions gigantesques, où se multiplient les pyramides à étages, la construction disparaît pai endroits sous la profusion des sculptures et des ornements. Si étranges que nous semblent ces monuments, si contraires qu’ils soient à nos conceptions et à notre goût, il s’en dégage une impression imposante.
La Chine. — La Chine et le Japon sont, par excellence, les pays d’adoption du bouddhisme; mais l’histoire de l’art chinois est encore à faire. Si l’on excepte les vases de bronze, quelques-uns antérieurs à l’ère chrétienne, et certaines pièces de porcelaine à décor (à partir du xiv” siècle de notre ère), ce que nous en connaissons paraît en général récent (trois ou quatre siècles). Il ne s’ensuit pas que, auparavant, l’art chinois n’existât pas encore, ni qu’on ne puisse arriver plus tard à en déterminer les monuments.
Les œuvres de l’architecture chinoise ne sont pas antérieures au xiie siècle, ce sont en effet des constructions en brique et en bois, qui disparaissent souvent sans laisser de traces. Dans celles qui subsistent, dans les édifices mêmes de notre temps, les toits recourbés aux extrémités paraissent un lointain souvenir de la tente nomade. Si haut qu’on puisse remonter, la construction chinoise n’a point varié d’aspect. Les formes en sont d’ailleurs monotones et pau-
i. Sur l’art grec et la sculpture hindoue, voir notamment Foucher, Sculptures gréco-bouddhiques, monuments Piot, publiés par l’Académie des inscriptions, 1900; l'Art gréco-bouddhique du Gandhdra. 1905.
l’art japonais.
vres, mais les architectes semblent avoiç cherché à masquer cette pauvreté sous la profusion delà décoration sculptée ou
peinte.
La peinture a été cultivée en Chine dès une haute antiquité. Les peintres chinois étaient célèbres au moyen âge. Au x* siècle, le Persan Macoudi fait leur éloge. Au xiv' siècle, le voyageur Ibn-Batoutah écrit : « Pour ce qui regarde la peinture, aucune nation, chrétienne ou autre, ne peut rivaliser avec les Chinois. »
Pour ces époques anciennes nous avons des noms d’artistes, des renseignements écrits, nous ne corfnaissons guère les œuvres. Dès ces temps, les paysages, les fleurs, les animaux, les oiseaux étaient les sujets les plus en faveur : dans les œuvres postérieures que nous pouvons apprécier, la peinture chinoise, quand elle traite ces données, a des qualités de finesse et de vérité. Au contraire, dès qu’elle aborde la figure humaine, elle est conventionnelle, elle ignore l’anatomie du corps, ne peut en rendre latorme ni le modelé.
C’est surtout dans les arts industriels, ivoires, bronzes, émaux, laques, céramique, pierres dures, comme le jade, que les Chinois ont excellé. Ils y ont fait preuve d’élégance, d’un sentiment délicat des formes et des tons. Ce sont eux qui, vers le début de notre ère, ont inventé la porcelaine, et qui en ont tiré des œuvres merveilleuses qu’on n’a jamais dépassées, ni pour l’habileté technique, ni pour la variété et la richesse des décors et des couleurs. Les céramistes chinois ont poursuivi ingénieusement les nuances les plus délicates, comme « la teinte azurée du ciel, après la pluie, telle qu’elle apparaît dans les intervalles des nuages ». Sur ce point, du moins, les notions sont précises, les périodes de l’histoire de la porcelaine chinoise sont Axées, les œuvres en sont classées.
Le Japon. — L’histoire de l’art japonais a été, dans ces dernières années, éclairée d’une lumière nouvelle. Si les origines de la race et de la civilisation japonaises sont encore obscures, on sait avec précision que ce fut au vi' siècle après Jésus-Christ que les Japonais reçurent de la Corée le bouddhisme et en même temps l’art hindou, auquel se mêlèrent dans la suite des éléments chinois et persans. Mais ce peuple spirituel et vif, établi dans un pays pittoresque et fer-
LE MOYEN AGE
FIG. 71. — PORTE PRINCIPALE DU GRAND TEMPLE DE NIKKÜ SCULPTÉE PAR ZINGORO.
tile, transforma rapidement ce qui lui vint du dehors et.
(xvue siècle )
si l’art japonais est apparenté aux autres arts de l’Orient.