L ART HINDOU
pierre se retrouve la trace d’une architecture en bois antérieure. Le bouddhisme offre ses Stiïpa^Topes destinées aux reliques de Bouddha et des saints bouddhiques: les plus belles sont des pyramides à étages, couronnées par des terrasses, entourées de colonnes isolées et d’enceintes ou s’ ouvrent de grands portails. Les Sangharama (couvents) et les Viharas (temples), qui les avoisinent, sont souvent de vastes salles creusées dans le roc et soutenues par des colonnes. La décoration en est fort riche : telles sont celles de Karli (ive ou v* sièce ap. J. -G.), de l’île Salsette (parties anciennes du v* siècle). A son tour, le brahmanisme s’attaqua aux montagnes et les déchiqueta à plaisir. Les sanctuaires d’Ellora et d’Éléphanta (probablement du xi* ou du xiie siècle) offrent de curieux exemples de cette étrange architecture. L’art hindou aaussi construit des Pagodes ou temples avec de vastes enceintes, des cours, des avenues, des salles, plusieurs sanctuaires, comme celles de Chillambrun, de Jaggernaut (xii'siècle), de Mahamalaipur (xvie siècle), de Tiruvalur. Pour la plupart des monuments de l’Inde, il est difficile de fixer des dates certaines : on a dû y travailler à diverses époques et pendant plusieurs siècles. Dans ces œuvres dominent les memes caractères : les lignes se mêlent et s’enchevêtrent, l’ornementation s'étend partout; le sentiment de la simplicité, des ordonnances logiques et claires en est absent (fîg. 68). L’architecture avait cependant ses règles consignées dans de longs traités.
La sculpture hindoue. — La sculpture a prodigué dans ces monuments les statues et les bas-reliefs. Ici ce sont les '
LE MOYEN AGE
Bouddhas majestueux et calmes, absorbés dans leur rêve infini et dans la paix du Nirvana; là se déroulent les scènes de la mythologie touffue du brahmanisme, les aventures de Brahma, de Vischnou, de Civa et de leurs compagnons, dieux aux formes étranges, aux bras et aux jambes multiples, et qui parfois associent à la forme humaine les formes animales. Peu d’entente de la composition, et, plus le sujet est dramatique, plus la confusion est grande. Bien des figures onteependant une certaine grâce voluptueuse, bien que maniérée et contournée (fig. 69); mais ie style, le modelé, sont le plus souvent mous, sans accent, les têtes manquent d'expression personnelle.
Les peintures murales sont assez rares; par contre, la miniature a été fort cultivée dans les derniers siècles, mais ici les artistes de l’Inde n’ont fait qu’imiter les œuvres persanes.
Caractères généraux de l’art hindou. — Si riche et si brillant dans ses caprices que soit l’art hindou, les qualités lui manquent qui font les œuvres fortes et vraiment belles. Partout s’y manifeste la même intempérance qu’en littérature : l’imagination hindoue ignore la mesure, elle se répand en créations souvent pleines d’un charme étrange, souvent aussi désordonnées et monstrueuses ; les figures et les ornements se multiplient dans leurs édifices avec la même profusion monotone que les comparaisons et les métaphores dans leurs poèmes. Cependant, si particulier que paraisse l’art hindou, on y découvre çà et là des influences occidentales. Certains traits rappellent la Perse, l’Assyrie et même l’Egypte et la Grèce. C’est qu’en effet, à la suite des conquêtes d’Alexandre, des dynasties grecques s’établirent en Bactriane. Dans le nord-ouest de l’Inde, notamment dans le Gandhâra, le style des sculptures atteste cette influence étrangère qui se continua, à l’époque romaine