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FIC. 9O. — NOTRE-DAME DE PARIS

(Vue latérale.)

rieurs; il faut y joindre l'emploi des arcs-boutants qui placés à l’extérieur des édifices, exhaussés sur les contreforts, reçoivent la poussée de la voûte centrale (fig. 87). Grâce à cette combinaison et au développement des contreforts, les architectes peuvent donner aux voûtes centrales plus d’élévation et d’ampleur, diminuer l’épaisseur des murs, les percer de larges ouvertures, les supprimer presque. Dès lors tout l’aspect de l’édifice change : l'église romane est souvent lourde et basse, l’église gothique s’élance hardiment dans

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les airs et s’emplit d’une lumière que colorent les vitraux peints. *

Origine française de l’art nouveau. — Tous ces progrès ne se sont accomplis que peu à peu, et il existe des édifices de transition où les combinaisons nouvelles se mêlent aux traditions romanes. L’architecture française n’apparaît entièrement constituée qu’à partir du milieu du xne siècle. Pendant longtemps l’Angleterre, l’Allemagne, la France se sont disputé l’honneur de son invention. Aujourd’hui il est bien établi qu’elle est née, au cours de la première moitié du xne siècle, dans l’Ile-de-France et la région environnante; on en surprend l’élaboration dans des églises de la vallée inférieure de l’Oise, à Morienval, à Bellefontaine, dans des églises picardes construites vers 1120. La reconstruction de l’église abbatiale de Saint-Denis (1 137-1144), par les soins de Suger, en marque pour ainsi dire l’avènement définitif. Au xmc siècle, l’art nouveau atteint à son apogée; de cette époque datent les plus belles cathédrales : celle de Paris, commencée dès 11 63, d’Amiens, de Reims (sauf la façade, qui est postérieure), de Chartres, etc. De la France centrale, dès le xn" siècle, l’architecture gothique se répand dans les autres provinces, et chez les peuples voisins, où nos artistes vont la porter et où on l’appelle l'architecture française (opus francigenum).

La cathédrale. — La cathédrale en est l’expression la plus parfaite. Aussi est-il nécessaire d’en donner ici une description générale, qui, selon les édifices, peut présenter bien des variantes1. La façade principale, simple et nue dans l'ancienne basilique, déjà riche à l’époque romane, offre alors un immense développement et une splendide décoration. A l’étage inférieur, ies trois portes sont profondes, disposées en portails, de façon à offrir comme une sorte d’auvent aux fidèles qui se pressent à l’entrée. Là, sur les côtés, se dressent des statues, des sculptures ornent les ' voussures, de vastes compositions se déroulent sur les

1. La cathédrale d’Amiens, la plus vaste de France, mesure 143 mètres de longueur hors œuvre, 65 m. 25 de largeur au transept. La hauteur du pave au faite du grand comble est de 56 m. 5o, du pavé à l’extrémité de la flèche de 1 10 m. g5. Le plan couvre environ 8000 mètres carrés. J’emprunte ces chiffres au livre de M. Gonse.

l'art français ou ART GOTHIQUE. 181 t\ mpans. A 1 étage supérieur, s’ouvrent de vastes fenêtres

et surtout ia rose, qui atteint lusqu’à i5 ou 18 mètres de

(Restitution graphique d'après le dessin d'Ed. Corroyer.)

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diamètre; entre les découpures de pierre qui en divisent la % surface s’insèrent des vitraux h travers lesquels la lumière pénètre pour se répandre, chaude et colorée, dans la grande net. Des galeries séparent les différents étages de la façade et par la en accusent les divisions et en animent l’aspect; sous les arcades qui les forment sont souvent placées des statues. Enfin tout en haut se dressent des clochers, percés d'ouvertures nombreuses, couronnés par de sveltes pyramides, les flèches, qui s'élancent dans l’air à des hauteurs vertigineuses. Si l’on fait le tour delà cathédrale, aux extrémités du transept, la série des arcs-boutants et des contreforts, décorés d’élégants pinacles ou clochetons à leur sommet, s’interrompt pour faire place aux façades des portails latéraux

Pénétrons à l’intérieur : ce qui frappe d’abord, c’est l’originalité des voûtes nouvelles, si audacieuses dans leur essor (à Chartres, à Reims, 38 mètres; à Amiens, q3 mètres; à Beauvais, 48), mais si sagement combinées dan s leur construction. Les supports sont robustes, mais point lourds d’aspect, gràceaux colonnettes qui, en général, les enveloppent, puis plus haut se transforment en nervures et relient les arcs des voûtes à leurs supports. Au milieu de l’infinie variété des détails, tout est logique et symétrique, tout est réglé avec ordre, comme dans un immense atelier, plein d’animation, mais où rien n’est confus et où, malgré la . diversité des mouvements, on saisit sans peine le principe qui préside à la direction du travail. Au rez-de-chaussée, entre les piliers, s’ouvrent les arcades; au-dessus, regardant sur la nef centrale, des deux côtés se développe une galerie, le triforium , qui de là se prolonge parfois autour du transept

et du chœur. Plus haut enfin sont percées les fenêtres, auxquelles le nouveau système de construction a permis de donner des proportions immenses.

A l’extrémité des nefs s’étend lechœur, réservé au clergé.

Tout d’abord il n’était séparé du reste de l’église que par une balustrade à hauteur d’appui. Cette disposition a été modifiée dans les- églises monastiques : à la balustrade a succédé une haute barrière, le jubé, qui a transformé le chœur ouvert en chœur fermé. De là, l’usage des jubés a pénétré dans les cathédrales dès le x 111e siècle : la foule qui

l’art français ou ART GOTHIQUE. lS3 se pressait dans les nefs était bruyante, parfois elle y tenait

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