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I.’ART ITALIEN AU XVIe SIÈCLE

surtout dans ses madones, comme la Belle Jardinière (Louvre). Il se détache de l’école ombrienne, des traditions de l’ancien art religieux; il poursuit l’expression noble et poétique, mais fidèle, de la nature.

En i5o8, il est déjà considéré comme un maître. Alors Jules II l’appelle à Rome, probablement sur les conseils de Bramante, qui était aussi d’Urbin, et il lui confie le soin de décorer plusieurs salles du Vatican (Stance). Raphaël commença par celle de la Signature, où il voulut représenter les grandes facultés du savoir humain. De là toute une série de fresques : la Dispute du saint Sacrement est la glorification de la religion et de la théologie, 1 ''École d’Athènes de la philosophie; Apollon sur le Parnasse■, entouré de muses et de poètes, est l’image de la Poésie ; Justinien recevant les Institutes rappelle le droit civil, Grégoire IX recevant les Décrétales , le droit canonique. Autour de ces compositions principales s’en groupent d’autres moins importantes, des figures allégoriques qui relient toutes les parties de ce magnifique ensemble.

La Dispute du saint Sacrement est peut-être la meilleure page de l’œuvre de Raphaël, en même temps que la plus belle manifestation de l’art chrétien (fig. 124). En haut, se développe le ciel ; le Christ trône dans la gloire entre la Vierge et saint Jean-Baptiste; au-dessus apparaît le Père Eternel, qui bénit; au-dessous vole la colombe, symbole du Saint Esprit, entourée d’anges qui tiennent ouverts les Evangiles ; les deux apôtres, prophètes, martyrs sont assis sur les nuées. En bas, sur la terre, un autel supporte l’Eucharistie, qui forme le centre de la composition ; tout autour se groupent les grands docteurs, les théologiens, les penseurs chrétiens. Jamais on n’a varié avec plus d’art les types, les attitudes, les expressions, tout en accentuant le caractère de majestueuse unité. Ici Raphaël a conservé cette expréssion sincère du sentiment religieux qui caractérisait les anciennes écoles, mais il y a uni la science de la nature , la perfection de style qu’il avait acquises par ses études à Florence; il a ajouté ce génia- de la composition, ce charme du dessin et du coloris qui sont à lui.

Dès que la salle de la Signature fut terminée ( 1 5 1 r ), Raphaël dut commencer celle qui suivait. Les principales

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