II. La Vida de Santa Maria Egipciaca - ;i une valeur
1. Ms. de l'Escorial, publié par 1*. J. l'idal. isU : — par Janer, B. A. E., t. LVII, (i86i,.
2. Ms. fie l'Escorial. — Edil. P. J. Pidal. Isil : — .lancr, B. \. E.. t. LVII.
AUTRES POÈMES ARCHAÏQUES Al
bien supérieure, mais le mérite en doit être attribué moins à l'auteur anonyme quù son modèle. L'origine étrai)iîère, en effet, n'est pas douteuse. Elle est attestée par des mois tels que domatge, argenté, ostal, (iffer, et une foule d'autres analogues, pardes tours syntaxiques comme tornat vos end (retournez-vous en). M. Mussalla a indiqué la source exacte d'où procède, directement ou indirectement, le poème espagnol : c'est une coinposiLion française 'de l'évèque Grosseteste (?), 7 \2Ï)^], conservée à Oxford, dans un manu-crit du xtv° siècle. La naïve et romanesque légende se lit avec plaisir dans le texte castillan : il serait facile d'en extraire des vers charmants dans leur simplicité un peu fruste (par exemple les deux portraits de la pécheresse dans sa jeunesse et dans sa vieillesse, la rencontre de Marie et de l'ermite Gozimasau désert, etc.). Les nombreux vers octosyllabiques juclcs à ceux de neuf syllabes semblent attester, comme le poème précédent, la lutte entre les mètres nationaux et les français.
IIL Linduencc du vers de romance se fait encore sentir dans la Disputacion del aima y el cuerpo, dont l'original anglo-normand du xui'= siècle, indiqué et reproduit par F. Wolf, est écrit en vers de G syllabes {Un samedi par nuit j Endormi dans mon lit...), mais dont la version espagnole, en rimes plates (pareados), contient force vers de 7 et de 8 syllabes : {Si qiieredes oir \ Lo que vos quiero decir...). Ce texte, découvert sur le revers d'une donation de 1201 ^, n'est que l'un de ces dcbais, rixes et disputes, si fréquents au moyen âge
IV. Au même genre appartient le Razon de Amor cou los denuestos del agua y del vino'^, composition incohérente, où deux sujets fort différents (un débat, et une chanson d'ami
\. Fac-similé dans Los Rios, Historia critica... III, p. 241. — Edit. P. J. Pidal, I806. — Edit 0. de Toledo iZeilschr. fur roman. Ph., il, 1878). — Edit. P.. Menéndez Pidal, Rev. de Archivos (août-sept. 1900), avec fac-similé complet.
2. Ms. de Paris (B. N.. 3376). — Edit. Morel-Fatio, Romania, XVI (1887); — R. Menéndez Pidal, Reu. Hispan., n''44 (1905).
à la mode galicienne) furent maladroitement traitt^s par un même auteur ou artiliciellement réunis par un rhapsode, probablement navarro-aragonais, au début du xiii° siècle. Cet auteur est-il le Lupus de Moros qui signe le manusirit? 11 n'est point permis de l'assurer, précisément à cause de la possible dualité d'origine des poésies ainsi contaminées, et aussi parce que l'auteur de la pastourelle amoureuse, Vescolar des premiers vers, élevé en France, en Allemagne et en Lombardie, paraît différent du Lope aragonais qui a souscrit la copie conservée. Quoi qu'il en soit de cette question fort controversée, les deux poésies, mais surtout la première, témoignent déjà d'un talent réel. « La Raison d'amour » est chronologiquement la première poésie castillane qui mérite le nom de lyrique, et c'est ce qui lui donne quelque importance.