‹ Précis d'histoire de la littérature espagnoleChapitre 30 sur 263 · POKME DE JOSE. VIE DE SAN ILDEFONSO \D · texte numérisé non relu

POKME DE JOSE. VIE DE SAN ILDEFONSO \D

date a donné lieu aux assertions les plus contradictoires. La particularité la plus curieuse de ce poème c'est qu'il est écrit en caractères arabes. C'est certainement le monument le plus précieux de cette littérature aijamiada de aljaini, étranger, nom donné par les Arabes aux romances que parlaient les mudéjarcs), qui comprend un assez grand nombre d'oeuvres soit en vers, soit en prose. I-a plupart sont des paraphrases de IWlcoran, ou des contes {racontamientos, aUiadices) orientaux, à la manière des Mille et une Nuits. Mais l'on y trouve aussi des échos de la poésie médiévale [Racontamiento del Reij Alixandre, de Pariai y Viana, de la Donzella Carcayona, qui semble inspiré de l'Apolonio . Ce n'est que récemment que l'on s'est bien rendu compte de leur importance au triple point de vue de 1 histoire, de la littérature et de la philologie, et que Von a dressé des catalogues de ces textes aljamiados*. Ils permettent bien souvent, par la comparaison des équivalents arabes des lettres castillanes, de se rendre compte de la prononciation archaïque de certains sons.

Le Poème de José n'est d'ailleurs point sans mérite littéraire. Mais, malgré une certaine couleur orientale, que le sujet et les modèles suivis expliquent aisément, nous y trouverions une preuve de l'influence exercée sur les lettres arabes par la littérature espagnole plutôt que de l'action de celles-là sur celle-ci.

Vida de San Ildefonso. — La Vida de San Hdcfonso-, poème de 1.088 alexandrins, date des premières années du XIV* siècle. La date est fournie [lar le poème lui-même-^, qui fut sans doute inspiré par la fête du saint, instituée au

1. indice f/eneral. dre.ssé par D. Eduardo de Sanvedra. Il comprenait déjà 133 numéros en 1878. Ce nombre a été sensiblement accru depuis [Tejtos alj'amiados, par P. Gil. .1. Ribera. M. Sanchez, 1880].

2. Ms. (perdu) de S. .Martin de Madrid. — Kdit. T. Sâncbez, Colecciôn..., t. I. — Édit. Janer. B. .\. E., t. LVII 1864).

3. « Iiei/?i(ih(i D. Alonso ([uando él lo ficiera, Fijo de D. Sanc/io t de Doua Maria. » — An lieu de Aloriso, lire Fernando (IV, 129.0-13 12\

V) DES DKBLTS DK LA LITTKKATUHK A ALIONSO X

concile de Periafiel, en 1310. On ignore le nom de Tauleur, ({ui, nous dil-il lui-même, avait antérieurement « rimé un poème sur la Madeleine, quand il était bénéficier de l'beda ». Cette « façion rimada » sans valeur littéraire, célèbre très prosaïquement les vertus et les miracles de San Ildefonso disciple de saint Isidore de Séville, archevêque de Tolède . qui reçut la casulla, ou chasuble, des mains de la Vierge. Elle est sortie sans doute de quelque cloître ou église de cette cité de Tolède qui y « est célébrée par dessus toutes les autres, sobre todas miuho ensahada ». Bon « texte de langue », mais piètre poésie.

II. Autres poèmes archaïques. — En dehors des poèmes de joghirla et de clerecia proprement dits, il nous reste un certain nombre de compositions poétiques sur des sujets variés, écrites dans des mètres difTérents, et la plupart contemporaines des premiers. FJUes permettront de se rendre compte de la variété relative des inspirations poétiques.

I. Le Libro de los très Reyes de Oriente' ^2oO vers se trouve dans le même manuscrit que VApoJonio et Santa Maria Erjipciaca. Il traite d'abord de l'arrivée des Rois Mages et du massacre des Innocents, puis de la fuite en Egypte et de riiistoire des deux larrons, Dimas et Gestas. Les deux sujets sont simplement juxtaposés. La rédaction i>urement catalane du titre iLo Libre deh très Rreys d'Orient), l'abondance des vers de neuf syllabes, quoique loctosyllabe espagnol domine, la fréquence de cette légende dans la littérature pieuse des Clunisiens donnent grande vraisemblance à l'hypothèse d'un modèle provençal ou français. La date ne parait pas antérieure au xiii^ siècle.

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