‹ Précis d'histoire de la littérature espagnoleChapitre 60 sur 263 · VILLE NA · texte numérisé non relu

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plète de Dante, de Pétrarque et de Boccace; — 3» celle de Tantiquité, dont les œuvres se multiplient et commenceront à s'imprimer dans -les dernières décades du siècle. — Le mélange de ces éléments donne une apparence de vie et de variété à la poésie, mais ils sont incapables de lui assurer ce dont elle manque surtout, l'originalité et la spontanéité. '

Avant d'énuméier quelques-uns de ces poètes des Cancioneros, il faut mettre à part trois écrivains qui méritent plus d'attention, l'un, Villena, parce qu'il ouvre cette période et la prépare, les deux autres, Santillana et Mena, parce qu'ils dominent sensiblement tous leurs rivaux.

a. Villena. — Enrique d'Aragon, dit à tort marquis de Villena (138i-1434 n'est le premier que par la date. Nous ne possédons de lui aucune poésie lyrique en castillan, et ses œuvres authentiques, qui roulent parfois sur les sujets les plus bizarres, n'offrent plus guère qu'une valeur documentaire {El Libro de Aojumk'nto, ou Livre du mauvais œil ; — le Livre de la Petite; — /(/ Consolation à Juan Fcrnàndez de Valera; — Sur le 4" verset du VIIl^ psaume ; — Lettre morale à Suero de Quinones; — El Arte cisoria, tratado del arte de cortar del cuchillo ; — Los doze Trabajos de Hercules, •1417, dont la rédaction originale est d'ailleurs catalane:. — Tous ces ouvrages prouvent à la fois la naïve crédulité, l'indigeste érudition et le manque de talent de l'auteur. Vraiment caractéristique est la ligure de ce prince de sang royal (il était petit-fils du roi Eni'ique II), adonné avec passion aux lettres et aux sciences, telles qu'on les comprenait alors, grand amateur de livres de toutes espèces, traducteur de la Hhétoiiiiue à Hérennius, de ÏÉnéide de Virgile (1428) et de la Cornmedia de Dante. 11 fut l'un des premiers introducteurs de la technique des Provençaux et des procédés de la G((ija Ciencia toulousaine dans son Arte de trohar, médiocre, mais utile compilation dont nous possédons un

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fragment important et qui fut écrite, en 1414, pour le Consistorio fondé à Barcelone en 1390, à rimitation des Jeux Floraux'. Cet homme si savant, si -inquiétant même, par sa curiosité universelle, qu'on le soupçonna d'être sorcier. i|u"on lui pièta les aventures les plus fantastiques et qu'on brûla soigneusement sa bililiotiièque après sa mort, fut, sur quelques points, un initiateur auquel le talent manqua.

4. Santillana. — I, "auteur qui représente mieux encore cette époque, et (jui eut, du moins, quelques parties d'un grand poète, fut Inigo F.ôpez de Mendoza, créé, en 1445, premier marquis de Santillana ( 1.398- 14.^8 1. Il appartenait à une famille plus féconde encore en écrivains qu'en soldats ou en hommes d'État (I.ôpez de Ayala, Fernân Pérez de Guzmàn, les Manrique, les (iarcilaso de la Vega, Diego Hurtado de Mendoza, etc.). 11 joua, pendant les règnes île Juan II et de EnriquelV, le rôle important au(juel l'appelaient sa naissance et ses talents, et figura le plus souvent parmi les adversaires du favori, Âlvaro de Luna. Mais la politique ne put l'absorber, et ses écrits sont nombreux-. Presque tous sont inspirés d'ailleurs des événements contemporains, dont ils dégagent diverses considérations de philosophie morale.

Les œuvres poétiques sont les plus nombreuses : elles offrent une très grande variété de vers et de combinaisons métriques qui témoigne dune parfaite connaissance de la versillcation provençale aussi bien que de la nationale.

La Comedieta de Ponza est en stances de Arte inayor. C'est une sorte de thrène ou de lamentation solennelle sur une défaite infligée, le iiaoùt l43o, par les (iénois, à la Hotte d'Alfonso V, près de l'île de Ponza. Parmi les nobles interlocuteurs figurent Santillana et IJoccace, mais c'est à Dante,

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