ENRIQLE IV ET LES ROIS CATIIOLIOUES. — POÉSIE
de glas qui scande, à intervalles réguliers, la lamentalion. Ln exemple, au surplus, permettra de se faire sur ce poini, où chacun juge à sa façon, une opinion personnelle :
Este miindo es el camino
Para el otro, que es morada
Sin pesar; Mas cuinple tener biien tino Para andar esta jornada
Si a errar.
ParlimoH quando nacemos, Andamos quando vivimos,
Y aUer/amos Al tiempo que feneceinos :
Asi que quando morimos,
Descansamos.
20. Cartagena ' (qu'il ne faut pas confondre avec l'évêque de Burgos, Alonso de Cartagena, mais qui fut sans doute un cahallero de la Cour des Rois Catholiques , chanta, avec gentillesse et facilil»'-, ses amours, sa dame Oriana, et la Heine Isabel. Il mourut pendant la conqmHe de Grenade.
21. Pi>ète r-rotiquf comme le précédent, et "imant plus malheureux encore fut Garci Sânchez.. dit de Badajoz, quoique né à Écija t4;J0-15il . Plusieurs de ses pièces légères restèrent célèbres (le Suefw, ses redondUlas et viltancicos, ses Lantentaciones de Arnor), et deux ou trois le méritent en vérité. Il eut l'idée bizarre d'approprier le Livre ou les liciones de Job aux pasiones del Amor, et montra les plus illustres des amants malheureux peinant dans Vln/ierno de Amor, où il avait droit lui-même à un rang honorable. Une tradition contemporaine veut qu'il soit mort fou fui'ieux, loco en cadenas, s'il faut prendre ces mots, peut-être purement métaphoriques, au pied de la lettre.
1. The port farlaiii'iui ... h. Rennorl. Moilrm l.anf/. Sofes. 18'.)'i, l.\, |). 20.
POtTKS DES CAN'CIONKKOS 127
22. Rodrigo Cota, juif converti, vivait à l'époque de la prise de (irenade. On lui a attribué, sans fondement, difTérentes œuvres en vers ou en prose, mais le Dlà logo entre el Amor y un Viejo* est certainement de lui, et c'est, pour le fond et pour la forme, l'une des plus gracieuses et des plus parfaites compositions de l'époque. Il se trouve dans le Cancionero général de 1511, et suftit amplement à mettre son nom en bonne place, à coté, mais non au-dessous, de celui de .Jorge Manrique.
23. Pedro Manuel Jiménez de Urrea (1468 7 vers 1530) est, de tous les poètes ca.'ililUins de la couronne d'Aragon, le plus digne d'être cité. Son Cancionero parut en 1513-. Il contient, à côté de beaucoup- d'imitations sans valeur, quelques compositions très dignes d'être sauvées de l'oubli, plus particulièrement les pièces où il raconte, avec une ingénuité rare à cette époque, ses amours de jeunesse (pour la belle moresque de Moragas, ou pour les dames de Saragosse); les poésies familières adressées plus tard à sa femme, Marîade Sessé, ouàsamère, la comtesse d'Aranda; ses gracieux rillancicos et romances populaires, et enfin, sous 1«.' titre de Égloga, une traduction (arrangée en deux actes pour la scène) du premier acte de la Célestine. Il a, d'autre part, imité cette dernière et l'a paraphrasée en prose dans sa Penitencia de Anwr (1314)-^, qui est aussi une continuation des Carcel et Cuestiôn de amor, à la mode à cette époque. \.ai Penitencia est suivie de quelques pièces lyriques.
24. La poésie religieuse et dévole est i"eprésentée surtout par Juan de Padilla, dit le Chartreux (1468 f vers 1522) [El retablo de la rida de Cristo; Los docc triunfos de los docc apôstoles, où l'on relève une curieuse imitation de la fJivina Commediaj ; — par Fray Ihigo de Mendoza, dont le Cancionero parut vers 1480; — enfin par Fray Ambrosio