Poésie satirique et politique. — Les Copias. — La
satire politique n'avait que trop d'occasions de s'exercer, à une époque comme celle de Juan II et d'Enrique III ; et, en effet, malgré le loyalisme traditionnel, elle commence à aiguisersesflèchescontre les puissants du jour, gouvernants, princes et favoris. Sous Juan II coururent les fameux couplets dits de la Panadera-, à cause du refrain populaire où paraît la fiow/anyèrc. Dans les dernièresannées d'Enrique IV, entre 1465 et 1474, furent écrites les 149 Captas del Provincial, grossière et scandaleuse invective, où presque tous les seigneurs et toutes les dames du temps figurent sous leurs vrais noms, et sont censés comparaître, comme les moines et les nonnes d'un couvent, devant le Père provincial, pour recevoir la pénitence de leurs fautes. Le nom de l'auteur, ou des auteurs, de ce curieux et cyniquipamphlet a exercé, inutilement jusqu'ici, la sagacité des critiques. On l'a attiihué à Acuna, à Cota, à Montoro, à Pulgar, à Palencia.