jallardo. Ensai/o, I
3. Edil. Foulchô-Delbosc, dans la lievDe hispanique, 189S, t. V, pp. 2o;i-266.
LA SATIHE. l'histoire 129
Les Copias de Mingo Reviilgo ' ont, du moins, une véritable \aleur littéraire et un but plus élevé. Elles forment un dialogue (en 32 strophes composées d'une redondilla et d'une quintUla) entre deux pasteurs, Gil Arribato, sorte de devin ou de prophète, et Mingo Hevulgo, personnitication du peuple. Revulgo se plaint du triste état où il vit : ses brebis périssent parce qu'elles sont abandonnées des patres et des chiennes (Justice, Force, Sagesse et Tempérance). Les loups et les louves {lobos Mnchados, lobas rabiosas) dévorent peu à peu le troupeau. Arribato exhorte Revulgo à la patience : les bergers ne sont pas les seuls coupables; lui-même, Revulgo, par ses fautes, n'est-il pas, pour sa part, responsable de tant de misères? — Cette belle lamentation satirique, à la fois si simple et si ingénieuse, d'un tour très littéraire et d'un ton si ému, est restée jusqu'ici anonyme, mais il y a des raisons sérieuses de l'attribuer à Hernando del Pulgar, que nous allons rencontrer bientôt, et qui, le premier, Ta commentée. Dirigée manifestement contre Enrique IV et contre son favori, Beltrân de la Gueva, elle demeura longtemps populaire, et servit plusieurs fois de modèle et de thème à l'infatigable, autant qu'inutile, plainte des opprimés.