ENHIOLE IV ET LES ROIS CATHOLIQUES. — PROSE
même période glorieuse que racontent respectivement dans leurs Historia de los Reyes Catôlicos, Andrés Bernâldez -p 1513i, curé du village de Los Palacios iSéville'. chapelain de l'arche vèque D. Diego Deza, et ami de Christophe Colomb, et Gonzalo de Ayora, né à Cordoue dans les dernières années du règne d'Enrique IV. Outre IHistoire des rois catholiques, ce dernier a laissé des lettres politi(]ues intéressantes et quelques mémoires fpar exemple sur la prise de Mers-el-Kébir, sur Avila .
Diego Rodrîguez de Almella, archiprêtre de Val de Santibànez, 't chapelain des Rois catholiques, qu" il accompagna à Grenade, en 1492, est l'auteur du Valerio de las HiMorias escolâsticas y de Espana, achevé en 14T2, imprimé en 1487. C'est un ti-aité de morale formé sur le plan du Dedictis faclisque memorabilibus, de Valère Maxime, et dans lequel la doctrine est appuyée sur des exemples tirés des chroniques. L"agréable mélange de morale et d'histoire assura à cette imitation quelque chose de la popularité du modèle. Almella avait composé un autre ouvrage historique : Las batallas campales (1487), récit des plus illustres l>atailles, et une Copilarion (inédite) d^ Ins Cronicas (1491).
Alfonso Fernândez de Palencia '142.3-92 . qui avait, de
même qu'Ay')ra, Iréquentt- les humanistes italiens, représente à la fois l'histoire, la science et la philosophie morale. Comme érudit, il traduisit les Vies de Plutarque (1491), Josèphe (1492), et composa le premier Dictionnaire latinespagnol fl490'. Comme historien et moraliste, il préluda, ainsi qu'il nous l'apprend lui-même, par quelques dissertations de moindre envergure, à une œuvre plus importante. Parmi ces essais, primitivement rédigés en latin, puis traduits par lui-même en castillan, nous citerons : la hatalla campai de los perros y de los lobns (1457), dont le titre et le sujet général put inspirer l'auteur de Mim/o Hcvulffo, mais qui n'est qu'une suite de méilitations édifiantes sur la vie considérée comme une lutte perpétuelle; le Tratado de la perfccciôn dcl triinifo militnr '14.'i9 , manuel.
l'ALENCU. — LUCEN.V. — LK ROMAN 133
SOUS forme romanesque, à l'usage du parfait capitaine espagnol, et iruide plein d'humour et de couleur à travers différents pays étrangers bien connus de l'auteur. Cet. aimable ouvrage est, par le fond et par le style, l'un des meilleurs de l'époque. — I. "œuvre à laquelle l'auteur se préparait par ces essais était « La historial composiciôn de los hechos de Espaîia >■. Il la réalisa — médiocrement d'ailleurs, — dans ses Gesta Hispaniensia ou Décades, restées inachevées et écrites en latin, oii il raconte, non sans une vigueur parfois brutale, les faits contemporains (1440-77), et dans sa Crônica de Enriqiie IV, bien inférieure à la plupart de celles qui viennent d'être énumérées, mais dont, au surplus, l'attribution est douteuse.
Palencia mériterait une place à part dans l'histoire de l'humanisme espagnol, de même que Juan de Lucena qui mourut, comme lui, dans la dernière décade du siècle. Lucena avait publié, en 1463, un dialogue cicéronien {Tratado de VitaBeata) institué entre d'illustres contemporains, Alonso de Gartagena, évêque de Burgos. l'un des maîtres les plus écoutés de cette génération, Santillana et Mena, sur cette question : Qu'est-ce que le véritable bonheur ? Existe-t-il ici bas? La réponse est négative : le bonheur est réservé, en l'autre monde, à ceux qui l'auront mérité icibas. La recherche d'une élégance et d'une noblesse toute classique est sensible dans ce dialogue, dédié à Juan II.
I. Littérature romanesque. — La littérature romanesque se signala, pendant celte période, par quelques œuvres remarquables, dont deux tout au moins ont pris rang parmi les livi'es les plus importants de la littérature castillane, VAmadis et la Célestine.
Ce fut peu de temps avant C(>s deux célèbres romans, en 1492, que parut la Carcel de Amor^, du bachelier Diego