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Après les Egloijues, les poésies le plus Justement célèbres de Garcilaso sont les sonnets, dont quelques-uns -ont devenus populaires [jOdulces prendas par mi mal lialladasl';, et larharmanle Ode à la Flordc Gnido, qui reste le modèle de la lira espagnole (aBabB).
Nous sommes assurément moins sensibles que les compatriotes et les contemporains de Ganilaso au mérite df ses poésies. Le genre pastoral, artiticiel et langoureux, n'est plus en honneur; les allusions si nombreuses nous échappent souvent ou nous laissent indifférents; les imitations trop multipliées ne nous paraissent jdus un mérite, mais plutôt l'indice d'une médiocre originalit(\ Et malgré tout, c'est un fait : ce poète mort si jeune a eu une inlluence incontestable sur la langue et l'es lettres; il a été commenté, annoté, comme un classique, par un poète tel que Herrera (I08O), par un savant comme Francisco Sânchez 1004), pour ne point parler de Tamayo de Vargas (1622). Sa langue est citée comme l'une des formes les plus pures du castillan, et son art délicat et harmonieux a dissimulé la banalité du fond, i[ui, après tout, était presque une condition du uenre.
5. Presque tous les lyriques de cette époque d'ailleurs moins nombreux que ceux de la précédente) adoptèrent les principes de l'école nouvelle, si brillamment inaugurée |par Boscân et par Garcilaso. Elle lit même des conquêtes en Portugal.
Francisco Sâa de Mirandaf i49;J-l.');)S) t'crivit, en elTet, surtout en portugais, mais il composa aussi beaucoup de poésies en castillan. Ce fut après 1530 que l'auteur, déjà illustre, de la pastorale ou Fabula del Monderjo (1527 , connut les poésies, encore manuscrites, de Garcilaso et de Boscân. Dès lors, il consacra son rare talent à rivaliser avec ces ■derniers et à introduire la poésie nouvelle dans son pays. 11 réussit à merveille dans Tune et l'autre tâche : la pastorale se trnUvail en Portugal comme dans un pays d'élec-
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tion, et le talent de Sua se prêtait admirablement à ce genre. Plusieurs de ses six éslogues en espagnol, toutes pénétrées de l'imitation de Garcilaso, de ses sonnets et de ses élégies, priient rang parmi les modèles du genre '.
Hernando de Acuiia (vers 1580) était, lui aussi, d'oripine portugaise, mais il n'écrivit qu'en espagnol. Brave soldat, habile diplomate, bon courlisan.il futpoète commeGarcilaso. Le meilleur de son bagage poétique est formé de poésies lyriques dans le goût et dans les mètres de l'Italie. Mais il éleva parfois son vol plus haut. Il chanta, sans crainte que le nom d"Homère ne rendit son entreprise ridicule, la Lutte d"Ajax et d"Ulysse [Contienda de Aijax y de Ulises], etiltraduisitune partie de VOrlando innnmorato, de Boiardo. Il avait mis, vers looO, en quintillas doubles, selon l'ancienne mode, la traduction espagnole, faite par l'Empereur lui-même, du Chevalier délibéré, du Français Olivier de la Marche 'El Cahallero determinado]. On sait que ce poème est un panégyrique de Philippe le Beau. Il est impossible de dire ce qu'était primitivement la traduction espagnole, formellement attribuée à l'Empereur par son serviteur Van Maie; mais, sous la forme que lui donna Acuna, l'œuvre retrouva en Espagne quelque chose de la vogue qu'elle avait eue en France -.
0. Chronologiquement, c'est le nom de Diego Hurtado de Mendoza (1 30.3-1 oTa'i qui se présente maintenant à nous. Mais Mendoza, né la même année que Garcilaso, devait lui survivre longtemps. Issu de lune des plus nobles familles d'Espagne, il commença ses premières études à Grenade, où il était né, et où il apprit l'arabe; il les termina à l'Université de Salamanque. Ces études paraissent d'ailleurs avoir été sérieuses. Il savait assez le grec pour commenter Aristote et pour traduiie sa Mécanique (l;)4-5). 11 renonça à
1. Kd. C. Michai'iis de Vusconcellos, Halle. Kssl. ■2. Varias poesia s, Madrid. 1804.
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l'Eglise, à laquelle on le destinait, servit dans les armées d'Italie, fut envoyé en Angleterre pour négocier des mariages royaux, passa l'année 1538 en Flandre et fut nommé peu après ambassadeur à Venise (1;>39). Par la suile, gouverneur de Sienne, représentant de l'Empereur au concile de Trente, ministre auprès du Pape Jules III, qu'il obligea à se rallier à la politique ambitieuse de l'Empereur il joua le premier rôle en Italie jusqu'au moment de son retour eu Espagne, en 155i.Mendoza,Rn revanclie, resta inaclif sous Felipe II. Ce dernier n'eut aucune considération pour ses services; il profita même, dit-on, d'une dispute survenue dans le palais entre D. Diego et un autre seigneur, pour l'écarter définitivement, au nom de l'étiquette. Mendoza disgracié passa presque toute la fin de sa vie à Grenade, occupé à des travaux littéraires. Avant de mourir il fit don (ce qui prouve sans doute plus de prudence que de rancune), de tous ses livres et manuscrits, qui étaient nombreux et précieux, à la Bibliothèque de l'Escorial, que le roi venait de fonder. Une grande partie du fonds grec de cette bibliothèque (300 manuscrits environ) provient de Mendoza; il possédait également beaucoup de manuscrits arabes. On lui doit une connaissance plus exacte du texte de plusieurs auteurs classiques, entre autres de Josèphe. Il mourut à Madrid, en 157o.
Les poésies de Mendoza ne constituent que la moindre partie de ses œuvres '. Elles datent en grande parlie de sa jeunesse, quoique un certain nombre d'entre elles aient vu le jour durant son exil et saretraite. Elles sont de deux sortes et attestent par leur diversité les deux tendances qui se partageaient alors les esprits. Les unes sont résolument inspirées des anciens et des Italiens. Déjà une épitre de Mendoza se trouvait insérée dans les œuvres de Boscân. Beaucoup d'autres datent de son séjour en Italie, où il fut en relation avec les poètes, les érudits, les imprimeurs,
1. Obras poéUcas, éd. Ivnapp. Madrid, 1817 [Libros Esp. raros Il cuviosos, t. XI).
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les coUectionnt'urs les plus célèbres, réalisant par son activité intellectuelle el par la variété de ses goûts artistiques Tuii des types les plus complets de l'humaniste. Ces goûts se rellèlent à merveille dans ses sonnets et ses autres poésies à la manière antique (/IrfoHis, Hipômcnes y Atalanta) ou italienne. — La seconde partie de ses poésies est bien dilTérente. Elle comprend (comme le 1^'' livre de Boscân) les vers composés dans les mètres nationaux [redondillas, quint il Ui-<<, etc.;, d'une inspiration beaucoup plus familière,
— trop familière même, et parfois cynique, si la moitié seulement des trop burlesques compositions qui couraient manuscrites sous son nom sont bien véritablement de lui.
— De Taullienticité de quelques-unes, il n'est d'ailleurs pas permis de douter, et elles nous révèlent un Mendoza bien ditTérent non seulement du grave homme d'Etat que nous montre sa biographie, mais même du poète pindarisant et pélrarquisant que nous font connaître ses œuvres académiques.
Nous devons nous borner ici aux poésies de Mendoza. Voyez sur le Luzarillo de Tonnes, qui lui est parfois attribué, page 193; sur la Guerre de Grenade, ]t. 240; sur d'autres opuscules en prose, page 181.
Gutierrede Cetina, l'Iusjeune de dix-sept ans environ que (iarcilaso et Mendoza, naquit à Séville, vers 1520. Soldat en Italie et en Allemagne, ami de Mendoza et du prince d'Ascoli, Antonio de Leyva, il revint quelque temps à Séville (1547-!oo0) et partit pour Mexico, où il avait de nombreux parents, après JIJoO. Il y mourut en iiiOO.
Ses poésies *, en grande partie amoureuses, chantent Amarillida ou Dc'irida. Elles comprennent 5 madrigaux, parmi lesquels le chef-d'œuvre deCetina, si souvent cité et imité : Ojos clarox serenos; 244 sonnets, dont beaucoup sont adressés nominativement à des contemporains plus ou moins illustres; 11 Ciincioîiex, 17 Kpistolas intéressantes par les
1. Ed. llazuMas y la liiia, Sevill.i, l.S'.t:.. 2 vol — H A.E.. t. XXXii.