DÉCOUVERTE DES CHYLIFÈRES PAR ASELLI
A peu près à la même époque, un professeur de Padoue, Gaspard Aselli '^, faisait une autre découverte qui, pour avoir eu moins d'éclat, n'en fut pas moins remarquable que la précédente.
Le 23 juillet 1622, en examinant sur un chien vivant les nerfs récurrents et les mouvements du diaphragme, il aperçut tout à coup, ô prodige ! « des cordons très ténus et très blancs, dispersés sur tout le mésentère et les intestins, avec des racines en nombre infini ».
Qu'étaient donc ces vaisseaux? — Pour résoudre le problème, Aselii pique l'un d'eux ; il en sort une liqueur blanche, semblable à du lait ou à de la crème '. A cette vue, et dans un élan de sublime enthousiasme, il accourt en toute hâte chez Tadinus et chez Sfptalius, tous deux membres du Collège des médecins, et, répétant le fameux Bvpy]y.cx. d'Archimède, les convie au merveilleux spectacle qu'il observe ; mais le chien meurt, et tout s'évanouit.
Le lendemain on en ouvre un second ; aucun vaisseau
1. En 1673, Louis XIV confiait à Dionis une chaire spéciale d'Anatomie au Jardin des plantes, avec mission de propager la circulation du sang.
2. Aselli naquit à Crémone, vers 1581, et mourut en 1626, sans avoir eu le temps de publier son importante découverte. Il légua ce soin à ses deux amis Tadinus et Septalius, qui en avaient d'ailleurs été les témoins oculaires.
3. On peut supposer que Fallope et Eustachi avaient vu les chylifères avant Aselli, mais sans savoir de quoi il s'agissait.
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n'apparaît. Aselli se rappelle alors que l'animal est à jeun, et attribue son insuccès à cette cause.
Le 26 du même mois, on recommence l'opération ; le chien qui sert de sujet est ouvert quelques heures après avoir mangé. Cette fois, le résultat est conforme aux espérances : le triomphe est aussi éclatant que possible , et Aselli appelle les nouveaux vaisseaux venge albœ et lactese i .
Mais il faut malheureusement toujours et partout une ombre au tableau. Après avoir admirablement décrit les chylifères et fort bien indiqué aussi l'existence des valvules à leur point de départ intestinal et surtout leur parcours, l'auteur italien a le tort d'assigner à ces vaisseaux le foie pour rendez-vous commun, et le mérite d'avoir établi la vérité des faits revient à Pecquet, qui donna ainsi à la découverte d' Aselli son couronnement nécessaire -.