sténon fut en cela le précurseur de Lower
220 DU XVIl^ AU XIX^ SIÈCLE.
vres, au moment où Riolan (i580-16!57), « cet homme vaniteux, grossier et querelleur, comme l'appelle Spreng'el,et que ses contemporains surnommèrent /e^rmce des anatomistes, s'efforce de faire comprendre combien est erronée une semblable appréciation '. Et lui, si partisan de l'autorité sur d'autres points, secoue hardiment le joug des préjug-és en disséquant lui-même. Aussi ses descriptions sontelles empreintes d'une exactitude qui fait souvent défaut aux ouvrages analogues publiés de nos jours. Son Discours sur les os (1614)', son Anthropographie (1618), ?>onA7iatomi€ pneumatique owi incontestablement mis en lumière de nouveaux faits ; mais c'est au Bouquet anatomique^ dont les fleurs correspondent aux muscles et ligaments styliens, que le nom de Riolan sera toujours redevable de sa célébrité ^.
En 1685, Raymond de Vieussens met au jour sa Névrogi^aphie imiverselle "^ , \)Yoduclion d'un certain mérite sans doute et regardée à bon droit comme le complément de l'œuvre de Willis, mais que déparent trop souvent des idées étranges sur la fermentation, et Duverney (1648-1730) sait conquérir vers la même époque, par ses magnifiques recherches sur l'organe de l'ouïe, une des premières places parmi les anatomistes français.
1. a Qu'on dise maintenant, tant qu'on voudra, que j'exerce une publique « escorcherie, que je faicts le chirurgien, et que je faictstort à ma profession, <r dont les docteurs ne doivent apprendre l'anatomie que dans les livres, et a ne sont tenus de l'enseigner que dans les harangues publiques. Quoi ! peut- « on bien dire que je fais une publique boucherie des corps, pour ce que je « les dissèque de mes propres mains, qui est une action indigne d'un médea cin, au dire de mes censeurs, et qui n'appartient qu'au chirurgien ? »
2. Riolan s'efforce de prouver dans ce Traité d' OstéoJogie que c'est d'après l'examen des squelettes humains que Galien a écrit son livre Des os.
3. Quelques auteurs prétendent même qu'il aurait offert ce bouquet à sa fiancée, le jour de son mariage.
4. Nevrologia vniversalis, hoc est, omnium humani corporis nervorvm simulac cerebrl, medullœque spinalis descriptio anatomica. Lyon, 1685.
ANAÏOMIE ET PHYSIOLOGIE. ââl
Lower (1631-1691) dévoile à son tour des vues neuves et originales sur- l'organe central de la circulation, et au xviii" siècle, Sénac les mettra à profit pour ce Traité du cœur qui ligure si honorablement dans la littérature médicale,
Peyer (1653-1712) et Brunner (16o3-1727), de leur côté, concentrent leurs études sur les glandes intestinales.
Enfin, au milieu de ces flots imposants d'reuvres scientifiques, retenons encore les noms de Mery (1 643-1722), Littre (1658-172o) , Clopton Havers, A'erheyen (1648- 1710), etc., que leur génie et leurs travaux immortalisèrent !