ARTICLE V
ANATOiMIE DE TEXTURE.
Le xvii^ siècle créa, avons-nous dit, l'anatomie des tissus. Marcel Malpighi (1628-1694), Frédéric Ruysch(1638-1727) et Antoine Leeuwenhoeck (1632-1723) s'efforcèrent de fouiller la nature dans ses parties les plus délicates, pour lui arracher les secrets de son organisation intime , et l'histoire ne saurait, sans grand préj indice, séparer ces trois noms, qu'une communauté de vues scientifiques tendit toujours à réunir.
Malpighi nous initia le premier à la structure lobulaire du poumon^ et tandis que ses devanciers envisageaient cet organe comme un viscère charnu, il étabht clairement, à l'aide de son microscope , qu'il se compose de petites vésicules, tapissées d'un réseau vasculaire, communiquant entre elles et avec les bronches. L'anatomiste italien mit encore à nu la couche profonde de l'épiderme, et la désigna sous le nom de corpus mucosimi (corps muqueux de Malpighi). Tl découvrit également les papilles nerveuses et leur
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spécialisation aux sens du tact et du goût. Ses ingénieuses recherches sur le cerveau, le foie, la rate, témoignent aussi de sa sagacité *. A Malpighi^ enfin, revient l'honneur d'avoir fait connaître la structure intime du rein, et d'avoir signalé l'existence et même la texture des glandules urinaires.
Loin de limiter aux animaux supérieurs ses intéressantes recherches, il les étendit aux insectes et aux végétaux eux-mêmes -, et la science reconnaissante créera plus tard en son honneur la famille des Malpighiacées ^.
Ruysch s'illustra moins par ses découvertes que par ses magnifiques injections de cadavres et par ses pièces anatomiques.
« On pourrait presque dire qu'il découvrit le secret de « ressusciter les morts. Ses momies étaient un spectacle de « vie, au lieu que celles desEgyptiens n'offraient quel'image « de la mort. L'homme semblait continuer de vivre dans « les unes, et continuer de mourir dans les autres. Le ca- « binet de Ruysch était orné de monuments vivants de son « habileté, tous prononçant en faveur de son art et réfu- « tant les contradicteurs. Le lieu qui contenait ces raretés « était si riche qu'on l'aurait pris pour le cabinet d'un « roi^ plutôt que pour la collection d'un particulier. Outre « la multitude et la variété qui y régnaient, il était émet belli par un ordre et des ornements qui en relevaient « infiniment la vue. Des plantes disposées en bosquets, des
1. De viscerwii nominativi pulmomim, hrpatîs, cerebri corticis, reniim, lienis, strvctif7'â, exercitationes anatoviicœ. Amsterdam, 1G69.