ETUDES RELATIVES AU SYSTÈME NERVEUX
Pacchioni (1665-1726) et Valsalva (1666-1723) étudient la structure de la dure-mère, et quelques anatomistes désignent l'orifice elliptique qui livre passage à la protu-
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bérance annulaire sous le nom de trou ovale de Pacchioni.
Bien qu'entrevu déjà par Haller, le liquide céphalo-rachidien est défînilivementobservé par Cotugno (1736-1818), auquel revient le mérite d'en avoir donné la première description exacte, etMagendie n'aura, dans ses recherches ultérieures^ que bien peu de choses à ajouter aux vues si précises de l'anatomiste italien. Celui-ci reconnaît en effet que l'espace compris dans la gaîne du rachis n'est jamais vide, et il ne peut être rempli, dit-il, chez l'individu vivant, que par du liquide ou de la vapeur séreuse ; or la vapeur, en se condensant, ne saurait donner naissance à la quantité de liquide que l'on trouve après la mort. Si Cotugno, d'ailleurs, n'apu vérifier expérimentalement l'existence de cette sérosité sur l'homme,, pendant la vie, il lui a été donné plusieurs fois d'en constater la présence sur des poissons vivants de différentes espèces *. Magendie démontrera plus tard que ce liquide est animé d'un double mouvement de flux et de reflux, et que son absence possible dans les ventricules cérébraux sur le cadavre tient, évidemment à ce qu'il s'est porté dans le rachis.
Scarpa (1747-1832), l'élève de Morgagni, s'efforce d'élucider le rôle des plexus et des ganglions nerveux; il décrit les nerfs olfactifs et le nerf naso-palatin, déjà découvert par Cotugno, et met en évidence, dans ses tableaux iconographiques, les nombreux filets qui, contrairement à l'opinion de Berhends ^, communiquent au cœur le sentiment et la vie.
Signalons encore les recherches de Malacarne (1744-
1. Cotugno fut le premier à décrire le liquide céphalo-rachidien, mais la sérosité qui baigne les rentricules cérébraux avait été soupçonnée bien avant lui ; Vieussens, Willis et Galien lui-même en admirent l'existence.
2. En 1792, Berhends publia une dissertation intitulée : Quâ demonstratvr cor nervis earere.
1816) sur la structure de l'encéphale et les puissants services rendus à l'anatomie du système nerveux par Reil (1759-1813), qui parvient à séparer, au moyen de l'acide nitrique, les filets nerveux de leur gaîne lamineuse, et attache son nom à la saillie du cerveau que l'on voit dans l'intervalle de la bifurcation de la scissure de Sylvius {insitla de Reil) • .
La publication de Sœmmering- (1755-1830), qui a pour titre : Tabula baseos encephali^ présente, avec des planches d'un rare mérite, des observations fort intéressantes sur l'origine apparente des nerfs ; et Sabatier (1732-1811), Vicq-d'Azyr (1748-1794), Chaussier (1746-1828), enrichissent la science de diverses particularités relatives à ces mêmes organes.
Enfin nous ne saurions passer sous un silence absolu la doctrine du phrénologiste Gall (1758-1828), moins peutêtre à cause de sa valeur réelle, que par suite de la révolution qu'elle provoqua dans l'histoire anatomique des centres nerveux les plus élevés. Elle se résume d'ailleurs dans les deux principes suivants : 1" l'intelligence a pour siège exclusif le cerveau ; 2" chacune de ses facultés a, dans le cerveau, un organe propre. « Or, dit Flourens, de ces deux propositions, la première n'a certainement rien de neuf,, et la seconde n'a peut-être rien de vrai ^. » Que d'erreurs, au reste, dans les applications spéciales qu'il fit de ses théories ! S'agit-il des éminences cérébrales, susceptibles d'expliquer les facultés diverses, nous voyons Gall s'appliquer à apprécier, non plus la masse totale de
1. Cette saillie ne se rencontre que chez l'homme et le singe. Lisse chez ce dernier, elle est pourvue de cinq plis chez l'homme.
2. Les phrénologistes qui, à l'exemple de Gall et de Spurzheim, ont placé les facultés intellectuelles dans le cerveau pris en masse, se sont trompés, car ces facultés résident exclusivement dans les hémisphères.
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l'intelligence, par la masse totale du cerveau, mais l'intensité de telle ou telle faculté, par le volume de telle ou telle bosse, et il est conduit de la sorte à attribuer à l'oie, par exemple, l'instinct de la musique. Aussi, l'Empereur d'Autriche dit-il facétieusement, en l'expulsant de ses états : « que cette doctrine des têtes n'était bonne qu'à faire tourner les têtes ».