‹ Précis d'histoire de la médecineChapitre 144 sur 179 · Hist. et cnration des maladies aiguës. Sect. l'e, ch. II · texte numérisé non relu

Hist. et cnration des maladies aiguës. Sect. l'e, ch. II

2. Obéerx. sur les maladies épidémiqves, 1776-1778. Tome III, page 1032.

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prend facilement qu'un corps sain et vigoureux transmet une grande quantité de corpuscules spiritueux dans le corps épuisé des malades ».

« Les fièvres intermittentes diffèrent beaucoup des continues, et les unes des autres, par rapport à leur espèce et à leur nature. Mais, en observant avec soin la méthode que la nature emploie d'ordinaire pour débarrasser de la maladie, il faut se régler là-dessus, afin d'achever la fermentation commencée, ou bien, en découvrant la cause spécifique des fièvres, il faudrait les combattre par des remèdes efficaces et spécifiques. »

L'année 1665-1666 vit sévir la peste *. « La peste est une fièvre d'un genre particulier, et qui vient d'une inflammation des particules les plus spiritueuses du sang.... La vapeur de la peste est beaucoup plus puissante et plus active que celle de l'érysipèle ; elle pénètre comme un éclair par son extrême subtilité les endroits les plus reculés. Elle détruit tout à coup les esprits du sang et cause quelquefois une entière dissolution de cette liqueur, avant que la nature accablée d'un mal imprévu ait eu le temps d'exciter l'ébullition fébrile, qui est le moyen ordinaire dont elle se sert pour débarrasser le sang de ce qui lui est nuisible ». »

Les varioles dominèrent pendant les années 1667^ 1668 et 1669, et la description que nous en a laissée ce grand peinti^e de la petite vérole^ comme l'appelle Anglada, est vraiment magistrale. Boerhaave l'eut en si haute estime 3, qu'il avouait n'avoir pu y faire que des additions peu im-

1. Malgré la description qu'il nous en donne, Sydeuham n'avait pu observer cette peste, car la peur l'avait forcé à fuir.

2. Thomae Sydenham Opéra tnediea. Tom. I, sect. Il, cap. I. Genevae,

3. Boerhaave avait contracté l'habitude de se découvrir toutes les fois qu'il prononçait le nom de Sydenham.

portantes , bien qu'il en fût à la dixième lecture ^

Sydenham distingua d'une façon admirable la petite vérole discrète de la petite vérole confluente *. Elles ont, il est vrai^ une symptomatologie analogue ; maiS;, dans la seconde, les phénomènes se montrent plus intenses, et la fièvre subsiste à l'apparition de l'exanthème. Deux ordres de signes attirèrent particulièrement son attention : la salivation ^ chez Tadulte et la diarrhée chez l'enfant. L'auteur anglais différencia en outre la fièvre primitive de la fièvre secondaire *, et substitua au traitement alors en usage la méthode rafraîchissante ^.

Pendant les années 1670-71-72, les varioles se montrèrent irrég'ulières (varioles noires, hémorrhagiqiies). Les pustules s'emplirent d'une sérosité limpide, et lorsque la pelHcule qui les recouvrait vint à se déchirer, la sérosité s'écoula, et la peau parut au-dessous noirâtre et sphacélée.

Dans le cours de 1670, 1671, 1672, 1673, la rougeole exerça aussi de cruels ravages *', et on rencontre dans le tableau, d'ailleurs fort remarquable de cette épidémie, les complications thoraciques et les diarrhées rebelles que provoque l'énanthème de la muqueuse intestinale.

La scarlatine elle-même reçut de Sydenham la dénomination qu'elle porte encore aujourd'hui 7,

« L'Hippocrate anglais, dit Anglada ®, qui n'a pas d'égal comme historien de la rougeole et de la petite vérole, se

1. Boerhaave [Aphorisini de cognoscendis et citrandis moriis. Aphor. 1379).

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